Art & Culture

Published on août 23rd, 2016 | by Anne-Fleur Andrle Stephan

0

Rencontre et interview de Sebastian Marx, un comédien de New York établi à Paris

LeconFrancais_image1

Aperçu de la chaine Youtube de Sebastian Marx.

Le 25 juillet dernier, j’ai eu 31 ans ! Oui, mais ce n’est pas ce qui m’amène aujourd’hui. Le 25 juillet dernier, j’ai eu le plaisir d’interviewer un jeune humoriste américain vivant à Paris. J’ai rencontré Sebastian Marx.

Connaissez-vous Sebastian Marx ?

Personnellement, en tant que française vivant à Boston, je n’ai pas encore eu la chance ni l’occasion de voir Sebastian sur scène « en live ». Pour être très honnête, Sebastian est apparu sur mon radar il y a quelques mois, lorsqu’il a commencé une série de vidéos courtes expliquant la langue française et ses bizzareries avec Topito. Il m’a fait rire, et surtout avec sa vidéo sur le « ça va », ce qui en français est une question et une réponse. Tout est dans le ton. C’est ainsi que j’appris le sens originel de « ça va » ?

Youtube_leconFR

Aperçu de la chaine Youtube de Sebastian Marx.

J’ai alors commencé à suivre ses vidéos, et me voilà scotchée ! Comment est-ce que ce jeune homme est capable de mener un spectacle en français et en anglais, maniant parfaitement les différences culturelles et linguistiques des deux langues, alors que moi je lutte encore pour comprendre les blagues anti-Trump des Simpson et de Jon Stewart ?

Il ne m’en fallu pas plus, il me fallait interviewer Sebastian ! Malheureusement, entre cette décision et l’interview est arrivé le 14 juillet. Synonyme de nouvelles attaques terroristes à Nice. Sebastian a alors réalisé une petite vidéo, essayant de faire sourire voire rire, malgré les terribles circonstances. Vous l’avez peut-être vue car elle a beaucoup été relayée par les médias. Ce n’était certainement pas un sujet évident à manier pour lui, mais on est également parfois mal à l’aise en tant que public qui en rie. Je trouve que le résultat est très réussi, qu’il est parvenu à livrer un message de paix avec tout le sarcasme qu’on lui connaît. Bien entendu qu’on a besoin de rire, et surtout dans des moments pareils !

Anne-Fleur pour French Quarter Magazine (FQM): Bonjour Sebastian, merci de nous avoir trouvé un moment pendant vos vacances ! Pour commencer, pourriez-vous nous en dire un peu plus sur qui est Sebastian Marx ? Qui est Sebastian quand il ne fait pas de vidéos ?

Sebastian Marx (SM): Comme le titre de mon spectacle le dit, je suis un new yorkais à Paris. Je viens de la vilel de New York, enfin de Westchester dans la proche banlieue. C’est là que j’ai grandit, avant de vivre dans Manhattan, et de faire mes études à Boston University, dans la ville du même nom, dans le domaine de la communication avec une spécialité en film et télévision. Avant de commencer mes études universitaires, je faisais déjà de la comédie, du stand up, à New York. Je suis monté pour la première fois sur scène à l’âge de 17 ans. Depuis assez jeune, je suis attiré par le monde de l’entertainment. Du coup, même si la comédie ou le one man show ne sont pas enseignés à l’université, ou du moins pas encore, c’est ce qui m’a poussé à suivre ces études à BU.

Sebastian Marx

Photo: Charlottebadelon.com

FQM: J’imagine que vous ne pouviez pas jouer sur les aspects biculturels à cette époque. Quel était « votre truc » alors ?

SM: Non, non, effectivement. Je faisais du stand up complètement différent des vannes que je fais aujourd’hui. Même si aujourd’hui, je fais surtout des blagues sur le clash des cultures entre les US et la France, lorsque j’étais à New York je jouais sur des scènes de la vie de tous les jours.

