Histoire

Published on juin 4th, 2019 | by Pascal Ordonneau

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Une Introduction : Les Etats-Unis racontés par les rues de Paris

Paris raconté par ses rues… c’est une belle aventure que j’ai poursuivie pendant quelques mois et qui est devenue un livre. Un Parisien a l’embarras du choix : les rues de Paris ne sont qu’une succession de noms célèbres, de batailles renommées, mais aussi de témoignages religieux et d’évènements marquants.

Pourrait-on dire qu’en suivant les rues parisiennes on ferait le tour de l’histoire du monde ? Pourrait-on noter à quel point la capitale française est un almanach des gloires universelles ? Reconnaissons que ce serait laisser à Paris une belle part dans l’histoire du monde ! Trop belle peut-être ? On a vu la ville Lumière dans des situations moins glorieuses. Elle évite soigneusement de rappeler ses défaites. Pas de « Waterloo station » mais « une gare d’Austerlitz ». Pas de « Trafalgar square » mais une « Avenue d’Eylau »… C’est bien naturel objectera-t-on ! On ne peut pas imaginer qu’un peuple ait l’étrange idée d’inscrire sur les murs de ses rues les noms des évènements qui l’ont fait souffrir.

Mais voilà que les choses se compliquent. L’histoire de la France est pleine de changements de régimes, de haines et de détestations. Ceux-là qui étaient portés au pinacle, dégringolent de leurs piédestaux. Les noms maintenant détestés sont effacés et remplacés par les nouveaux héros. Des exemples ? La rue de Berlin perd son nom en 1914, remplacée par la rue de Liège, la place Louis XV changera plusieurs fois de nom et deviendra finalement la place de la Concorde. Jusqu’au prochain changement ?

Pourtant, il est des rues dont le nom ne bouge pas. Il a été installé. Ce serait pour l’éternité ? Ces rues représentent la belle idée que la France se fait des Etats-Unis. Il est vrai que les noms « américains » de Paris sont très récents, à l’unisson de l’histoire des Etats-Unis. Il est vrai que les Français n’ont pas de raison « d’effacer » des noms américains renommés pour leur courage, leur témérité et leur gloire. Au fait ! On a pu raconter Paris par ses rues. Pourrait-on raconter les Etats-Unis par les rues de Paris ?

J’ai voulu tenter l’aventure. Elles sont nombreuses les rues américaines de Paris. Elles ont été offertes à des hommes politiques américains célèbres, à des généraux, à des artistes, à des évènements aussi. Elles sont souvent prestigieuses, pas toujours, et parfois, le nom d’un américain célèbre est attribué à une rue modeste.

Ces rues américaines racontent-elles les Etats-Unis ? Ce serait une illusion de croire qu’elles sont ainsi nommées pour raconter aux enfants et à leurs parents l’histoire des Etats-Unis et de ses grands hommes. Ces rues sont des rues parisiennes. Elles sont bâties suivant le style parisien. En d’autres termes, elles n’ont rien d’Américain si ce n’est le nom. Alors, à quoi bon, ce nom ? Parce que les Parisiens savent être reconnaissants. Parce qu’aussi, les Parisiens (on dit les « Français en pire ») aiment à faire signe aux gens qu’ils admirent. Parce qu’enfin, quelle est la meilleure manifestation d’estime que celle qui invite le passant anonyme de Paris à se souvenir des Etats-Unis, de ses héros, des hauts faits.

Ainsi ira-t-on de rues en rues, pour les faire connaître, pour se souvenir des raisons qui ont poussé les parisiens à vouloir inscrire les noms et les faits de leurs amis américains sur des dizaines de coins de rue. On les décrira. On sera surpris de situations amusantes. On gardera à l’esprit, que pour un parisien, un nom de rue n’est pas une plaisanterie, c’est un morceau de sa ville, et comme il pense que sa ville est la plus belle du monde, il pense aussi que c’est faire honneur à un citoyen américain que d’inscrire son nom sur une petite plaque vernissée de couleur bleu nuit écrite en lettres blanches.

Parce qu’il faut commencer par le commencement : c’est depuis la place des Etats-Unis qu’on commencera notre périple.

Et ce sera le sujet de notre prochaine chronique.


About the Author

a 40 ans de banque chez plusieurs établissements français et anglo-saxons. Il est l’auteur de plusieurs livres sur l’économie et la banque, d’un livre de voyage, d’un roman et d’un livre sur l’Allemagne. Il écrit pour les journaux et la radio, dont les Echos, le Figaro, Huffington Post, Radio France International.



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