Fashion

Published on septembre 9th, 2019 | by Philippe Traversian

0

Yazemeenah Rossi : « Je suis une extra-terrestre ! »

20 heures mardi soir (heure française), une douce voix de jeune femme que j’espérais entendre depuis longtemps, me parle depuis la Californie !

Le mannequin senior français le plus célèbre de la planète a trouvé un moment entre shootings et interviews pour me confier ses émotions et projets du moment.

J’ai découvert Yazemeenah cette femme atypique, à la chevelure argentée éblouissante, sur le plateau de France 2 dans l’émission ‘’ça commence aujourd’hui’’ animée par Faustine Bollaert. Son charisme évident et immédiat a séduit l’auditoire, son discours très intelligent, son magnifique chemin de vie, ont fini de nous convaincre. Son fils invité surprise, avec sa petite-fille, a trouvé les mots pour évoquer son incroyable maman : ‘’L’Elfe du seigneur des anneaux, c’est ma mère.’’ Un personnage magnétique et fantasmagorique, habitant une planète sublime idéale…

« Il m’a fait un merveilleux compliment mais c’est vrai que je suis une extra-terrestre, je suis connectée dans la 5ème dimension, hors du temps ! »

Une visionnaire, toujours en avance d’une galaxie.

« J’ai commencé les autoportraits, à New York, il y a 15 ans, » confie-t-elle, « les réseaux sociaux, ce n’était pas mon truc. C’est ma fille qui a ouvert mes comptes. En 2015, j’ai posté sur le Net des photos et des vidéos en maillot de bain chez moi à Malibu et de manière totalement inattendue, ces images ont fait le tour de la planète. Depuis, on me sollicite presque tous les jours. Je donne des interviews pour des magazines et des télés du monde entier ! 

Sollicitée non-stop, son nouveau statut de ‘’star’’ ne change qu’une chose pour elle : « C’’est important dans la mesure où ça me permet d’informer les gens sur ma façon de vivre. La qualité de vie dans la simplicité, c’est mon crédo. Jeunes, moins jeunes, j’ai beaucoup de demandes. »

Une étonnante fourchette de 24 à 35 ans ! Si elle correspond à l’époque, en étant totalement en phase avec l’air du temps, elle n’a pas attendu les prises de conscience actuelles pour montrer la voie. Précurseur d’une vie saine au grand air, naturelle, visant au bien-être physique et spirituel.

« J’ai toujours refusée par exemple de teindre mes cheveux » argumente-t-elle avec conviction, « J’étais la seule à Paris avec mes cheveux blancs. Quand je suis arrivée à New-York à l’âge de 45 ans, c’était pareil. On était cinq ou six chez Ford avec des cheveux poivre et sel. On m’arrêtait sans arrêt dans la rue. Aujourd’hui les jeunes se teignent les cheveux, alors que moi, c’était par souci de rester naturelle. »

Convertie depuis plus de trente ans au yoga et à la méditation, la belle Yazemeenah revendique une vie basée sur quelques principes : diététique, spiritualité, positivité, affranchissement des pressions sociales et familiales. « Je n’ai jamais voulu tricher dans ma vie. Plus jeune, je pleurais mon manque de poitrine. C’est bien pratique aujourd’hui, ça me donne une allure plus jeune ! Je n’ai jamais voulu cacher non plus mes cheveux blancs apparus dès l’âge de douze ans, malgré les nombreuses pressions reçues, ni succombé encore à la chirurgie esthétique. Si je le fais, je le dirai. Je reste ouverte sur la vie et je me laisse envahir par elle. Se sentir en harmonie, c’est le message que je désire transmettre aux jeunes femmes qui me suivent sur le Net et me félicitent pour l’image que je dégage. »

Naturelle et authentique

C’est à New-York qu’elle commence les autoportraits : « J’en avais marre des photos au travail, je les trouvais moches. Je suis donc partie dans le désert réaliser mes premiers clichés. L’agence a trouvé qu’elles n’étaient pas assez beauté… Il fallait les retoucher. Il y avait pourtant une demande d’authenticité. »

Suffisamment sûre de son talent, voyageant dans des contrées inhabituelles, elle propose à Ford avec quinze ans d’avance, le travail que font aujourd’hui les blogueurs ! Prenant le contre-pied absolu de son métier.

Il y a 4 ans, elle change légalement son nom, au terme d’un travail d’introspection personnel.  « Ma première langue, c’était le corse Je m’appelais Yasmina, mais ils disaient Ghjasimina. J”ai choisi Yazemeenah et depuis, beaucoup de choses ont changé dans ma vie. Comme une reconnaissance, il y a eu une explosion sur Internet. Mon identité était enfin en place ! »

Dans ce sud-Ouest des Etats-Unis, à Malibu face à la plage, où elle vit, berceau des terres indiennes, elle renoue avec un étrange destin. « Ma grand-mère ressemblait à une native indienne, elle avait un corps de ballerine. J’ai rencontré au nouveau Mexique un indien qui m’a révélé qu’en ne changeant aucune lettre, juste en le séparant en deux, mon nom signifie bol de sel. La boucle était bouclée. L’eau, le sel, l’océan, c’est important pour moi. Pourtant pendant huit ans à New-York, jamais je n’aurai imaginé émigrer vers la côte Ouest, ça m’a pris d’un coup en venant ici en hiver. »