FQM: Le Stand up est comme un sport national chez les américains. Et surtout à New York ! Comment est-ce que la France est-elle arrivée dans vos plans de carrière ? Pourquoi la France en particulier ?

SM: L’amour… Si, c’est vrai ! (Rires) J’ai rencontré une femme française à New York après mes études. C’était le début de ma carrière et j’aurais facilement pu décider de rester pendant 30 ans à faire ce que je faisais, là où je me trouvais. Mais je voulais voir autre chose. Je ne savais pas combien de temps cette relation allait durer, mais j’ai décidé d’aller à Toulouse. Toulouse, ce n’est pas Paris, et passer de New York à Toulouse peut être un peu compliqué (rires). Sérieusement, quitter New York pour la France n’a pas été le choix le plus difficile non plus. Il est facile de tomber sous le charme de votre pays. La culture est très riche ; la nourriture est aussi! Mes parents viennent d’Argentine, je suis né et ai grandi à New York, mais j’ai passé un peu de temps à Buenos Aires, et je connais sa culture latine. Je suppose que cela m’a aidé à m’acclimater à Paris. Les cultures ne sont pas si éloignées les unes des autres.

FQM: Du coup, la France fut votre première véritable expérience à l’étranger ?

SM: Pour y vivre oui. Par contre j’avais déjà passé environ deux mois en Argentine. La France c’est ma première expérience plus permanente, oui.

FQM: Connaissiez-vous le pays avant de vous y installer ?

SM: Hmm, pas vraiment. Je suis venu pour quelques mois. De retour à New York, je réfléchissais. J’ai vécu à cheval entre les deux continents pendant environ un an, et j’ai finalement pris un billet aller simple pour m’y installer.

FQM: Votre carrière et décisions de vie me font penser à un célèbre humoriste Français, mais en sens inverse. Vous avez probablement entendu parler de Gad Elmaleh, qui a décidé de (presque) tout laisser derrière et aller aux États-Unis afin d’apprendre la langue et à faire du stand up “à l’américaine”. Pensez-vous que vos itinéraires ont beaucoup de choses en commun ?

SM: Je pense que c’est génial pour lui. Très franchement, s’il y a une chose à la mode en ce moment, c’est bien l’échange culturel sur scène. Même avant Gad, il y a eu Eddie Izzard, qui est un célèbre comédien britannique, et qui est venu quelques années pour jouer en français en France. En fait, il est rentré dedans “plus sérieusement” récemment. Et il est assez hilarant. Gad et Eddie ont joué ensemble pas il y a peu à Paris : Gad jouait en anglais et Eddie en français. Donc, c’est à la mode et c’est logique. Je savais que Gad était un bon ami de Jerry Seinfeld. De la même manière que Eddie Izzard, je crois que Gad avait atteint un niveau très élevé en France, qui devenait difficile à surpasser. Il est définitivement considéré comme un roi en France. Se remettre en question, partir dans un autre pays, apprendre la langue et la culture n’est pas facile mais cela me semble être le challenge suivant, relativement logique.

FQM: Selon vous, quelle est la chose la plus difficile en France, pour un jeune comédien américain qui lance sa carrière ?

SM: Honnêtement, mise à part la langue, je ne sais pas. Chaque culture a ses propres «tabous». Sur certains sujets, les Américains sont plus sensibles et moins enclins à rire, et vice versa. Je dirais qu’il s’agit plus d’une question d’apprentissage de la culture et du public. Mais honnêtement, c’est quelque chose que vous pouvez choisir assez rapidement sur scène. En tant qu’humoriste, si vous jouez 5 fois au même endroit, vous avez un très bon sens des limites du public. Le public impose les limites. Si il y a un sujet tabou, vous pouvez toujours trouver une façon de le dire pour que le public accepte finalement d’en rire. En fin de compte, on peut rire de tout, absolument tout, mais trouver la façon de le faire est le véritable défi. En ce moment, par exemple, en France, parler de terrorisme et d’islamophobie est un sujet très sensible, alors qu’aux Etats-Unis actuellement, c’est le débat transgenre qui est difficile.

