Art & Culture

Published on octobre 19th, 2018 | by Alioune Badara Mbengue

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GORÉE, UNE ÎLE PLEINE D’HISTOIRES

L’île de Gorée ou Gorée est à la fois une île de l’océan Atlantique nord située dans la baie de Dakar (Sénégal) et l’une des 19 communes d’arrondissement de la capitale.

C’est un lieu symbole de la mémoire de la traite négrière en Afrique, reconnu officiellement par l’Organisation des Nations unies (ONU) en 1978. Gorée « île-mémoire » de cette tragédie, fut ainsi l’un des tout premiers lieux à être portés sur la liste du patrimoine mondial gérée par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

Promenade dans les rues de Gorée au Sénégal. Photo de hamajimagazine.com.

UNE ÎLE MÉMOIRE D’UN LOURD PASSÉ

Situé à 4 km de Dakar, le site a longtemps subi les assauts répétés d’occupants “d’un autre genre” du fait de sa situation géopolitique.

La convocation de l’histoire désigne le navigateur portugais Dinis Dias comme étant le premier étranger à avoir jeté l’ancre sur les côtes goréennes en 1444 qu’il va renommer “Palma” en remplacement de l’ancien nom « Beer » utilisé par les population locales.

Ensuite viendront les Hollandais en 1617 qui rebaptisent le site “Goede Reede” (la bonne rade) avant l’arrivée des Français en 1677. Ces derniers y seront attaqués à leur tour par les Anglais qui l’occuperont durant treize ans (1804-1817) avant de la leur restituer.

L’île constituait en effet la plaque tournante du commerce d’esclaves. Et ses occupants étrangers successifs se sont livrés une bataille sans merci pour avoir le contrôle de ce marché “juteux.”

Ce qu’il faut néanmoins signaler, c’est que cette traite a été menée de concert avec les “rois négriers” de l’époque sous la tutelle des rois de France et d’Angleterre.

Ainsi en quatre siècles, 16 millions d’esclaves ont été vendus pour rejoindre les plantations Outre-Atlantique. Venus des marchés aux esclaves du Nigéria, du Bénin, de l’Angola ou de Gambie, beaucoup d’entre eux ont transité par cette petite île au large de Dakar, qui deviendra le plus grand centre de transit de toute l’AOF.

Il faut noter que l’esclavage a toujours existé en Afrique. Déjà au VII ème siècle, le commerce d’esclaves était tenu par les Arabes qui fournissaient des hommes de l’île Maurice, Zanzibar, et Madagascar à l’Asie. Il était courant que les chefs de tribus vendent leurs ennemis ou même leurs hommes.

Cependant la découverte de l’Amérique, les grandes colonies et la puissance de l’Europe amplifièrent le phénomène à partir du XVI ème siècle. C’est à cette époque que débuta le commerce triangulaire et que Gorée prît une importance capitale dans l’Histoire.

GORÉE ET SES HÔTES DE MARQUES

Photo de culture.gouv.sn.

Il est difficile de définir avec exactitude le nombre de visiteurs qui se rendent sur l’île, des touristes du monde entier viennent s’ajouter chaque année au nombre d’autochtones qui se recueillent sur les lieux.

L’île, par sa symbolique, a enregistré la visite de grands noms qui ont marqué leur temps. Parmi eux, on peut citer Nelson Mandela, le Pape Jean Paul II, l’emblématique dirigeant palestinien Yasser Arafat, le Président Ivoirien Houphouët-Boigny, les présidents américains Clinton, Bush et Obama y ont également fait escale…

Cependant insistons sur le fait que visiter l’île de Gorée sans faire un détour à la fameuse “maison des esclaves” rendrait le pèlerinage insensé !

“La Maison des Esclaves,” Île de Gorée au Sénégal. Photo de lapresse.ca

L’exploration de cette maison “mythique” est quelque chose “d’obligatoire” pour tout nouveau visiteur.  Cette ancienne demeure de la célèbre signare Anna Colas Périn abritait dans des pièces étroites (2,60m sur 2,60m) où s’entassaient les esclaves en partance pour l’Amérique.

Le tri était parfaitement orchestré pour obtenir trois catégories à savoir les hommes, les femmes et les enfants.

Les esclaves étaient enchaînés en permanence et ne pouvaient sortir qu’une seule fois par jour afin de pouvoir satisfaire leurs besoins.

Une fois l’accord convenu entre les négriers et les acheteurs, les esclaves empruntaient le fameux couloir qui mène à la “Porte sans retour.” Pour un voyage sans retour.

 

Cet article a été traduit en anglais par John Wilmot.


About the Author

est né à Diourbel au Sénégal. Il a fait tout son cursus scolaire dans son pays natal. Après l'obtention de son baccalauréat en 2005, il a eu à faire une formation de deux années à l'Ecole Supérieure Polytechnique (ESP) de Dakar où il a décroché son DUT en Finance-Comptabilité en 2007. Passionné de l'écriture et de la littérature, il a publié son premier roman " Les flots en sanglots" en Février 2016.



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