Interviews

Published on février 19th, 2020 | by Isabelle Karamooz, Founder of FQM

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Clarissa Perez, fière d’être une stagiaire à l’Inspiring Children Foundation à Las Vegas

Clarissa Perez est fière d’être une stagiaire à l’Inspiring Children Foundation à Las Vegas. Elle raconte son expérience en tant que survivante de la violence domestique et comment elle a surmonté son combat contre ses maladies mentales. En tant que jeune leader passionnée, elle s’efforce d’encourager les gens en utilisant la pleine conscience comme un outil d’autonomisation et de croissance. Elle utilise l’objectif de la Fondation Inspiring Children pour inciter les enfants à devenir des «professionnels dans la vie», à retrouver la tranquillité d’esprit et à partager la sagesse qu’elle a acquise avec sa famille, ses amis et, par la suite, sa communauté.
En novembre dernier, A New Concept Furniture a prêté son espace pour organiser un gala de bienfaisance, célébrant le partenariat du French Quarter Magazine avec la Chambre de commerce russo-américaine pour soutenir Inspiring Children Foundation. À cette occasion, nous avons rencontré Clarissa qui nous a parlé de son expérience avec la Fondation et de son rôle dans la communauté.

Clarissa Perez

Comment êtes-vous devenue une stagiaire auprès de la Fondation Inspiring Children à Las Vegas ?

Je suis de Seattle (Washington). Je n’étais jamais allée à Las Vegas auparavant et je n’avais jamais entendu parler de la Fondation. Cependant, en janvier j’étais en terminale, j’ai reçu un courrier m’informant que j’avais gagné une bourse appelée la Horatio Alger National Scholarship. C’est une bourse de 25,000 dollars pour les étudiants qui ont “affronté et surmonté de grands obstacles”, qui ont persévéré et sont actifs dans leur communauté.

Avec cette bourse, on est invité à la National Scholars Conference à Washington DC, où les boursiers de tous les USA et du Canada viennent recevoir leur prix et aussi diverses formations pour être prêts à entrer au College et comprendre comment trouver le soutien dont on a besoin, etc…

Au début, j’ai écouté Cheryl, qui est stagiaire et fait partie de la fondation Inspiring Children. Elle a partagé son histoire devant tout le monde, et a mentionné la bourse Rachel Hunter qu’elle a reçue ; elle a raconté comment elle a été capable d’être paisible à nouveau en pratiquant la pleine conscience et la méditation grâce à l’aide de la Fondation. Elle a traversé plusieurs épreuves, cela a affecté sa stabilité, et huit collèges ont refusé de l’admettre, mais cela n’a pas affecté la paix qui l’habite parce qu’elle savait que son estime d’elle-même ne dépendait pas d’événements extérieurs, mais de l’intérieur. Quand je l’ai entendue, je me demandais comment on peut ne pas se blâmer et être négatif quand on a été refusé par 8 collèges.

J’avais été refusée par deux collèges (un seul collège m’a admise) et je me souviens que je me sentais tellement nulle. Quand j’ai entendu cette fille qui irradiait de joie et parlait de son admission à Stanford après tant de rejets, c’était une telle inspiration. Plus tard, j’ai été capable de partager l’histoire de ma vie avec elle et elle m’a appris à méditer et comment la séparation de la pensée et du soi est si cruciale pour trouver la paix de l’esprit. Elle m’a dit qu’elle faisait partie de la Fondation Inspiring Children et m’a demandé si je voulais passer du temps avec eux et finalement j’ai pris l’avion pour las Vegas pour en savoir plus sur la Fondation.

Cherrial et Clarissa Perez

Comment votre expérience avec la Fondation Inspiring Children vous a-t-elle aidé à surmonter votre lutte contre la violence familiale ? La Fondation vous a-t-elle rendu plus persévérante et vous a-t-elle aidée à vous trouver pour prendre un nouveau départ dans votre vie ?

