Art & Culture

Published on janvier 9th, 2019 | by Isabelle Karamooz, Founder of FQM

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Coup de projecteur sur l’artiste Pascal Blondeau

https://youtu.be/_SawLs72vic
Pascal Blondeau
Un photographe de renommée internationale dont le travail se vend à Sotheby’s à New York et à Paris. Dernièrement, exposé à Art Basel Miami, Pascal Blondeau est né à Paris et a grandi sur la rive gauche avec un goût prononcé pour l’Art et la musique dès son plus jeune âge. Pascal a étudié à l’Ecole des Beaux-Arts, puis à l’école de musique compétitive d’Alice Dona et a travaillé depuis 20 ans en tant que photographe à Paris mais n’atteint son apogée que lors de son déménagement à New York en 2009 où il est obnubilé par sa passion créatrice. Nous sommes à la résidence de France, quels sont les trois adjectifs qui décrivent le mieux votre personnalité ? Pour me décrire: 1) Original. Je suis artiste alors évidemment cela saute aux yeux  et mes amis ne manquent jamais une occasion de me faire remarquer que je suis décalé. 2) Distrait: Je crois que je vis sur une autre planète. 3) Fiable en amitié d’après  mes amis. Ce n ‘est pas moi qui le dit, ce sont eux. Depuis quand vous intéressez-vous à la photo ? Depuis très longtemps en fait. Quand j’étais tout enfant et que l’on  me demandait ce que je voulais faire plus tard je disais que je voulais être “une radio.”  Je voulais, jouer, chanter, être dans le monde du spectacle et je m’intéressais à tout ce qui avait un rapport avec l’art. D’après ce que me dit ma famille, on pouvait voir déjà à l’âge de cinq ans  que je serai un artiste. Ce n’est pas un métier chez moi d’être artiste, c’est ma personnalité. Je suis comme ça, c’est ma vie. Il y a des gens qui disent ” je veux être artiste plus tard ” c’est vrai on peut aussi le devenir. Vers 19 – 20 ans, ma marraine, la soeur de mon père qui avait détecté mes talents artistiques,  m’a offert un  très bel appareil photo, un pentax, un argentique que j’utilise encore de temps en temps. . Maintenant, je suis passé au numérique mais je l’utilise encore parce que je l’adore. Elle m’a offert ce premier appareil avec lequel j’ai fait beaucoup de photos et j’ai adoré . Du coup, je me suis inscrit à un cours dans une école à Paris. J’ai fait une exposition dans la foulée à Saint Germain des Prés qui a bien marché mais ensuite j’ai arrêté parce que  je suis rentré dans une école de spectacle  à Paris dirigée par quelqu’un de connu qui s’appelle Alice Dona. J’ai fait ce que je voulais faire depuis mon enfance c’est-à-dire du chant et de la danse. J’ai suivi ces cours de spectacle pendant cinq ans et j’ai laissé tomber la photo. J’ai appris aussi la mise en scène dans cette école  et plein d’autres choses. A la sortie de cette école, j’ai travaillé sur des projets artistiques dans le spectacle et je suis rentré comme scénographe au musée des arts décoratifs à Paris. Là, un jour je me suis remis à la photo. J’ai photographié une de mes scénographies et des mannequins de vitrine (très spéciaux en couleurs). J’ai trouvé les photos intéressantes et cela m’a redonné la passion de la photo. Un directeur de musée m’a proposé de les exposer  et c’est comme cela  que j’ai remis le pied à l’étrier. Comment décririez-vous votre style ? Je suis dans l’art contemporain. Il y a de l’abstrait et du figuratif dans ce que je fais. Il y a à la fois un vrai travail de photographe (j’ai toujours étudié la lumière) et il y a un travail de l’instant avec des photos que je ne retouche pas ou peut-être que je nettoie de temps en temps mais à peine. Puis, il y a aussi ce qu’on appelle de la photo plasticienne, c’est-à-dire de la photo retravaillée. Soit je choisis le thème avant et je photographie ce que j’ai préparé, soit je fais de la photo que je retravaille, C’est cela le génie d’un photographe. Oui, je ne sais pas, c’est vous qui le dites … Y a-t-il des artistes que vous aimez plus particulièrement et qui auraient influencé votre approche de la photographie ? Oui, il y a des photographes et des artistes peintres bien sûr. Mon grand maître et je vous en parlerai juste après, c’est David Hockney qui est un peintre extrêmement puissant, extrêmement connu. Il y a de très belles rétrospectives de lui au centre Georges Pompidou, à Londres, à New York également. David Hockney m’a vraiment