Art & Culture

Published on octobre 19th, 2014 | by Nathalie Monsaint-Baudry

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Une question de style

Avoir du style en français est différent d’avoir un certain style ou bien d’avoir un style certain. Nous sentons tous intuitivement ce à quoi avoir du style ou pas fait référence en français. Par ailleurs, sur un plan plus vaste, il y a bien un style américain, un style italien, un style anglais et un style français. Prenons un hall d’aéroport, nous pouvons presque tous désigner la nationalité des voyageurs : les chaussures, les bagages, les vêtements, la façon de se mouvoir, la gestuelle, le comportement. Nous pouvons d’ores et déjà comprendre que le style est un agencement de choix individuels. Avoir un style au sens italien comportera plusieurs éléments-phares que l’on retrouve souvent chez les hommes et les femmes de la Péninsule : des chaussures généralement de belle facture, des vêtements bien coupés, une façon fluide tout italienne de se mouvoir. Ceci ne signifiant pas encore qu’au sein même de ladite culture, ces représentants soient considérés comme stylish, chic, ou ayant du style. Les Américains dégagent un certain style reconnaissable par tous : une façon d’occuper beaucoup d’espace, la capacité de dormir ou de s’allonger sur une banquette d’aéroport, de porter des vêtements pratiques et confortables, casual wear, dans un endroit où une tenue soignée serait de rigueur, et le bruit qu’ils génèrent en parlant fort, etc… On aura compris dans ces quelques lignes, qu’il y a donc bien des styles liés aux cultures, et qu’il y a autant de styles différents au sein de ces mêmes cultures, ainsi que du bon et du mauvais goût.

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Photo par Nathalie Monsaint-Baudry.

French style
Quand on parle du style français à l’étranger, c’est souvent au Grand Style que l’on fait référence. Ajouter une French touch, parler de French style, du French paradox, de French doors, c’est plutôt positif, glamour, voire luxueux. Nous sentons tous qu’il existe bien une idée du style français, véhiculée par notre industrie du luxe, parfums, grands couturiers, vins, œuvres d’art, gastronomie étoilée. Nous sentons bien que l’Allemagne renvoie vers un style de design de haute précision, alors que l’idée du style français se situe davantage dans un domaine artistique où luxe et création cohabitent. L’idée du style à la Française fait donc référence autant aux jardins dessinés par Lenôtre, dont Versailles est la référence mondiale, qu’aux vins subtils et rares de Bourgogne, qu’à la baguette quotidienne en passant par le champagne. C’est de l’ordre de l’exception, du rare, de la fraîcheur, du non reproductible, de l’unique, et de l’œuvre d’art.

En Amérique, souvent le confort prime sur le style
« […] the Spanish or Mediterranean revivals were not the only styles that were beautifully designed. All of these architects were equally proficient in other historic modes – The Norman French Provincial, the English Tudor, The Colonial Revival, the Greek revival, and later the Monterey Revival (Adaptation of the Classical revival to adobe architecture that we have come to call the Monterey style) and even the Art Deco (Zigzag) Moderne, the Egyptian Revival, touched off by the discovery of King Tut’s Tomb in 1922 […]. Pueblo revival, pre-columbian revival. »
Gebhard, David & Winter Robert, Architecture in Los Angeles, Gibbs Smith, 1985.

Dans le paysage français, on observera des styles de maisons différents. Selon les régions, les climats, les matériaux varient : l’ardoise au nord, les tuiles orangées au sud de la Loire, les toits de chaume en Normandie et en Bretagne, les toits en lauze dans le Sud. La pierre locale change considérablement aussi : le granit en Bretagne, le tuffeau de la Loire, le bois dans les Alpes et la pierre sèche de l’Ardèche. Et puis les couleurs varient : le rouge basque, le bleu de cocagne du Gers, le bleu des volets de Vendée, les teintes chaudes des ocres des façades de la Croix-Rousse de Lyon n’ont rien en commun avec la blancheur grisâtre de la pierre du quartier de l’Ile Feydeau de Nantes.

Aux Etats-Unis, nous savons qu’une maison à San Francisco n’est pas la même qu’à Baltimore ou en Louisiane. Une maison adoptera un style typique de la côte Est, New-England style en briques rouges, moulures en plâtre blanc, faux finish colonnes, ou bien de style Nantucket, ou encore Long Island en bois clair. En Californie, chaque décennie sera marquée d’une mode : tomettes mexicaines, French country style, ou style méditerranéen italien. Il n’est pas rare de voir juxtaposés, dans une même ville, des quartiers où un promoteur aura construit des maisons de style Nouvelle-Angleterre, à des maisons de style adobe mexicaines. C’est une volonté d’imprimer un certain style pour se différencier. Cela donne des paysages urbains composites et déconnectés de la réalité car les styles n’épousent pas forcément la logique culturelle locale.