Je dirais que ça a changé ma vie parce que le troisième jour à la Fondation, Ryan Wolfington (le Directeur) m’a offert un stage à Las Vegas. Ces gens ont vu quelque chose en moi que je ne voyais pas moi-même, alors j’ai su que c’était l’occasion de changer de vie. Être ici m’a aidée à réfléchir à ce qui m’est arrivé pendant le cours de ma vie. J’ai subi des violences familiales en grandissant. Ma mère était toxicomane et elle était extrêmement abusive à l’égard de mon père. J’ai été témoin de beaucoup de violence. Elle ne m’a jamais frappé physiquement mais j’ai subi beaucoup de traumatismes émotionnels à cause de ça. Mon stress post-traumatique vient de ça.

Ça m’effraie encore quand j’y pense, mais ce que j’aime, c’est que la Fondation m’a appris à affronter ma peur, courir vers elle au lieu d’éviter le traumatisme, ce que j’ai fait pendant la plus grande part de ma vie. J’étais tellement en colère contre ma mère pour tout ce qu’elle a fait à notre famille. J’avais tellement de colère pour ce qu’elle m’a fait et pour n’avoir jamais été là quand j’avais besoin d’elle. Je ne pouvais jamais m’entendre avec elle. Beaucoup de cette colère s’est envolée. Je réalise que ma mère a pris des décisions parce que son esprit s’égarait. Elle était perdue dans sa maladie mentale et elle croyait probablement qu’elle ne se rétablirait jamais. Alors je dirais que la Fondation m’a aidée à guérir cette relation avec ma mère. Je continue ce processus de guérison mais une fois que j’ai été capable de commencer à réparer cette relation, j’étais capable de m’ouvrir à une guérison de ce traumatisme.

Je suis devenue plus persévérante parce qu’il y a une différence entre simplement survivre et puis persévérer et s’épanouir. Je sens que je ne suis plus en mode survie. J’étais en mode survie quand la dépression m’a frappée à 15 ans jusqu’à la terminale. J’étais suicidaire. Je me suis fait hospitalisée parce que j’étais un danger pour moi-même, mais à la Fondation, ils m’ont tant appris et ils m’ont permis d’avoir un pouvoir sur moi-même.

Je crois que vous avez suivi de nombreux programmes de la Fondation qui vous ont aidé à surmonter vos pensées négatives… Comment s’est passée cette expérience avec ces programmes et vous ont-ils aidé à vous décider pour le choix d’une carrière ?

Je ne suis pas encore allée au collège mais mon rêve serait de devenir une psychologue spécialisée dans une thérapie appelée thérapie de comportement dialectique, qui est ce que la Fondation utilise. Nous avons aussi rencontré les représentants de la filiale d’une école médicale Harvard appelée McLean Hospital avec un programme similaire. Il a un taux de succès de 97% pour la réhabilitation de patients avec maladies mentales et tendances suicidaires.

La Fondation a un autre programme qui a changé ma vie : comment manger de façon saine et faire de l’exercice. J’ai perdu 10 kg depuis que je suis là. Manger ce qu’il faut a amélioré ma santé mentale. L’éducation n’est pas tout. Je pense que manger sainement et faire de l’exercice vous permettent d’améliorer votre santé mentale. Les médicaments ne sont pas toujours la solution.

Je crois que Ryan Wolfington m’a permis d’observer mon potentiel. Les gens ici m’ont donné des outils pour que je m’évalue, m’aime et sois consciente de mon potentiel. Cherrial est aussi une personne très importante dans ma vie, parce que voir quelqu’un de mon âge qui a traversé des choses semblables aux miennes en termes de santé mentale et de parents émotionnellement abusifs, ça aide. Je sais que son père ne la soutenait pas vraiment non plus. Leur relation était toxique, mais savoir qu’elle a pu traverser tout ça et néanmoins s’en remettre, voir où elle en est aujourd’hui, ça m’a vraiment influencé parce qu’elle a 18 ans elle aussi. Elle a mon âge et elle est capable d’avoir cette paix qui m’inspire.