FQM: Cela m’amène effectivement à la vidéo que vous avez réalisée après les attentats terroristes de Nice. Tout d’abord, je dois dire que je suis impressionnée. Comment avez-vous décidé de faire cette vidéo ? Comment réussit-on à parler et rire d’un sujet si lourd ? Quel type de réactions avez-vous eu de la part du public ?

SM: Dans l’ensemble, je suis très heureux de la façon dont le public a reçu la vidéo. J’ai environ 8 millions de vues sur cette vidéo, ce qui est énorme. Le Huffington Post l’a relayée, ainsi que quelques autres médias. Je suis également très heureux parce que je dirais que 90% des personnes qui ont regardé celle-ci, semblent l’avoir aimée. Elle a été publiée sur Facebook et la plupart des gens m’ont envoyés des messages juste pour me dire «Merci». Ces messages ne portaient pas vraiment le rire, mais avaient plutôt pour but d’adresser un sincère merci comme si je leur avais fait un cadeau. Sincèrement, c’est la plus belle des récompenses que je puisse demander en tant que comédien. D’autre part, oui : j’ai eu quelques fous. Soit ils ne comprenaient pas mon message soit ils l’ont pris littéralement. Ils me disaient que je ne devrais pas expliquer aux gens comment vivre ou que je devrais retourner vivre aux États-Unis. J’ai répondu à la plupart des messages, mais j’avoue avoir essayé de ne pas passer trop de temps avec les insultes parce que c’était contre-productif.

FQM: Est-ce que ce n’est pas un des rôles de comédiens ? Apprendre à son public à lâcher prise, à se libérer de certaines tensions et à rire ?

SM: Oui, je suis d’accord. Je ne dirais pas que vous n’êtes pas un comédien si vous ne parlez pas des sujets plus durs non plus, mais oui, je pense que c’est un rôle important. C’est aussi pourquoi dans la vidéo que je voulais insister sur le fait que «I have no fucking idea ». Sérieusement, je ne connais pas la solution, je ne prétends pas savoir mieux que les politiques ou les spécialistes. Je pense simplement que en tant que comédien, vous êtes un miroir de la société, et pour ce faire, il faut poser les bonnes questions. Mes mentors, George Carlin ou Louis CK font cela très bien aussi. Ils posent beaucoup de questions. Avec beaucoup d’humour bien sûr, mais ils le font ! Le rire est une chose super importante. Il a vraiment un pouvoir que nous nous devons d’utiliser pour aider les gens à rire tout en parlant de sujets sensibles.

FQM: Revenons-en à vous et à votre carrière. Comment commence-t-on une carrière en tant que comédien américain en France ?

SM: Ce n’est pas si différent que si je devais commencer à New York honnêtement. Tant que vous restez ouvert à vous améliorer en permanence. Et la seule façon de devenir encore meilleur est d’aller sur scène. Sur scène, vous apprendrez ce qui fonctionne et ne fonctionne pas, vous en apprendrez davantage sur la manipulation de votre corps, vous apprenez à communiquer avec le public, etc. C’est vraiment un gros boulot, que vous apprenez en le pratiquant. J’ai commencé en me produisant sur différents plateaux, des scènes ouvertes. Certaines personnes m’ont vues et ont pensé que j’étais pas mal et m’ont invité sur leurs plateaux, qui sont de moins en moins «ouvert». A mesure que vous travaillez votre texte et vos blagues, vous parvenez à jouer de plus en plus longtemps, puis pendant une heure et finalement si quand tout va bien, vous décrochez un “One Man Show”.

Inglorious Comedy Club by Verino saison 2 #66

Photo: Christine Coquilleau Nait Sidnas.