La maison américaine subit souvent les lois des diktats des modes. Elle pourra se composer d’une pièce de style country, d’une salle à manger formal dining room de style Queen Ann ou Tudor, suivie d’un salon sans style aucun ou non descript. Le style devient alors un combiné à la carte, une juxtaposition, sans unité cohérente. Dans la tradition du faire faire, les Californiens qui ont les moyens, font fréquemment appel à un décorateur d’intérieur, Interior Designer, qui décorera la maison de A à Z, dans les moindres détails avec le tableau qui s’accordera à la couleur du sofa. C’est d’ailleurs fréquent, pour vendre une maison, de faire appel à un décorateur qui va procéder à un showcasing, un home staging, une mise en valeur ou une mise en scène de la maison avec des meubles loués et des tableaux pour lui donner un style. Cette tendance arrive en France bien entendu. On prendra soin de de-clutter la maison, c’est-à-dire d’enlever tout ce qui encombre l’œil. Elle devient alors une maison-témoin, model home. La seule touche personnelle résidera dans les photos de famille, nombreuses, rangées sur un piano scandant les rites de passage : mariage, naissance, diplôme avec la toge. Le sourire exprimé sur ces photos sera identique, les dents très blanches et parfaitement rangées. La maison à vendre doit neutraliser toute touche personnelle afin que l’acheteur potentiel puisse s’y projeter immédiatement sans être encombré par l’histoire d’une autre famille.

La couleur favorite des murs est souvent le beige (off white) ou bien, coquille d’oeuf (egg shell), afin de ne pas trancher et de rester dans le neutre. Le neutre c’est rester dans l’impersonnel. L’idée étant de ne pas être trop différent, original, que l’on traduit en anglais par too different. To be different, signifie être original, ce qui en dit long sur le conformisme et la norme. Les couleurs acceptables sont celles que l’on retrouve chez un peintre calviniste comme Rembrandt : des bruns, noirs, beiges, alors que chez Rubens, peintre catholique, qui ose la couleur, la luminosité de la palette exulte. Ce n’est pas un hasard si l’on trouve beaucoup de tons rouges et autres teintes chaudes dans les intérieurs français et italiens qui osent la couleur. Ainsi affadie, la maison américaine devient neutre, neutral tones. Elle laisse un espace possible pour une timide customization. L’Américain prendra alors ses marques ailleurs, en personnalisant sa voiture, comme une extension de soi, car tuning, vanity plate, sur mesure, sûrement parce que l’automobile, comme son nom l’indique, rend sa mobilité au pionnier. L’Américain reste nomade par nature. Sa nouvelle monture, que cela soit une moto ou une voiture, rappelle le cheval, le mouvement. C’est peut-être pour cela qu’il laissera sa maison lisse, impersonnelle, interchangeable, sans âme, un lieu de passage quittable du jour au lendemain. Elle n’est pas investie. C’est pour cela que les maisons américaines ont l’air d’être des maisons-témoins, des model homes avec des cuisines appelées European style kitchen impeccables. Et il n’est pas rare que l’Américain vende sa maison pour s’installer dans un mobile home, ou décide de vivre dans un camper, pour sillonner l’Amérique dans un mythique Airstream, cowboy dans l’âme il reste. American lifestyle it is.

L’idée de la maison de famille si chère aux Français n’a pas vraiment d’équivalent en Amérique. Nous aimons les maisons qui ont une âme, la trace de générations anciennes estampillée dans les murs rassure aussi certainement, car elle contient des mémoires familiales. Les appartements parisiens, aussi petits soient-ils, nous invitent dans un univers unique et feutré car nous aimons les intérieurs qui racontent l’histoire de la personne qui y vit. Ici une commode de style Empire cohabite avec un canapé de cuir épuré, là, une lampe Bouillotte diffuse un éclairage discret sur une console d’acajou, un tapis persan recouvre un parquet ancien qui sent bon la cire. Des bibelots inutiles apportent un certain mystère, de vrais livres anciens garnissent les rayons d’une bibliothèque… encore que, ceci aussi deviendra une rareté puisque l’on n’achète de moins en moins de livres et que nous verrons des tablettes un peu partout… Question de style ici aussi.

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Console de l’époque de Louis XVI. Photo par Nathalie Monsaint-Baudry.