Mon père est celui qui m’inspire le plus. Il n’est pas né dans ce pays et je l’ai vu travailler vraiment dur pour arriver là où il est aujourd’hui. Il a été capable de se remettre d’abus et d’avoir perdu son ex-femme à sa toxicomanie, ainsi que son beau-fils, mon demi-frère, qui était un vrai frère pour moi. Il s’est toujours efforcé de travailler dur pour que je puisse aller dans une bonne école en grandissant parce qu’il connaissait la valeur de l’éducation. Il a travaillé dur pour que j’aille dans une école privée où je serais en sécurité.

Je connais beaucoup d’amis et des gens en général qui n’ont pas de père dans leur vie, tout comme je n’avais pas ma mère dans la mienne, mais avoir un père aussi fort et aimant m’a préparé à réussir. Son travail acharné, sa capacité à persévérer, sa capacité à apprendre une nouvelle langue et s’installer dans un nouveau pays m’inspire jour après jour à persister. Je suis heureuse d’avoir rejoint la Fondation. Je suis heureuse d’avoir été capable de guérir ma relation avec mon père parce que je souffrais tant et je crois que je projetais ma peur et ma colère sur lui. J’ai été capable de m’excuser et lui dire à quel point je l’apprécie et je l’aime.

Je crois qu’il y a beaucoup plus de discussions dans les médias et les films sur la santé mentale. On en parle davantage, mais honnêtement, je pense que les gens ne sont toujours pas prêts à écouter. Les gens considèrent toujours la santé mentale comme un sujet qu’il faut cacher alors que ceux qui ont ce problème ont besoin d’aide. Ce n’est pas un problème physique, comme une jambe cassée. La santé mentale est entièrement cachée à l’intérieur de la personne. Je crois qu’il y a besoin d’encore plus de validation et de dialogues et de plus d’empathie pour ceux qui en souffrent, ce que l’éducation peut aider à apporter.

I feel that the biggest misconception that people have with mental illness is that it’s a curse to have it, but I disagree with that. I think it’s something that is giving me a lot of perspective in my life. I have been able to feel emotions more intensely. I think I just have had to work a little harder. People need to work a little harder such as eating right, doing things that are good for them so that they can go out into the world and share positive energy with others.

Je crois que la plus grande idée fausse que les gens ont de la maladie mentale, c’est que c’est une malédiction d’en avoir une, mais je ne suis pas d’accord. Je pense que c’est quelque chose qui me donne beaucoup de perspective dans ma vie. J’ai été capable de sentir les émotions de façon plus intense. Je pense que je dois simplement travailler davantage. Les gens ont besoin de se donner du mal, par exemple en se nourrissant sainement, faire ce qui est bon pour eux, ainsi ils peuvent aller dans le monde et partager leur énergie positive avec les autres.


About the Author

est originaire de Versailles. Elle a toujours voulu découvrir le monde, ce qu'elle a fait à partir de 17 ans lorsqu'elle a eu la chance d'étudier à l'étranger à Rhonda, en Espagne. Elle a parcouru le monde de Hong Kong à Taiwan, de l'Irlande à l'Autriche, en passant par le Luxembourg, le Liechtenstein et Monaco, et a découvert l'ensemble des pays de l'Italie et du Maroc. Elle se sent réellement citoyenne du monde. Elle s'est enfin installée plusieurs années à Los Angeles où elle a travaillé au Consulat de France à Los Angeles. Passionnée par les arts et l'histoire, elle a obtenu une Licence en histoire de l'Université de Californie à Berkeley et a étudié un programme de maîtrise en éducation à l'Université de Californie du Sud. Elle a enseigné le français à UNLV et CSN au Nevada. Elle est la fondatrice et la rédactrice en chef du French Quarter Magazine, dans lequel elle écrit, interviewe des personnes dans des domaines très variés, propose des idées d'écriture aux écrivains et aux journalistes, prend des photos et écrit actuellement son premier livre traduit sur la vie de Coco Chanel qui est remplie d'aventures, d'intrigues, d'histoire et d'amour.



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