FQM: Passer de plateau en plateau et de scène en scène, vous avez d’ailleurs intégré le « Jamel Comedy Club ». Comment est-ce arrivé ?

SM: Exactement, en jouant sur de nombreuses scènes, j’ai intégré ce club. Le Jamel Comedy Club a commencé sur Canal Plus, puis Jamel a ouvert son propre club sur les grands boulevards de Paris. J’ai alors commencé à jouer sur leur scène ouverte, “Debjam” et ils ont vu que j’avais 5 minutes assez solides et m’ont proposé de faire l’émission de télévision. Je l’ai fait en 2012-2013. Après avoir fait l’émission de télévision, vous faites partie d’une grande famille. Jamel a été parmi les premiers à faire ça en France : avoir la scène et les artistes captés en vidéo dans son club et en revendant les clips à la télévision. Comme vous le savez, cela existe depuis un certain temps aux États-Unis, mais en France c’est une initiative très innovante – encore aujourd’hui. Jamel a été inspiré par le Death Comedy Jam, qui suivait le même concept pour promouvoir les comédiens de stand up noirs américains sur HBO dans les années 90. Il l’a adapté aux gens du Maghreb. Et je dois dire que Jamel l’a merveilleusement bien fait! Il est vraiment parvenu à donner une voix à une génération d’artistes.

FQM: Est-ce que vous écrivez vos propres textes ? Est-ce qu’on vous y aide ? Quelle est votre inspiration ?

SM: J’écris mes propres textes, oui. Cela dépend de ce dont nous parlons. Pour mes chroniques pour la radio et la télévision, j’écris et ma copine m’aide à le rendre plus français, plus fluide. Pour mon One Man Show, c’est moi et mes blagues ! Mais pour cette dernière version, j’ai collaboré avec Navo, qui est le co-créateur et co-producteur de Bref (NDLR: célèbre courte émission de télévision sur les ondes de Canal Plus). Nous étions amis avant la sérié Bref et nous avons donc travaillé ensemble sur cette nouvelle version de mon show. Sinon, c’est moi!

FQM: Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre expérience à la radio et à la télévision ?

SM: J’ai travaillé sur RTL pendant un an, sur France Inter pendant une autre année, et j’ai ensuite rejoint l’équipe du Grand Huit sur D8, qui est une émission de télé qui s’arrête malheureusement après 4 belles années. En septembre, je vais peut-être revenir derrière le micro à la radio, mais je ne peux pas vous en dire plus pour le moment.

FQM: Où peut-on vous voir jouer ? En anglais ? En Français ? et quand ?

SM: Toute l’année ! Je fais quelques premières parties d’autres artistes, mais sinon à partir de la fin août en français pour mon spectacle « Un New Yorkais à Paris » au théâtre Apollo à Paris. En anglais, j’ai lancé un collectif de comédiens en anglais et ai lancé mon propre plateau il y a déjà 6 ans. Ca s’appelle « The New York Comedy Nights ». J’y joue tous les vendredis à 21h30 depuis son lancement. Au même endroit !

FQM: Que peut-on vous souhaiter pour le futur ?

SM: J’espère pouvoir continuer à jouer à Paris, dans des salles toujours plus grandes ! C’est vraiment ma passion. En septembre, je commence à écrire un livre sur la France du point de vue d’un américain. Des thématiques similaires que dans mon spectacle. J’ai aussi un projet d’une sorte de « Daily Show » à la française avec un autre comédien. Je vais aussi continuer les vidéos. Mais honnêtement, le plus important pour moi c’est mes spectacles : venez me voir !

Sebastian Marx en 9 Questions

FQM: Si vous n’étiez pas comédien, qu’auriez-vous fait dans la vie ?

SM: Je pense que j’aurai travaillé dans le social, ou j’aurai fait des documentaires pour la télé, ce qui utiliserait mon bagage universitaire.