Dans la tradition du Grand Style Français, prenons l’idée de la chaise qui donnera chez les Français les styles précieux des XVIIème et XVIIIème siècles. Les Français seront du côté de la chaise Louis XVI, y compris celle revisitée en matière plastique et stylisée par Philippe Stark, la faisant entrer dans le XXIème siècle. La véritable chaise Louis XVI est la moins confortable possible, obligeant une certaine raideur dans la station assise, une retenue. Mais elle est la plus élégante et la plus précieuse des chaises au monde, avec ses dorures à la feuille sur assiette de Fontenay, et son tissu en toile de Jouy qui raconte des histoires. Elle est complexe dans ses motifs chers au style Louis XVI, les rubans, les rosaces, les nœuds qui lient l’ensemble du meuble et le signent. C’est certainement la plus belle prétendante à l’idée de La chaise, voire la plus esthétique possible. C’est une chaise qui est cultivée comme si elle était consciente de sa supériorité esthétique. C’est aussi cela la culture, ajouter du sens à l’utile, et une préciosité sur un objet. L’Être et le Beau. L’objet courant devient objet d’art. L’Italie quant à elle, a toujours suivi le Beau…

Même si Ralph Lauren a inventé un style élégant, sobre, beige et confortable, synonyme du bon goût, à la manière des Kennedy dans les années 60, les Américains font d’abord le choix de rester du côté de la fonction, de l’utilité et du confort. L’esthétique ne fut jamais la priorité dans l’Histoire des Etats-Unis. Le Français sera du côté du Beau, du design, appréciera le bel objet en soi, l’unicité, l’esthétique prédominera sur le confort. La mode des sabots Crocs en plastique de couleur fluorescente témoigne de cette hégémonie du confort sur l’esthétique. Le camouflage du pied avachi sous une coque plastifiée ou la mise en valeur du galbe sur piédestal sculpté en matières nobles, à vous de choisir. En France, nous avons encore des bottiers légendaires comme la maison Massano qui fait encore du sur mesure. On comprendra alors le succès des stiletto de chez Louboutin. Les broderies de chez Lesage ajoutent du relief aux tissus. Notre plaisir bien français est d’ajouter de la complexité partout, de broder littéralement, de faire dans la dentelle de Calais.

La Française et la faute de goût
Une chose est certaine, être française, c’est défendre son territoire partout où l’on peut. Plutôt souffrir que céder sur le plan esthétique, même si cela se solde par des ampoules. On fait du sport en France en étant maquillées, ceci a toujours choqué les Américaines qui, quand elles font leur workout, transpirent vraiment. Même si les choses évoluent partout, et si l’on constate une homogénéisation des styles, les Françaises sont encore choquées de voir les Américaines opter pour la facilité des chaussures de sport, alors qu’elles sont plutôt habillées chic. C’est une faute de goût majeure. Les Françaises préfèreront toujours se sacrifier plutôt que de se soumettre au pratique. Elles s’appliqueront à vêtir leurs enfants de vrais et beaux vêtements en coton, qu’il faut (encore) repasser (chose inconcevable aux États-Unis) et entretenir, du vrai blanc… dans le pays où les vêtements pour enfants doivent être pratiques et sont finalement des pyjamas de jour. Les shortcuts sont la norme en Amérique. L’argenterie demande de l’entretien, alors on s’en débarrasse au plus vite, ce qui explique que là-bas, l’on trouve de l’argenterie dans les estate sales ou garage sales. Vive le jetable ! On ne dresse pas une table comme on aime le faire encore en France avec une nappe de lin ou d’organdi. Paper tablecloth will just do it. Même si les choses changent en France aussi avec les générations.

L’image de la femme française à l’étranger semble toujours émaner de l’idée que l’on se fait de la Parisienne. Comme si elle en était la quintessence. Arsène Houssaye dans l’Artiste, déclare en 1869 que : La Parisienne n’est pas à la mode, elle est la mode… “. Tout ceci restant quand même un archétype bien fragile, regardez la foule parisienne et la foule londonienne, elle n’est certainement pas plus élégante, on ne s’habille plus vraiment pour sortir le soir, on va à l’opéra en jean ce qui est une décision et un style en soi. Néanmoins, perdure à Paris comme dans les grandes métropoles francaises, un style certain conscient de l’être, et plutôt chic : une nonchalance, un raffinement, un relâché recherché et un peu travaillé quand même. Le style ne se décrète pas. On ne naît pas non plus avec l’idée innée du style. Ce n’est pas parce que vous vous habillez chez Dior des pieds à la tête que vous aurez un style, cela va sans dire. Les Françaises, tout comme les Italiennes, le savent et elles sont passées maîtresses dans l’art du style. On l’appelle le je-ne-sais-quoi, justement. L’expression étant utilisée en anglais telle quelle pour cette raison précise : le je-ne-sais-quoi enferme un flou, une non-définition du style.