Une notoriété soudaine la propulsant comme une fusée en tant qu’Ambassadrice mondiale du bien être ! « Ma vie a complètement changé, J’ai compris que mon physique était utile pour transmettre mes valeurs. »

Aujourd’hui, elle se considère avant tout comme une artiste, avec une âme d’enfant, réfutant mordicus le terme de selfie pour des auto portraits qu’elle travaille de manière élaborée. « J’ai toujours adoré la photo, devant et derrière l’objectif, car c’est lié au mystère de l’humain. C’est de la magie. Je prône la joie et la beauté de créer. J’imprime mes photos sur du cachemire, j’ai créé avec des artisans de LA un bracelet en argent dont je rêvais depuis dix ans, je fabrique des sacs avec des photos imprimées sur de la toile à peindre. C’est très texturé, organique, je fais beaucoup de photos d’eau, de reflets. »

Ses nombreuses et sublimes photos sur les dunes de Californie, dans des paysages somptueux, lui procurent ce sentiment de liberté, qui séduisent tant ses admirateurs. « Ta dimension intérieure devient sans limite. Ayant grandi sans eau courante, ni électricité sur l’île de Beauté, ça t’oblige à rester en contact avec la nature. C’est la lumière qui compte. Et puis j’ai un tempérament de contemplative, tu fais le lien avec toi-même. La nature est notre miroir. »

As-tu toujours entretenu un rapport étroit avec ton corps, est-il le même aujourd’hui ?

« Oui, mais il a évolué. Plus jeune, les gens pensaient que j’étais prof de sport. Je faisais du windsurf et de la natation en Corse. J’ai toujours été fascinée par le côté magique du corps, comment ça fonctionne ?  J’ai commencé le yoga à 20 ans avec un employé de mon père sur la plage au lever du soleil. La spiritualité a toujours compté, c’est être connecté avec son esprit pour appréhender le monde, pour trouver des solutions, pour avancer, affronter des situations difficiles. »

Elle commence le mannequinat à 28 ans, quand la plupart arrêtent, lorsqu’une amie lui propose de remplacer au pied levé un mannequin cabine au salon du prêt-à-porter à Paris. Saint-Laurent, Mugler, Lacroix, elle se rend plusieurs saisons de suite au Japon, est retenue pour des pubs télé, divorce, se remarie, devient photographe, réalise les books de ses consœurs.

Spiritualité, quête de sens, générosité, santé, alimentation, équilibre, vie au grand air, en harmonie avec la nature, toujours très belle après 60 ans,’’ la plus jolie grand-mère du monde’’, correspond de façon étonnante à son époque :

« J’ai toujours eu l’impression que je n’étais pas dans la bonne époque. An l’an 2000, j’ai eu mon premier ordinateur à New-York, je ne l’ai pas ouvert pendant un an, je ne savais pas comment m’y prendre. Maintenant oui. »

Le jeunisme ? « Je constate le vieillissement mais je n’y ai jamais songé. On ne peut rien faire contre, c’est un phénomène naturel. Ce n’est pas un ennemi. Il faut l’admettre, c’est tout. Ne perdons pas notre énergie à lutter contre le courant. Nous sommes tous uniques. Voyez ce que vous d’unique et mettez-le en avant. Faites quelque chose avec ça, c’est votre richesse. »

La beauté ? « Elle est omniprésente dans ma vie, je peux en parler durant des heures. C’est la dimension du divin, elle nourrit l’âme. L’être humain a besoin d’exprimer la beauté. »

Elle vit sans télé, dans un environnement paisible, se nourrit, de musique, de films, de lectures, sélectionne ses news, s’entoure de personnes positives, nécessaires à son bien-être. Elle pense au cinéma ; « Si ça se présente, je prends des cours depuis longtemps. Je dois écrire mon livre, j’ai ce projet de transmission depuis 25 ans sur ce qui me fait du bien. »

Un joli moyen d’entrer encore plus en résonnance avec les autres. Ses fans vont se l’arracher !


About the Author

est né en 1957 à La Varenne dans la banlieue parisienne, surnommée le Hollywood parisien dans les années 30. Philippe a commencé sa carrière de journaliste dans le journal de cette commune avant d'entrer à l'Echo Républicain. Il a été engagé par Alain Génestar qui dirigera Paris Match durant dix ans. Il a été journaliste sportif pendant 5 ans à Chartres, puis dix à Rambouillet où il a travaillé en étroite collaboration avec le maire futur président du Sénat, Gérard Larcher. Devenu biographe en 2013, ses origines arméniennes le mènent à se passionner pour l'histoire familiale. Passionné de cinéma, de sport et de culture, il est également un amoureux fervent de l'Amérique et plus particulièrement de la Californie qu'il rêve de découvrir.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