Dans les années 80, la cuisine santé ava..." /> Plus ça change, plus c’est la même chose… – French Quarter Magazine

Voyage

Published on février 12th, 2020 | by Kevin Dauphinee

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Plus ça change, plus c’est la même chose…

Dans les années 80, la cuisine santé avait tendance à choisir le poisson et la volaille comme plat principal dans les restaurants.

En suivant cette tendance, le Chardonnay est devenu la sélection de vin préférée des dîners gourmets et de qualité. Si répandu et d’un bon qualité-prix, le Chardonnay est devenu aussi la boisson de choix au comptoir, dans les soirées, les réceptions de mariage et les événements de ce type. Tout le monde buvait du Chardonnay. Jusqu’à ce que la mode change. Surproduction, des bouteilles insipides et des engouements capricieux ont conduit à des changements d’habitude. Mais ce qui avait conduit à la popularité du Chardonnay à l’origine, c’était bien la qualité indubitable des raisins traditionnels, le terroir et le savoir-faire des vignerons.

Ayant vécu au nord de la Californie dans les années 80 et 90, je visitais régulièrement les vignes et les vignobles le weekend. La fermentation malolactique, le sol enrichi par l’argile ou le calcaire sont devenus des sujets habituels pour amorcer les conversations. De Napa à Sonoma et, plus bas, à Santa Barbara, notre recherche pour le pénultième Chardonnay n’en finissait pas. Puis, autour de 1995, alors que je visitais Paris, un collègue me suggéra de conduire jusqu’à la Côte d’Or et de goûter le Chardonnay français à sa source.

“Je visitais régulièrement les vignes et les vignobles le weekend” – Kevin Dauphinee

Une fois sorti de la banlieue sud de Paris, la route ne pouvait pas être plus pittoresque. Une gastronomie française exceptionnelle peut seulement provenir d’une agriculture exceptionnelle, laquelle est pleinement visible pendant les trois heures qui m’ont mené à Beaune, le cœur de la Côte d’Or. Avec des vignes à perte de vue dans toutes les directions, qui constituent 15% de l’économie de la région, la comparaison avec la Californie du Nord vient immédiatement à l’esprit. Ce qui m’a frappé dans la ville de Beaune est l’architecture, en particulier les toits au motifs géométriques qui évoquent un conte de fées. Mais la visite était consacrée à la gastronomie et au vin, avec, bien sur, une touche romantique.

Découvrir la dégustation de vin de Olivier Leflaive (www.olivier-leflaive.com) ne pouvait pas mieux tomber. Située alors dans une ferme traditionnelle juste à la sortie de la place de Puligny, notre hôte Pascal nous présenta les raisins de Chardonnay et leur glorieuse transformation de l’Aligoté au Montrachet. Servis avec des charcuteries de campagne françaises, il s’agissait d’une exploration de la viticulture par excellence.

Nous avons appris que ce qui sépare un cépage d’un autre est le terroir – là où les raisins poussent, la composition du sol, l’exposition au soleil et l’eau qui nourrit le fruit. On nous dit alors, une nouvelle fois, que les vignes du Montrachet étaient irriguées naturellement, sans intervention d’irrigation au goutte à goutte et autres moyens créés par l’homme. Et ce terroir change progressivement, avec l’Aligoté qui, lui, provient du côté est de la route principale, la D 974.

Puis, à l’ouest, près de la ville de Puligny-Montrachet, les raisins du Village sont cultivés et récoltés. L’Aligoté est un vin rafraîchissant pour le quotidien, peut-être préféré pétillant. Les vins du Village pour l’après-midi et le dîner commencent à laisser deviner quelque chose de plus substantiel.

Et puis, on passe aux choses sérieuses. Nous avons commencé avec un Premier Cru Puligny-Montrachet, deuxième sur l’échelle de qualification et une merveille à contempler. Ici, le relief change, avec une légère montée, différenciant les vignobles et les appellations. L’omniprésence du “chêne” et de la “vanille” qu’on trouve dans tant de Chardonnay Californiens était absente en faveur d’une minéralité claire, de suggestions d’abricot et d’agrumes. Le grand Sonoma-Cutrer Les Pierres vint à l’esprit, notamment pour sa minéralité, et ses notes de citron vert et de melon. Ce qui suivit allait changer mon appréciation des Chardonnay pour toujours et imposer des visites répétées dans la région.

Pour quelques euros de plus, on nous offrit de goûter quelques Grands Crus, pas moins de six provenant de la superbe parcelle d’à peine 20 acres (un peu plus de 8000 mètres carrés) – Le Montrachet, Chevalier-Montrachet, Chassagne-Montrachet, Bâtard-Montrachet, Criots-Bâtard-Montrachet. Ces appellations correspondent à toute la région, qu’on peut savourer le mieux du portail de pierre de Chevalier-Montrachet dans le soleil de l’après-midi. A cette heure-là, aucun amont de charcuterie de campagne n’aurait permis de stabiliser l’alcool, nous avons donc choisi de goûter seulement trois vins le Bâtard-Montrachet, le Criots-Bâtard-Montrachet and le haut de gamme Montrachet. Le lendemain, j’ai dû me référer à mes notes pour rafraîchir ma mémoire embrumée et décidé dans la foulée que visiter Puligny une seule fois, ce n’était pas assez.

Vignobles Montrachet

Quelques années plus tard, j’étais de retour en Côte d’Or, une visite cette fois centrée sur Meursault, à quelques km au nord-est de Puligny. Je suis arrivé en fin d’après-midi en provenance de Paris, ayant réservé à l’avance, sur le conseil d’un ami parisien, un dîner de poisson au Chevreuil avec un Premier-Cru Meursault. A moins que le dîner soit très fastidieux, les Premier-Cru Chardonnay de la Côte d’Or sont très satisfaisants et se marient bien avec les poissons et les volailles. Les Grands-Crus sont à réserver pour les occasions spéciales et ils valent le coup, mais il faut y mettre le prix. Récemment, un petit vignoble a été cédé pour l’équivalent d’un million de dollars par acre, alors apprêtez-vous à compter vos billets quand vous commandez un Grand Cru Montrachet.

Vignobles Batard Montrachet. Puligny Montrachet, Côte de Beaune, Côte d’Or, Bourgogne, France. Crédit photo: Karisson (www.bkwine.com)

Beaucoup de ressources sont disponibles pour visiter et goûter le vin dans la région, aussi, si vous avez un penchant pour un bon Chardonnay et voulez en savoir un peu plus sur les origines de ce vin remarquable, réservez 3 ou 4 jours pour visiter la région et apprécier tout ce que la Côte d’Or peut offrir. Lors de ma prochaine visite, j’ai l’intention de me concentrer sur le Pinot Noir. Alors, a la prochaine fois, au revoir!

Cet article a été traduit en français par Anne-Cécile Baer Porter.


About the Author

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est un résident de Las Vegas depuis 10 ans, arrivant de Pékin fin 2009. Sa carrière de 35 ans dans le secteur de la télévision est marquée d'un événement phare : les Jeux olympiques d'été de 2008 à Pékin. Aujourd'hui, Kevin résout des défis complexes pour les propriétaires d'entreprise et les familles en tant que planificateur financier chez Eagle Strategies, LLC et conseiller en placement et filiale en propriété exclusive de New York Life. La passion de Kevin pour la gastronomie, les voyages et le vin le pousse à visiter les vignobles de Bourgogne, Toscane, Napa et Sonoma.



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