FQM: Quel est votre coin préféré de Paris ?

SM: J’en ai plisieurs, mais je dirais Buttes-aux-Cailles, ou Ledru-Rollin.

FQM: Quelle est votre région préférée de France ?

SM: Hmm… Le Roussillon!

FQM: Quel est le pire défaut des français ?

SM: Le manque de second degré ! Mon truc c’est de se moquer des français en général, mais il faut voir les pincettes que je dois prendre parfois pour ne vexer personne, c’est fou !

FQM: Quelle est la plus grande qualité des français ?

SM: Leur cœur ! Je pense qu’aux US, c’est facile de se faire des potes, mais pas évident d’avoir des amis. Ici mes amis sont ma famille. Les liens sont très profonds et sincères. Aussi, je sais que c’est ironique mais leur esprit critique. Les français critiquent tout ! Ce qui peut être énervant parfois mais ils questionnent tout et ça c’est puissant !

FQM: Qui est votre humoriste favori aux US ?

SM: En ce moment, je suis beaucoup Louis CK. A plus long terme, je suis un grand fan de George Carlin et même de Woody Allen quand il faisait du stand up. Aussi, même s’il n’est pas très populaire de le dire, Bill Cosby et son stand up sont épatants.

FQM: Et le français ?

SM: J’adore Yacine Belhousse, qui a fait deux saisons au Jamel Comedy Club et aussi la première partie de Eddie Izzard. J’aime également beaucoup Blanche Gardin. Elle fait du stand up dans l’esprit de Louis CK: terriblement honnête et hilarant !

FQM: Quel a été votre moment le plus embarrassant sur scène ?

SM: Je pense que le pire a été quand pendant un spectacle je me suis addressé à une femme aveugle, sans bien sûr savoir qu’elle l’était. Et je n’ai fait que lui demandé « pourquoi est-ce que tu ne me regardes pas ?! » Oh … j’avais oublié ce moment !

FQM: Quel a été votre meilleur moment sur scène ?

SM: Je n’ai pas un moment spécifique en tête, mais ces moments en général où votre esprit est à 300% et s’adapte à toutes les réactions du public: la communication est magique quand on parvient à surfer sur leurs réactions !

Pour toutes les dates de spectacle, visitez le site suivant : http://www.sebmarx.com/
Le One Man Show a lieu tous les vendredi et samedi à 20h au théâtre Apollo (18 rue du Faubourg du Temple, 75011 Paris). Tous les dimanches, même heure mais en anglais !

Pour rencontrer Sebastian et d’autres comédiens, vous pouvez vous rendre au New York Comedy Night, en anglais tous les vendredi à 21h30 au même endroit.

French Quarter Magazine souhaite une excellente continuation à Sebastian!

1) Sebastian a dû expliquer que l’un. En France, nous utilisons l’expression «One Man Show» pour le spectacle d’un humoriste qui est seul sur scène. En nous, j’appris que ce n’est pas toujours humoristique.
2) Canal Plus est l’équivalent chaîne de télévision française à HBO aux États-Unis.


About the Author

Coming from the "Far west" of France, Anne-Fleur grew up in Finistere (Brittany). Currently working in the hightech industry, she represents a French company specialized in smartglasses apps in the US. Engineer by training and based in Boston, she loves to get back to her Briton roots a couple of times a year. After graduating from the Université de Technologie de Compiegne, in France , she decided to pursue her studies in biomedical sciences at the graduate school of the State University of New York (SUNY) in Buffalo, NY. Driven by sciences and her desire to learn, Anne-Fleur hosted a radio show, "les échos de l'innovation" (literally innovation echoes) for a couple of years, offering debates and interviews, aiming to dissect misconceptions in science and technologies for the layman. Always thirsty for discovery, she loves traveling, initiating new projects and exploring the ocean, on a sailing boat or with her snorkel.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