Art & Culture

Published on août 19th, 2016 | by Isabelle Karamooz, Founder of FQM

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Rencontre et Interview de Louis Bar, un professeur de danse Trade Fair

Louis a commencé sa carrière comme danseur sur glace pendant 15 ans et a été remplaçant dans les Jeux Olympiques. Il a ensuite utilisé ses compétences comme instructeur de danse de salon et interprète exceptionnelle avec sa femme et partenaire de danse, Laura Cantu. Ensemble, ils sont 6 fois champions nationaux français et 4ème dans le monde de tango argentin. En 2010, Louis a accompli un objectif de longue date en devenant Champion du Monde en rythme avec la partenaire Tamara Sanders au Championnat mondial WDC qui a eu lieu aux Bahamas.

Isabelle Karamooz : Qu’est-ce qui vous a amené du patinage artistique à la danse de salon ?

Louis Bar : Quand je suis arrivé aux Etats-Unis et que je me suis marié, j’ai vu une opportunité de devenir danseur professionnel ici. L’industrie automobile a toujours été une de mes passions mais je ne voulais pas continuer parce que c’est très stressant. J’ai décidé de retourner vers mon autre passion qui est la danse. En 6 mois, j’enseignais brillamment et, en un an, j’étais devenu le professeur numéro un parmi les vingt du studio ou j’étais.

I.K. : Quand avez-vous découvert les danses de salon et commencé les compétitions avec Dance Sport Séries aux Etats-Unis ?

L.B. : J’ai découvert les danses de salon en 1992 d’abord au niveau social et dix ans après, j’ai découvert le Dance Sport Séries mais je m’y suis consacré vraiment sérieusement qu’en 2010-2011.

I.K. : Vous êtes devenu un des meilleurs danseurs de Tango Argentin. Pouvez-vous présenter un peu cette danse pour les gens qui s’intéresseraient au Tango Argentin ?

L.B. : Le tango Argentin est certainement pour moi le tango le plus passionné. (C’est comme ça que j’ai rencontré ma femme). On y trouve une créativité continuelle. Dans le Dances Sports (le tango américain), il y a une routine à chaque danse. Dans le tango argentin, il n’y a pas de routine. Tout est improvisé. Avec ma femme, quand nous faisions des compétitions de tango argentin, nous avons été 6 fois champions de France, et parmi les 4 meilleurs couples du monde pendant des années. On dansait uniquement le Tango.
Le tango argentin est un monde complètement différent.
Il n’a rien à voir avec le Dances Sports Séries. Les compétitions de tango argentin ne se font pas au sein du Dances Sport Séries.

I.K. : Quelles sont les danses que vous pratiquez au sein du Dances Sports Séries ?

L.B. : La valse, le tango américain, le fox trot, la valse viennoise, le Quick Steep, Tchatcha, Rumba, Swing, Boléro, Mambo, Jerk, Paso-Doble, Samba etc… Il y a 30 danses.

I.K. : C’est un nombre de compétitions importantes !

L.B. : Je dirais que 95% des professeurs en dansent seulement 10 dans tous les styles, les élèves doivent pouvoir maitriser chacune des danses aussi. Chacune des danses à quelque chose d’intéressant à offrir. Cela leur permet de s’avoir ce qu’est l’esprit de compétition.

I.K. : Quelle est votre plus belle réussite dans le milieu de la danse ?

L.B. : C’est difficile parce qu’il y a différentes choses…
Notre premier titre de champions de France que nous n’avons jamais réussi à refaire, (cela peut vous paraître un peu arrogant). Nous avions dansé pendant longtemps aux Etats-Unis. Puis, nous avons décidé de représenter et danser pour la France. Lorsque nous sommes arrivés en France, notre niveau de tango argentin était tellement haut comparé aux autres couples qu’en réalité, il n’y avait pratiquement pas de compétition. On était vingt couples. Il y avait nous et les autres.
Pourquoi je dis que c’est la plus belle réussite ? Parce que je ne connais pas beaucoup de sport où il y a une suprématie. Cela arrive de temps en temps au tennis, au golf avec Tiger Woods mais c’est assez rare. Notre sport n’est pas aussi connu et aussi populaire que ceux-là. Avec le niveau que nous avions, lorsqu’on faisait une compétition, on la gagnait. C’était bizarre parce qu’avec ma femme nous n’avions pas l’impression d’être les meilleurs. On arrivait à la compétition prêts à se battre comme les autres.
Une autre très belle réussite de ma vie, c’était en 2011 avec ma fille on a marqué l’histoire, c’est la première fois qu’une fille et son père devenaient champions du monde.

I.K. : Une petite anecdote inavouable de danseur ?

L.B. : J’ai des pieds qui sont très moches (rires) alors que quand j’étais patineur mes pieds étaient très beaux.
Lorsqu’on devient danseur de salon, la façon dont on pousse sous les pieds on les déforme. Quand on va sur la plage, on les cache.