On comprend d’ores et déjà que s’attaquer à donner une définition au style français comporte un contre-sens majeur : on ne peut définir le style qu’en creux, par antonymies. Le style ne se résume pas à accessoriser tout, à tout maîtriser pour coordonner. Cela fait preuve d’un savoir-faire, d’une intuition, du flair. On agencera certaines choses un jour, on réhaussera un élément ici, et là on mettra un bémol. Le style se construit et se déconstruit chaque jour. C’est une dynamique et non pas un état permanent. Le style n’est pas la somme de ses parties non plus et ne se résume pas en une liste d’éléments séparés. Il est dans la démarche, la façon de s’exprimer, d’agencer autrement et différemment, et de s’approprier juste ce qu’il faut mais pas trop pour faire partie intégrante de l’être. Le style, vous l’aurez compris, devient inséparable de l’être. Ce que l’on porte sur soi est un détail important, mais un infime détail par rapport au style. La faute de goût serait précisément pour la Française, d’appliquer à la lettre une recette, qui revient à avouer que l’on n’a aucune personnalité. Plus il y a de désobéissance et de détours, plus il y a de signature personnelle imprimée, plus le style a une chance d’exister. Cela vaut dans la mode, comme en gastronomie. Finalement, le style français suit à la lettre la définition du mot latin dont il dérive : stilus, signifiant tige de plante, poinçon, stylet pour écrire, d’où la manière d’écrire. On comprend aussi pourquoi nos écritures latines italiques sont si personnelles, dans le plein et le délié, alors que les Anglo-Saxons préfèrent le script, les lettres bien détachées, block letters ou print qui ne portent pas la marque personnelle d’une calligraphie.

Le process est l’inverse du style
Par conséquent, une chose est certaine, les pays où le style (personnel) est le plus apprécié, encouragé et probable, sont ceux qui suivent le moins les procédés. L’Italie est un exemple parfait en la matière, le mot sprezzatura, intraduisible en tant que tel, en dit long sur l’idée du style à l’italienne. Le style est du côté de l’art, et de l’art de vivre. Notre littérature a depuis longtemps capté ce qui différenciera la quantité et le procédé – le choix de l’Amérique – la rareté et l’unicité, le “fait maison”, l’aléatoire – le choix de la France, Tocqueville en 1832 écrit déjà que : « … Il n’y a que deux manières d’arriver à baisser le prix d’une marchandise. La première est de trouver des moyens meilleurs, plus courts et plus savants de la produire. La seconde est de fabriquer en plus grande quantité des objets à peu près semblables, mais d’une moindre valeur. Chez les peuples démocratiques, toutes les facultés intellectuelles de l’ouvrier sont dirigées vers ces deux points. Il s’efforce d’inventer des procédés qui lui permettent de travailler, non pas seulement mieux, mais plus vite et à moindres frais, et, s’il ne peut y parvenir, de diminuer les qualités intrinsèques de la chose qu’il fait, sans la rendre entièrement impropre à l’usage auquel on la destine. […] Ainsi la démocratie ne tend pas seulement à diriger l’esprit humain vers les arts utiles, elle porte les artisans à faire très rapidement beaucoup de choses imparfaites, et le consommateur à se contenter de ces choses. » de Tocqueville, Alexis, De la Démocratie en Amérique. Tome 2. « Les Arts des Américains ». Balzac quant à lui, écrit en 1839 dans Béatrix : « En travaillant pour les masses, l’Industrie moderne va détruisant les créations de l’Art antique dont les travaux étaient tous personnels au consommateur comme à l’artisan. Nous avons des «produits», nous n’avons plus «d’œuvres». Enfin Henry James déclare en 1907 dans La Scène Américaine : « Comme l’usuel, dans notre vaste et grossière démocratie d’affaires, est le nouveau, le simple, le bon marché, le banal, le commercial, l’instantané, et, bien trop souvent, le hideux, ainsi, tout produit humain que ces éléments ne parviennent pas à impliquer ou à expliquer, toute créature, ou même tout aspect qui n’entre pas dans le moule, toute forme qui suggère la rareté, la subtilité, l’ancienneté, ou autre agréable perversité, nous prépare une reconnaissance proche du ravissement. Ces extases solitaires des sens vraiment ouverts compensent souvent, dans ce désert grouillant et agité, ces «contractions» d’estomac affamé qui conduisent à se serrer la ceinture esthétique. »

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Desert français. Photo par Nathalie Monsaint-Baudry.

