Interviews

Published on janvier 4th, 2020 | by Isabelle Karamooz, Founder of FQM

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Interview de Olivier Lejeune, un artiste aux multiples facettes

Cet homme de théâtre n’a de cesse de travailler et à plusieurs mises en scène sur les routes, trois pieces de Patrick Sébastien, une dont il nous parle ici dans cette interview, “Le Secret des Cigales,” une autre “Le Sommelier” avec Philippe Chevallier et Didier Gustin. Le comédien et humoriste Olivier Lejeune, connu pour ses exercices stimulant la mémoire et auteur de « Mémoire d’éléphant » chez Hachette – le grand public se rappelle de lui également pour ses prestations dans les émissions télévisées de Philippe Bouvard (« Les Grosses  têtes ») et de Fabrice (« La Classe »). Son actualité est chargée et l’année 2020 se promet encore plus chargée : son one-man-show « Mieux vaut en rire » est toujours à l’affiche à Paris (au Don Camilo) et en tournée. Parallèlement, tandis que ses nouvelles pièces « Une Chance Insolente » et “Louis XVI.fr,” qu’il met en scène se joueront à la rentrée 2020, il continue de jouer jusqu’en mai 2020 dans la pièce de Robert Lamoureux « Si je peux me permettre. » Merci à lui d’avoir pris quelques instants pour parler de la pièce “Le Secret des Cigales” et de sa collaboration avec son ami Patrick Sébastien.

Olivier Lejeune
Crédit Photo : Olivier Lejeune Production

Quel est le sujet de la pièce de Patrick Sébastien “Le Secret des Cigales” que vous mettez en scène?

Vous trouverez le résumé de la pièce de Patrick Sébastien sur mon site : www.olivierlejeune.fr en cliquant sur  “le Secret des Cigales.”

“Une histoire de famille sous le soleil de Provence, des sourires, des rires et de l‘émotion. Le tout servi par un scénario étonnant et un texte porté par l‘accent. 

Honoré vit seul dans son mas provençal avec Hyppolite, un garçon simple et serviable qu’il considère comme son fils. Il reçoit la visite de Jeanne, sa sœur. Cette dernière est venue pour tenter de comprendre les raisons de l’absence de son frère à l’enterrement de Marie-Louise, celle qui fut son grand amour. Mais Jeanne n’est pas venue seule, Joséphine, la fille d’Honoré l’accompagne…”

Depuis quand avez-vous commencé à travailler ensemble avec Patrick ?  Quel élément a déclenché votre collaboration pour ce spectacle?

Je connais Patrick Sébastien depuis l’année 1972. Je faisais un spectacle avec mon partenaire de l’époque Patrick Green (duo Green-Lejeune) à Brive la Gaillarde. A l’issue de la représentation, j’étais allé prendre un verre à la brasserie en face de la salle de spectacle et Patrick Sébastien, qui habitait la région et qui n’était pas encore imitateur mais chanteur dans un groupe avec des copains à lui, est venu me voir au bar et m’a dit : « j’aimerais être imitateur, je vais peut-être monter sur Paris, est ce que vous pourrez me donner un coup de main ? » 

Il était très gentil. Il m’avait tutoyé et très gentiment j’avais répondu positivement à toutes ses demandes et cela, il ne l’a jamais oublié. Une des grandes qualités de Patrick Sébastien c’est sa fidélité en amitié.  Depuis ce jour-là a débuté une amitié indéfectible. Il m’a toujours tendu la main pour travailler à ses côtés. Ce fut un véritable bonheur et j’ai toujours une admiration sans borne pour lui. Pour moi, c’est le plus grand créatif actuel de la télévision française et France 2 a eu vraiment tort de s’en séparer car c’est un homme qui a tous les talents. Il est capable de pouvoir aussi bien écrire une pièce en dix jours, qu’un téléfilm policier, ou un livre qui relate sa maman : “Tu m’appelles en arrivant.” Ce gros succès de librairie, que l’on ne peut pas refermer sans sangloter, fait appel aux grands sentiments. Patrick est vraiment un homme capable de la plus grande finesse comme de la plus grande convivialité, dirons nous.