I.K. : Quelles sont, selon vous, les qualités indispensables pour enseigner la danse de salon ?

L.B. : La première chose, il faut être en bonne condition physique. Je considère que si vous êtes un professionnel, c’est très important de représenter votre métier correctement.
Si demain je veux devenir Sumo, il va falloir que je prenne du poids, sinon je n’aurais l’air de rien. Malheureusement certains enseignent la danse et font deux fois mon poids.
La deuxième chose, (en réalité c’est la première) quelque soit le domaine, c’est la passion du métier.
Qui veut enseigner dans la vie, si la passion est là, sera un bon professeur.
Moi, j’apprends tous les jours de n’importe qui, j’ai encore tellement de choses à apprendre c’est ce qui m’intéresse.

I.K. : L’endroit où vous rêvez de danser ?

L.B. : C’est à Las Vegas avec mon propre show, je travaille déjà, le spectacle est près, il est écrit mais, pour avoir son show à Las Vegas, même si je suis reconnu comme un des meilleurs coachs des Etats-Unis, je ne suis quand même que Louis Bar, inconnu dans le monde du show bisness. Si je me présente à la porte en disant : « Bonjour c’est moi, j’aimerais monter mon spectacle », on va me claquer la porte au nez… Il faut que je passe « par derrière » avec l’aide de certaines de mes connaissances dans ce milieu, que je monte les marches l’une après l’autre et que je sois patient. Si on veut aller trop vite c’est comme un château de carte ça dégringole.
Donc il faut que je sois sure que quand je monte la dernière marche c’est que je serais certain qu’il n’y aura pas de problème. Il y a déjà des compagnies qui sont prêtes à m’aider financièrement. L’idée n’existe pas à Las Vegas, je ne peux donc pas trop en parler, il faut garder le secret…

I.K. : Une chanson qui vous trotte dans la tête en ce moment ? Et pourquoi ?

L.B. : « Une fiesta n’as jamais fait de mal à personne ». C’est la chanson que j’ai utilisé pour faire la publicité de ma compétition en mai dernier à San Diego. C’était une compétition que j’ai achetée et organisée, elle se déroulait sur cinq jours, ou des danseurs internationaux s’affrontaient.
Le thème de ma compétition était les années vingt. Il y a une danse que les Américains ne connaissent pas assez, c’est le Pea-body. C’est une danse qui a été mise dans un tiroir pendant des années, je la redécouvre, la fait connaître, j’en enseigne les règles. Aujourd’hui, on me considère comme le « maître » du Peabody aux Etats-Unis.

I.K. : Je vois qu’il y avait des prix !

L.B. : Oui, pour les amateurs, nous avons donné mille dollars, pour les professionnelles, nous avons donné cinq mille dollars pour le 1er prix, deux mille cinq cents pour le 2ème. Nous avons donnée dix mille dollars au total.
Une compétition similaire a lieu en Août à Las Vegas avec un autre thème. Le thème est très important parce qu’il crée l’ambiance. Beaucoup de gens veulent venir voir ce que l’on a créé.

I.K. : Des conseils pour les débutants dans les danses de couples en général ?

L.B. : Il faut qu’ils prennent des cours et qu’ils aillent danser la Salsa.

I.K. : C’est pour maîtriser la synchronisation non ?

L.B. : La salsa est un univers très « relax ». Quand il s’agit de faire de l’improvisation avec ma femme, nous avons inventé une méthode qui est dix fois plus efficace que les autres. La façon dont on enseigne la salsa et plus facile que la façon dont vous l’avez apprise. Je n’enseigne pas les pas, j’apprends au gens à danser sur la musique. On vous apprend à être sur le rythme et à le garder quoi que vous fassiez c’est très important, surtout pour une femme puisque qu’elle doit suivre. Malheureusement et c’est le côté artificiel de la danse, dans la façon traditionnelle dont elle est enseignée on se contente d’apprendre des pas, de la technique. Ce n’est pas comme ça que ça marche. J’ai enseigné à ma fille et pendant un an elle n’a pas eu le droit d’apprendre des pas, il fallait juste qu’elle apprenne à suivre les hommes avec lesquels elle dansait. C’est ce qui en fait ce qu’elle est devenue.
Elle peut suivre n’importe quel partenaire.

I.K. : Merci d’avoir bien voulu répondre à mes questions.

L.B. : De rien. Ce qu’il faut maintenant, c’est que vous veniez apprendre à danser. (Rires).

Transcription de l’interview: Pascale Nard. Cet article a été corrigé en anglais par Genevieve Hayman.

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About the Author

was born in the royal city of Versailles, France and have lived in the United States since 1996. After earning a Bachelor's degree in History from the University of California Berkeley and studying for a Master program in education at the University of Southern California, she went on to teach French to aspiring UNLV and CSN students in Nevada. When she is not teaching, she is writing, interviewing people in a wide range of circumstances, pitching story ideas to writers and editors, taking pictures, traveling, painting or trying delicious foods.



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