Il va sans dire que l’esthétique qui participe grandement à l’idée du style, ce je-ne-sais-quoi, cet agencement unique, aussi improbable que personnel, l’œuvre unique portant la signature de l’ouvrier sur son ouvrage, la singularité, et le non-duplicable sont tous des éléments de style qui compteront le moins dans cette logique de production de masse où le process et la norme sont la garantie de la qualité, et non pas comme c’est encore le cas chez nous, (ouf) avec la surprise du plat du jour, la signature du chef selon l’arrivage du marché et selon son humeur ! Question de styles effectivement.

 


About the Author

French born and naturalized American, Nathalie Monsaint-Baudry lived in Italy and in the US - mostly in California - for about twenty years, studying linguistics in Italy, France and the US, art history, film studies and comparative literature. She earned a CAPES in 1990 from the French Ministry of Education. She majored in American Civilization Studies with a Master's degree from the University of Nantes, France. While in Los Angeles, she worked in pre-production and post-production for independent movie directors, films d'auteurs, translating for example, Elia Kazan's Beyond the Eagean with author and filmmaker, Michael Henry Wilson. Upon returning to France, she worked as a cross-cultural facilitator, professor & consultant. She is an essayist and contributor for various French and US magazines. Her articles, work and lectures are attempts to comprehend what happens when two very different cultures, languages, philosophical and aesthetic perspectives are at play within the same person. When the “can do” attitude collides with the Cartesian doubt, when“doing” and “being” are constantly negotiating and debating with one another. When “positive feedback” gets under the scrutiny of the French pique and critique. When simplifying is up against complexifying. She is married, two grown-up children (bi-cultural and multi-lingual), she managed a château in the Loire Valley for 8 years. She just finished restoring a XVth-XVIIth château near Nantes (Western France, by the Loire river), and is currently developing cultural projects combining her love for cooking, painting, music and her French life-style savoir-faire and savoir-vivre along with designing cultural retreats or expeditions to Italy. www.monsaintbaudry.fr http://pinterest.com/highcontext/conscience-esthétique/pins/ www.facebook.com/nathalie.monsaintbaudry



5 Responses to Une question de style

  1. Jan Siebert says:

    Nathalie, your writing is wonderful, and the subject could not have been more interesting. I devoured every word.
    I would love nothing more than to live in the small French apartment with all of it’s history.

    Thank you for sharing your extensive knowledge on so many subjects.I look forward to your next.

  2. Sylvie TUAILLON says:

    Quel travail et quelle maitrise !!! Merci Nathalie.

  3. Virginia Scanlan says:

    Nathalie: Your essay was a wonderful compilation of cultural differences. But I believe that you could have said much more about the horrendous collapse in style, even good grooming, among American women. They are under too much stress, having to work very long hours, raise children, and maintain their homes with little or no help. Then they are criticized for being overweight, a direct result of sitting at computers all day and having no time to themselves to exercise, dream, fantasize, create. They are becoming drudges and are too often rewarded for conformity not creativity. It’s not just about seeking comfort in their clothes. Rather, they would choose a good pair of jeans over the hideous, mass produced, synthetic garments that are manufactured by the pound in Asia. Only the wealthiest women can afford quality or even find it. If you are larger than a size 10, it is almost impossible to find anything with any style. The condition of American women says something alarming about our society. Thank you for beginning the conversation.

    • Dear Virginia,

      Thank you for taking the time to post such an interesting, enriching comment pertaining my vignette on style. You are right, this is just an appetizer on the subject. I welcome your remarks, feedback… If you want to read more about what I read on this matter, you are welcome to read my longer article (in French) in L’Express, Angelina : portrait d’une Américaine par une Française Nathalie Monsaint-Baudry, essayiste, publie sur L’Express un extrait de son ouvrage, Etre Française et Américaine, L’interculturalité vécue. Elle y peint le portrait d’Angelena l’Américaine, témoignant des différences de vision de la femme entre les deux côtés de l’Atlantique… http://www.lexpress.fr/actualite/societe/angelena-portrait-d-une-americaine-par-une-francaise_1082380.html
      Or on a larger subject, La Guerre des Moms n’aura pas lieu – Notre contributrice Nathalie Monsaint-Baudry est essayiste observatrice de la société américaine. Elle revient sur la couverture du Time Magazine, et explique pourquoi nous sommes victimes de “myopie culturelle”. http://www.lexpress.fr/actualite/societe/la-guerre-des-moms-n-aura-pas-lieu_1115082.html
      I also invite you to read my essay on Being French and American (see my bio to download it free of charge)… and yes, let’s talk…!

      Best wishes! Nathalie MB

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