Art & Culture

Published on septembre 14th, 2014 | by Lucie Pierron

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Chicano Dream exhibition at the Musée d’Aquitaine

Dans le cadre du jumelage entre les villes de Los Angeles et de Bordeaux et afin de fêter les cinquante ans de cette alliance, le Musée d’Aquitaine de Bordeaux présente « Chicano Dream ». Cette exposition est construite autour de tableaux et masques mexicains appartenant à la collection de Cheech Marin (1980-2010), réalisateur, acteur et scénariste installé à Los Angeles.

La sélection de ces quelques soixante-dix œuvres a pour but de montrer la complexité sociale, culturelle et politique auxquels sont confrontés les artistes mexicains depuis les années 1960. Entrer dans l’exposition Chicano Dream, c’est donc se fondre dans l’univers hispano-américain de ces habitants de Los Angeles et comprendre leurs revendications, leurs dénonciations, mais surtout découvrir leurs interrogations et leurs observations quotidiennes.

Être chicano : des artistes au carrefour de deux cultures : Mexicain de cœur, Américains d’adoption.
« Je me sens un peu Chicano, un peu Mexicain Américain et je suis aussi un artiste américain. […] Je me sens plus riche d’être tout cela à la fois. » Eloy Torrez, 2000.

*Une identité à part : entre tradition et modernité.
Afin de comprendre les artistes auxquels l’exposition rend hommage, le commissaire de l’exposition Katia Kukawka met en place au tout début, des graphiques et des cartes retraçant l’histoire entre les États-Unis d’Amérique et le Mexique, mentionnant aussi les influences et les disparités entre les deux pays. Ces précisions à visée pédagogique, nous aident à mieux nous familiariser avec le monde americano-mexicain et de mieux en saisir les enjeux.

Dia de Los Muertos

Dia de Los Muertos. Photo par Lucie Pierron

La culture mexicaine traditionnelle est très présente dans les peintures exposées. On retrouve l’héritage religieux catholique dans certains portraits, comme la toile de César Martinez représentant un mexicain avec la vierge Marie tatouée en couleur sur son torse. Dans une autre veine, la première partie de l’exposition est consacrée au « Dia de los muertos », soit « le jour de la mort » qui a lieu chaque année tous les 31 octobre. Cette fête qui dure trois jours a pour but de célébrer les morts des familles et des connaissances. La commémoration donne lieu à des offrandes, mais surtout à de réelles processions dans toute la ville. La jeunesse chicana crée chaque année des crânes et des squelettes pour l’occasion. L’exposition donne à voir les différents masques mortuaires utilisés et les affiches qui relatent cet événement. C’est donc dans la société traditionnelle mexicaine, à travers ses rites et son histoire, que le visiteur est plongé, et ce pour mieux saisir les subtilités de l’art ici présenté.
En effet, le monde mexicain évolue entre tradition et modernité. Entre le monde mexicain et la société étasunienne qui les accueille. La disparité éclate dans les peintures. Un tableau représente une famille mexicaine en état d’arrestation sur un trottoir, cernée par la police fédérale quand un autre tableau présente une Vierge Marie à tentacules enlaçant en même temps un crucifix, également un insigne « Caca Culo », rappel du Trust « Coca Cola », et le soleil de la Californie. Cette créature constitue une des figures récurrentes de la mythologie chicanos, au même titre que La Tormenta, grande femme en robe et gants noirs qui s’immisce dans de nombreux tableaux. Son omniprésence est aussi rassurante qu’inquiétante.

La Tormenta - Pieuvre

La Tormenta. Photo par Lucie Pierron

*Une vision politique de leur art.
La représentation de l’Amérique par les Chicanos n’est bien sur pas neutre. Les grèves et les revendications qui ont lieu lors de la deuxième moitié du XXIème siècle créent une atmosphère qui favorise la création artistique. En effet, les artistes chicanos étaient pour la grande majorité membres de El Movimiento : peintres et opposants à l’époque de Franco. Ces insurgés désirent être le seul et unique moyen de communication de la vie publique espagnole. Ils mettent ainsi en place un réel réseau parallèle visant à informer la population tout en l’orientant vers les positions auxquelles ils adhèrent et qu’ils défendent. Suite à l’arrivée de Franco au pouvoir et à l’éclatement de la seconde guerre mondiale, ce mouvement politique est importé en Amérique Latine et au Mexique. L’art chicano s’en inspire et revêt alors un aspect autant politique qu’esthétique. Le but n’est alors plus de plaire aux autres mais d’exprimer leur identité et de marquer leurs prises de position. L’art chicano est né. Une identité se crée.

Supprimer les frontières entre les disciplines, entre beaux arts et arts populaires.
« En réaction à la culture dominante et aux distinctions implicites entre « beaux arts » et « art populaire », les artistes [chicanos] ont tenté de supprimer les frontières et de mêler les genres. La vie quotidienne, réelle, constitua la source principale de cette nouvelle esthétique. » Tomás Ybarra-Frausto, 1993.

Contrairement aux arts « classiques », l’art chicano n’a pas pour but d’être affiché dans des galeries. S’inspirant des situations auquel il est confronté au quotidien, l’artiste investi l’espace urbain et le fait sien. Des fresques murales voient ainsi le jour, en plein cœur des villes, en fonction des revendications considérées comme légitimes au vu des artistes. Messages pédagogiques, militants, didactiques, les objectifs sont nombreux mêlant gloires nationales ou locales, voire motifs précolombiens pour certains artistes comme Frida Kahlo ou Che Gevara. Malgré les disparités entre les œuvres, une ligne conductrice est identifiable parmi tous les artistes : l’art chicano s’affirme par une symbolique, des couleurs vives et des figures emblématiques qui le placent entre expression identitaire et patrimoine artistique.

hockney.splash

Splash par David Hockney. Photo par web museum www.ibiblio.org.

L’art chicano s’immisce donc dans le quotidien des sud américains et des mexicains. La jeunesse artistique confirme d’ailleurs cette ligne de conduite Chicano en affirmant ces affiliations tout en modernisant leurs œuvres. On peut déceler dans certains tableaux l’esthétique de David Hockney qui rejoint les œuvres exposées par le motif de la piscine (A Bigger Splash, 1967, The Tate Collection ; Pool with two figures, 1971) et l’ambiance californienne.

L’organisation de l’exposition reflète la dynamique de création des Chicanos. L’organisation de l’exposition ne classe pas les œuvres dans une lignée chronologique, mais laisse davantage le spectateur déambuler au milieu de cet univers fascinant. Une sacrée expérience à vivre ou à revivre.

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About the Author

Etudiante en sociologie et en sciences politiques à l'Université Paris Dauphine, Lucie baigne dans le monde culturel et particulièrement dans la musique. Pianiste, ouvreuse à la Philharmonie de Paris, elle désire s'orienter vers la production dans la musique classique, à terme. Voyageuse dans l'âme, Lucie a mené dernièrement une enquête de terrain de trois mois sur l'implantation des nouvelles Philharmonies polonaises (dans 15 villes différentes). Démocratiser la culture et la faire venir dans les milieux les plus défavorisés est une des missions qui lui tiennent le plus à cœur, justifiant son engagement au GENEPI, association favorisant l'intervention en prison.



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