Art & Culture

Published on juillet 20th, 2019 | by Isabelle Karamooz, Founder of FQM

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Interview avec la comédienne Sylvy Ferrus en direct du Festival OFF d’Avignon 2019

Comment et à quel moment avez-vous ressenti le désir de devenir comédienne ?

J’ai ressenti le désir d’être comédienne à 11 ans. Je m’en souviens car je m’étais dit “quand on te le demandera plus tard, souviens-toi que c’était à 11 ans !” Cela a dû naître en moi avec l’attirance irrésistible que j’éprouvait en regardant Isabelle Adjani, JP Belmondo et tous les acteurs stars des années 80. Je les comprenais, je me reconnaissais en eux et sentais toute mes émotions mon imagination et mon envie de faire ce qu’ils faisaient se décupler quand je les voyais.

Quelles ont été les rencontres décisives au cours de votre formation et de votre carrière ?

D’abord tous les acteurs français et américains que j’ai observés au cinéma. J’ai appris énormément en les regardant travailler. Je ne voyais pas le personnage mais l’acteur au travail et je comprenais les règles du jeu, qu’elles soient techniques, émotionnelles, personnelles, ou psychologiques. J’ai appris le pouvoir de la joie avec Belmondo, la puissance des émotions avec Adjani, la simplicité avec Catherine Deneuve, et l’énorme travail qu’il fallait fournir pour incarner un personnage de la manière la plus complète en observant la plupart acteurs américains.

Ensuite, inévitablement, il y a eu Jean-Laurent Cochet. J’avais 34 ans lorsque j’ai assisté à une master class qu’il donnait, et j’ai compris et aimé tout ce qu’il disait. Il a changé la vie de centaines de comédiens (si ce n’est davantage).

Il m’a appris à comprendre un auteur (je ne dis pas que j’y parviens à chaque fois !) en s’oubliant soi-même afin d’être le plus objectif possible pour mieux le servir. Un auteur, c’est un rythme, un univers, un monde singulier à chacun, un état d’esprit, un désir de transmettre quelque chose de particulier au public…

Et puis il comprenait l’humain. Non seulement les personnages dont il pouvait écrire un livre sur la moindre soubrette d’une pièce, mais aussi le comédien qui était sur le plateau. Il voyait le potentiel du comédien dès la première fable qu’on lui présentait.

Je pourrais parler de lui pendant des heures tant il a apporté de choses essentielles à ma vie. Je travaillais  jusqu’à 10 rôles en même temps chez lui, j’en ai travaillé certains pendant 4 ans…

En juillet, vous participez  au Festival d’Avignon en tant que metteur en scène. Comment vivez-vous ces trois semaines du Festival OFF 2019 ?

Je ne reste pas les 3 semaines sur Avignon. Les comédiens sont autonomes maintenant et ils savent s’auto-corriger. J’y vais une fois par semaine pour voir leur évolution et je trouve cela merveilleux.

Qu’est-ce qui vous a séduite dans le projet de John Patrick Shanley (scénariste, producteur de cinéma et réalisateur américain né à New York) de mettre en scène la pièce de théâtre “Danny and the Deep Blue Sea”, que vous jouez pendant ce festival d’Avignon, au Pixel Avignon Salle Bayaf, du 5 au 28 juillet à 11 heures ?

C’est Vincent Simon qui m’a proposé la mise en scène de cette pièce qu’il a lui-même découverte avec Estelle Georget. C’est donc eux que je mets en scène. C’est la deuxième fois que nous travaillons ensemble avec Vincent ( la dernière fois c’était pour une autre pièce américaine, « Orphans » de Lyle Kessler, qui n’avait jamais été jouée en France).

Comme d’habitude avec le théâtre américain, le passé difficile des personnages a une influence forte dans leur vie, et un événement vient leur suggérer de transformer des choses en eux pour pouvoir avancer.

Ceux sont des personnages réalistes, que nous pourrions croiser dans notre vie.

Dans « Danny and the Deep Blue Sea », les 2 personnages principaux ont un parcours émotionnel hors du commun mais le coeur est resté pur malgré les apparences dures et violentes. L’amour qu’ils éprouvent l’un pour l’autre va les obliger à faire tomber leur masque et surtout, à abandonner le rejet qu’ils ont d’eux-même… gros travail !!!

Vous sentez-vous attirée par le théâtre bilingue ?

Par le théâtre américain surtout. Je ne connais pas beaucoup les autres nationalités. C’est le côté très puissant et très réaliste qui m’attire. Je me reconnais beaucoup là-dedans.

À travers vos rôles au théâtre en général, se dégage-t-il un dénominateur commun ?

Je ne peux pas vraiment dire q’il y ait un seul dénominateur commun…

Il y a les femmes de caractère, celles qui aiment, celles qui souffrent, celle qui sont drôles, celles qui sont doucement folles, celles qui se battent… et parfois tout cela est regroupé chez une seule d’entre elles !

Avez-vous une phrase, une citation ou une règle qui vous guide dans votre carrière ?

“Il n’y a pas de difficulté qui ne puisse être surmontée par un surcroît de travail.” (JL Cochet)
“Fidèle à l’auteur, efficace pour le public.” (Louis Jouvet)
“La scène est le refuge des êtres trop beaux.” (Lili Lehmann)

D’autres pièces de ce Festival vous ont-elles impressionnées, et pourquoi ?

“Hugo l’interview” de Yves-Pol Déniélou, mis en scène par Charlotte Herbeau au théâtre de l’Essaïon à 11h45. Yves-Pol “parle” les mots que Victor Hugo a déclarés. Il répond à une journaliste qui l’interroge sur la vie, lui demande son avis sur divers sujets, et toutes les réponses sont de Victor Hugo lui-même. L’intelligence au théâtre nourrit ceux qui sont dans la salle.

Quels sont vos projets au théâtre, au cinéma ou à la télévision pour la saison 2019/2020 ?

J’ai quelques rôles pour le cinéma et la télévision mais comme vous le savez, on en parle rarement avant que les choses ne soient vraiment faites…

“Orphans” (de Lyle Kessler), la pièce que j’ai mise en scène avant “Danny and the deep blue sea” se rejouera sûrement l’année prochaine à Paris.

D’autres projets viendront sûrement, comme c’est toujours le cas dans notre métier.

Merci beaucoup !


About the Author

est originaire de Versailles. Elle a toujours voulu découvrir le monde, ce qu'elle a fait à partir de 17 ans lorsqu'elle a eu la chance d'étudier à l'étranger à Rhonda, en Espagne. Elle a parcouru le monde de Hong Kong à Taiwan, de l'Irlande à l'Autriche, en passant par le Luxembourg, le Liechtenstein et Monaco, et a découvert l'ensemble des pays de l'Italie et du Maroc. Elle se sent réellement citoyenne du monde. Elle s'est enfin installée plusieurs années à Los Angeles où elle a travaillé au Consulat de France à Los Angeles. Passionnée par les arts et l'histoire, elle a obtenu une Licence en histoire de l'Université de Californie à Berkeley et a étudié un programme de maîtrise en éducation à l'Université de Californie du Sud. Elle a enseigné le français à UNLV et CSN au Nevada. Elle est la fondatrice et la rédactrice en chef du French Quarter Magazine, dans lequel elle écrit, interviewe des personnes dans des domaines très variées, propose des idées d'écriture aux écrivains et aux journalistes, prend des photos et écrit actuellement son premier livre traduit sur la vie de Coco Chanel qui est remplie d'aventures, d'intrigues, d'histoire et d'amour.



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