beaucoup  influencé au même titre qu’Andy Warhol qui a été dans ma carrière un élément déclencheur. Mais je me suis un peu éloigné de Warhol après avoir rencontré Ultra Violet qui était une de ses muses à New York et avec qui j’ai travaillé. Elle  a tout fait  pour me faire oublier le père, le maître,  donc, je me suis un peu  éloigné du travail de Warhol même si cela m’a beaucoup formé au pop art. C’est  David Hockney définitivement qui reste mon maître absolu. J’ai fait une exposition en son hommage qui  fut un gros succès à New York intitulée “Swimming Pool tribute to David Hockney, dans une galerie très importante, la galerie Eric Morlot. La famille Morlot en France a été une des familles dans l’art moderne la plus importante, la plus connue au siècle dernier puisqu’elle avait créé la plus grande imprimerie  de lithographies. Ils avaient  dans leur galerie tout ce qui compte de Picasso, de Matisse, etc… Etaient exposés d’ immenses photos de piscines  pour faire référence au travail de David Hockney qui photographiait des garçons dans les piscines et au bord des piscines, etc… j’y ai joué moi-même un  rôle parfois. Je suis nu dans la piscine et je m’observe habillé. Parfois, c’est l’inverse, je suis nu hors de la piscine observant ce garçon habillé et c’est toujours moi qui joue le rôle. Je me suis trouvé par hasard dans une maison en dehors de New York, dessinée et créée par les architectes en hommage à David Hockney. Je me suis retrouvé dans cette piscine où tout, suivant les heures du jour, la lumière, les murs en couleurs de la maison se reflétaient dans l’eau et j’avais la sensation d’un seul coup de nager dans une palette de peintre. Je suis ressorti rapidement, j’ai saisi mon appareil photo et je me suis mis à prendre  une série de clichés. L’année suivante, j’ai reloué cette maison exprès pour aller finir ma série. Et, nous pouvons voir des extraits de cette exposition sur votre site ?  Oui il y a des extraits de l’exposition, il y a toute la série… Pouvez-vous nous rappeler votre site internet pour nos lecteurs ? www.pascalblondeau.com Que vous a apporté la photographie ? La photographie m’a apporté évidemment beaucoup. cela m’a permis de me lancer professionnellement et ça m’a aidé à progresser. Je vois des photos partout, c’est à la fois magnifique parce que c’est ma vie d’artiste et en même temps cela peut  m’empoisonner la vie parce que je ne pense plus qu’à cela, je ne suis plus jamais au repos,  c’est un réflexe et un automatisme. Je suis pénible en vacances ou en voyage parce que je suis à la traîne et j’ennuie tout le monde avec mon appareil photo.  Maintenant, je sors sans, mais évidemment je rate plein d’opportunités. Votre idée de la composition parfaite, est-ce que cela existe ? Non, tous les artistes vous diront que non. Après, c’est un apprentissage. Quand je vois mon travail, je ne le vois pas comme les autres, j’y vois plein de défauts et je me dis que j’aurais dû faire autrement. Pouvez-vous commenter deux ou trois photos que vous choisissez pour illustrer cette interview ? Deux ou trois photos des moments forts qui ont déterminé les moments importants de cette petite carrière…, celle où il y a une cape de fourrure avec des visages qui sortent de la lumière et qui s’appelle Ave Maria. Cette photo illustre un défilé de mode avec les visages qui sont complètement émerveillés de ce qu’ils voient apparaître. Je pense avoir fait un joli travail de lumière sur cette photo. J’ai vraiment travaillé sur la lumière un peu à la manière du Caravage. Je suis très impressionné par le travail du peintre et évidemment  je pense avoir travaillé dans ce sens là. Je n’y suis certainement pas arrivé, je ne suis pas le Caravage. Tous les gens me disent qu’ils sont impressionnés par ma photo Ave Maria. Elle a obtenu un joli succès, on en parle tout le temps.
Ave Maria
Voilà et je pourrais prendre une des photos de la série Hockney parce que  c’est un virage important, je crois, dans ma carrière. C’est la série sur David Hockney “Swimming pool.” Il y a peut-être une ou deux photos dans la série que je préfère mais ce n’est  pas celles que les galeristes ou les gens préfèrent exposer parce que sur certaines je suis nu.  Nous vivons une époque un peu puritaine…. En meme temps, ce ne sont pas des photos choquantes non plus, c’est plutôt un travail esthétique. C’est une série de photos dont je suis le plus fier.