Etes-vous un metteur en scène qui prenez des libertés avec le texte? Patrick Sébastien vous laisse-t-il un espace de création?

Ayant fait beaucoup de théâtre de boulevard et  écrit moi-même des textes, je rajoute parfois  de l’effet comique, en déplaçant un mot plutôt en fin de phrase, en rajoutant une respiration ou en supprimant un ou deux mots qui alourdissent la phrase pour rendre le tout plus efficace. En principe, je suis très fidèle et je respecte le travail. En tant que comédien, je ne me permettrai pas. En tant que metteur en scène et avec l’accord de l’auteur bien sûr, j’ai fait pas mal de modifications et là sur la pièce de Patrick Sébastien “Le Sommelier” que je mets en scène cette saison avec Philippe Chevallier et Didier Gustin, il m’a laissé complètement carte blanche. Il m’a envoyé un message dithyrambique quand il a vu le résultat à l’arrivée. Il n’a pas suivi les répétitions et  m’a vraiment complimenté parce que j’avais dégraissé tout ce qu’il fallait et  gardé l’essentiel. J’ai apporté quelques réactualisations du texte par rapport à l’actualité et quelques formules, mais à 95% c’est du Patrick Sébastien pure sucre pur fruit.

Comme Patrick joue lui-même dans  “Le Secret des Cigales” il est plutôt resté un peu maître à bord, j’ai eu un peu moins de liberté pour “malaxer” le texte mais je pense que ce n’était pas nécessaire car le travail préalable était formidable et Marcel Pagnol, à qui on a donné à Patrick une filiation pour cette pièce, aurait certainement accepté que l’on signe  en son nom.

Les théâtres jouent à guichet fermé, c’est un réel engouement depuis la première représentation, quel est le secret d’un tel succès?

Le secret d’un succès c’est le bouche à oreilles. Quand une pièce est bonne cela se sait très vite. Une pièce dans laquelle on alterne comme pour « Le Secret des Cigales, » rires et émotions, un peu comme le grand spectacle populaire tel que Marcel Pagnol le faisait. On riait du valet de ferme un petit peu simplet, ce qui est joué admirablement par Yves Pujol et en même temps on partageait l’émotion du héros, de cet homme qui souffre avec ce bon sens populaire, cette langue ensoleillée donc voilà. Je crois que le succès c’est le dépaysement, se retrouver en tant que spectateur, pouvoir s’identifier aux personnages et en même temps pouvoir rire des travers de ses contemporains en se disant : « si c’était moi qui étais sur scène, peut-être que je réagirais de la même manière en tout cas j’essaierais de m’en tirer comme le font les personnages. »

Olivier Lejeune
Crédit Photo : Olivier Lejeune Production

Qu’est-ce qui vous intéresse dans la démarche d’aller jouer en Province?

En fait ce qui est intéressant c’est  d’abord  une manière de roder un spectacle si je puis dire. Le spectateur de Province est nettement moins blasé que le spectateur parisien. 700 à 800  spectacles sont présentés tous les soirs à Paris alors qu’en Province souvent vous êtes accueilli  comme le messie. Quand une ville de Province joue trois ou quatre pièces par an c’est l’événement, c’est une fête d’aller au théâtre. Après, la troisième mi-temps c’est la joie de rencontrer les spectateurs, de discuter avec eux, il y a vraiment encore un esprit très chaleureux très accueillant en Province et puis un rire frais payé comptant, c’est à dire qu’il  “rigole” sans se poser de question, il n’y a pas de d’intellectualisme, c’est vraiment la fête, le moindre comédien est reçu comme un roi et  la soirée se termine souvent en gaieté en parlant avec les spectateurs. A Paris, ce qui est très frappant c’est que vous pouvez avoir fait un gros succès, le rideau se ferme, tout le monde s’en va très vite et le comédien sort tout seul dans la rue alors qu’il a fait rire 800 à 900 personnes, j’ai toujours aimé ce paradoxe.

Quelles réactions souhaitez-vous susciter chez les spectateurs?

La phrase la plus jouissive pour un auteur, pour un metteur en scène et pour un comédien, c’est « merci grâce à vous, j’ai oublié tous mes soucis, vous m’avez changé les idées et j’en avais besoin. » Souvent j’ai vu des yeux remplis d’émotion et de larmes de remerciement de personnes qui avaient une vie pas facile. Nous avons tous nos problèmes, mais c’est vrai que c’est magique de pouvoir pendant deux heures communier tous ensemble. Quand vous êtes sur scène et que vous sentez que toute la salle adhère aux rires, adhère à l’émotion que vous transmettez, c’est vraiment un acte d’amour d’être sur scène et d’avoir toute une salle de 800 à 900 personnes à l’unisson ; c’est comme une messe, une communion, un partage et donc très souvent, le comédien arrive fatigué au théâtre dans sa loge avant la représentation et après le spectacle le spectateur vous dit : « vous devez être épuisé…» Eh bien, pas du tout au contraire, c’est comme si on avait fait 2 heures ou 3 heures de sport à haute intensité, en même temps c’est très dopant l’énergie que vous donne un public, c’est énorme, c’est de l’EPO. Il y a une force extraordinaire que l’on va puiser dans le public.

Olivier Lejeune
Crédit Photo : Olivier Lejeune Production

Si vous deviez choisir un mot pour qualifier “Le Secret des Cigales” ce serait…?

Si je devais choisir des mots pour qualifier “Le Secret des Cigales” ce serait, enthousiasmant,  rafraîchissant… Voilà, je pense que je ne trouve pas d’autres mots. Chapeau Monsieur Patrick Sébastien. 

SAISON 2019 – 2020 :

ONE MAN SHOW :

“Mieux vaut en rire”

En tournée en France, Belgique , Monaco, Suisse,

Portugal, Emirats Arabes Unis    

EXCLUSIF – SEANCE DE PRISE DE VUES EN STUDIO AU PALAIS DES CONGRES DE PARIS OLIVIER LEJEUNE CREDIT:REYNAUD/ZANNONI/APS-MEDIAS

THEATRE :

“Si je peux me permettre” de Robert Lamoureux. Mise en scène de Joeffrey Bourdenet. En tournée à partir du 28 Septembre 2019 à Mai 2020.

“Le Sommelier” de Patrick Sébastien. Mise en scène de Olivier Lejeune. En tournée à partir du 02 octobre 2018.

“Le Secret des Cigales” de et avec Patrick Sébastien. Mise en scène de Olivier Lejeune. En tournée à partir du 3 Octobre 2019 à Mai 2020.

“Une Chance Insolente” de et avec Olivier Lejeune. Mise en scène de Olivier Lejeune. En tournée à partir de Septembre 2020.

“Louis XVI.fr” de et avec Patrick Sébastien. Mise en scène de Olivier Lejeune. En tournée à partir de Septembre 2020.


About the Author

est originaire de Versailles. Elle a toujours voulu découvrir le monde, ce qu'elle a fait à partir de 17 ans lorsqu'elle a eu la chance d'étudier à l'étranger à Rhonda, en Espagne. Elle a parcouru le monde de Hong Kong à Taiwan, de l'Irlande à l'Autriche, en passant par le Luxembourg, le Liechtenstein et Monaco, et a découvert l'ensemble des pays de l'Italie et du Maroc. Elle se sent réellement citoyenne du monde. Elle s'est enfin installée plusieurs années à Los Angeles où elle a travaillé au Consulat de France à Los Angeles. Passionnée par les arts et l'histoire, elle a obtenu une Licence en histoire de l'Université de Californie à Berkeley et a étudié un programme de maîtrise en éducation à l'Université de Californie du Sud. Elle a enseigné le français à UNLV et CSN au Nevada. Elle est la fondatrice et la rédactrice en chef du French Quarter Magazine, dans lequel elle écrit, interviewe des personnes dans des domaines très variées, propose des idées d'écriture aux écrivains et aux journalistes, prend des photos et écrit actuellement son premier livre traduit sur la vie de Coco Chanel qui est remplie d'aventures, d'intrigues, d'histoire et d'amour.



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