Vous souvenez-vous de la dernière exposition que vous avez réalisée ? Oui c’était celle ci . Je ne suis pas quelqu’un qui expose énormément. Evidemment je ne refuse pas quand on me propose des choses magnifiques dans les galeries importantes et les musées. En fait, je n’ai pas refait d’exposition depuis parce que j’ai rencontré à New York il y a 9 ans une femme qui s’appellait Ultra Violet, qui était une des muses d’Andy Warhol. Elle est décédée il y a quatre ans. Nous avons vécu et travaillé ensemble cinq ans dans son atelier. Nous avons fait une exposition très importante à New York sur les attentats du 11 septembre. Quand elle est décédée il y a quatre ans, je me suis lancé dans l’écriture de textes racontant notre histoire et j’en ai fait une performance. J’ai eu la chance de travailler à New York au “FIAF,” à l’Alliance Française sur la scène d’un très beau théâtre. Cela a bien marché donc j’ai continué cette performance et je me suis retrouvé à  la Philips Collection à Washington, qui est le premier musée d’art moderne des Etats-Unis. J’ai joué également chez Artcurial à Paris au mois de janvier dernier, un joli succès. il y avait des gens de la télé, c’était vraiment bien pour moi. Je prépare aussi une importante exposition pour l’été prochain en Grèce. Il y a un tout nouveau musée d’art contemporain sur une île grecque qui est devenue une des plaques tournantes de l’art. Cette île s’appelle Hydra et il y a de très importants collectionneurs et galeristes qui sont installés là-bas, donc le musée a complètement explosé et ils m’ont demandé d’organiser la première mini rétrospective de mon travail. Nous allons présenter quatre ou cinq séries de photos du début juillet à fin août 2019. C’est un gros projet parce que  le premier livre sur mon travail  va être édité. Je suis très très enthousiaste. Je pars en novembre travailler sur le livre. Nous vous souhaitons bonne chance pour cette exposition et une dernière question: Washington DC, comment cette ville vous inspire-t-elle ? La ville de Washington est magnifique. Je ne me suis pas installé ici à la base pour des raisons professionnelles, mais plutöt pour sa qualité de vie : les maisons, et les jardins sont magnifiques . Je suis sportif et faire du vélo dans Washington me procure l’impression d’être en bonne  santé  mais dire que cette ville m’inspire artistiquement, cela ne serait pas tout à fait vrai parce que c’est une ville résidentielle. Ce qui m’inspire un peu plus ce sont les gens que j’y rencontre, des collectionneurs avec qui je suis devenu ami. Je connais une femme qui collectionne les moutons de Lalanne. C’est vraiment extraordinaire. J’ai rencontré des gens avec qui je peux parler d’art, et avoir des échanges magnifiques. Par contre la folie créative, je la trouve plutôt à New York où  je passe beaucoup de temps. Je vous remercie pour le temps passé à répondre à mes questions, bonne continuation pour votre future exposition en Grèce et merci encore. C’est moi qui vous remercie. Cet article a été traduit en anglais par John Wilmot.


About the Author

est originaire de Versailles. Elle a toujours voulu découvrir le monde, ce qu'elle a fait à partir de 17 ans lorsqu'elle a eu la chance d'étudier à l'étranger à Rhonda, en Espagne. Elle a parcouru le monde de Hong Kong à Taiwan, de l'Irlande à l'Autriche, en passant par le Luxembourg, le Liechtenstein et Monaco, et a découvert l'ensemble des pays de l'Italie et du Maroc. Elle se sent réellement citoyenne du monde. Elle s'est enfin installée plusieurs années à Los Angeles où elle a travaillé au Consulat de France à Los Angeles. Passionnée par les arts et l'histoire, elle a obtenu une Licence en histoire de l'Université de Californie à Berkeley et a étudié un programme de maîtrise en éducation à l'Université de Californie du Sud. Elle a enseigné le français à UNLV et CSN au Nevada. Elle est la fondatrice et la rédactrice en chef du French Quarter Magazine, dans lequel elle écrit, interviewe des personnes dans des domaines très variées, propose des idées d'écriture aux écrivains et aux journalistes, prend des photos et écrit actuellement son premier livre traduit sur la vie de Coco Chanel qui est remplie d'aventures, d'intrigues, d'histoire et d'amour.



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