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Published on janvier 24th, 2015 | by Isabelle Karamooz, Founder of FQM

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Interview de Gaetano Benza, un vétéran de la seconde guerre mondiale à Las Vegas

Crédits de l’interview
Editeur de l’interview: Isabelle Karamooz
Intervieweur: Isabelle Karamooz
Rédacteurs: Isabelle Karamooz
Vidéastes: Maggie, Pascale Nard

Isabelle Karamooz: Bonjour Gaetano Benza, que faisiez-vous avant de rejoindre l’armée?

Gaetano Benza: J’ai reçu mon diplôme d’études secondaires. J’étais à l’école.

I.K .: Qu’est-ce que vous avez étudié?

GB: J’ai étudié l’aviation parce que je voulais être dans le Army Air Corp. Je voulais être mécanicien. Quand j’ai été diplômé, j’avais 18 ans. Mais l’armée ne m’a pas permis d’être mécanicien, ils m’ont mis dans un autre bataillon. J’ai eu l’impression d’avoir perdu quatre ans d’enseignement mécanique, j’espérais d’être mécanicien des moteurs. Ils ont choisi des gens qui n’étaient pas du métier pour les former, je ne comprends pas pourquoi.

I.K.: En quelle année avez-vous rejoint l’armée?

G.B.: En 1943.

I.K.: Dans quelle branche militaire avez-vous servi ?

G.B.: L’Armée.

I.K.: Vous étiez-vous enrôlé dans la guerre ou avez-vous été désigné ?

G.B.: J’ai été appelé. Je voulais m’engager. J’aurais dû m’engager, peut-être j’aurais obtenu ce que je voulais mais de tout façon…

I.K.: Sur quelle plage du débarquement avez-vous atterri en Normandie?

G.B.: J’ai atterri entre la plage de l’Utah et l’Omaha.

I.K.: Comment était-ce?

G.B.: Eh bien, tout d’abord, nous sommes partis… Moi, j’étais en Galles du Sud en Angleterre pendant neuf mois avant l’invasion. C’est là que nous avons appris que nous allions être chargé du déchargement des navires avec des bateaux amphibies, c’est la terre et la mer. Et, tout cela sous le feu nourri des avions. Alors, j’ai suivi les instructions. L’invasion a commencé, ils nous ont emmenés à Plymouth, en Angleterre. Nous avons formé une chaîne et après la mise à feu a commencé. Je me suis accroché aux cordes avec l’engin de débarquement, comme vous le voyez sur les photos. La seule chose, Isabelle, l’eau était très agitée et c’est une chose qui n’avait pas été prévu. En d’autres termes, les péniches subissaient des mouvements de haut en bas et les homes souffraient du mal de mer. Nous étions à la recherche de la plage coûte que coûte. Alors, quand est venu le temps de quitter la péniche, qu’ils ont tiré le plus possible vers la plage, j’ai sauté dans l’eau, j’avais de l’eau jusqu’à la poitrine (il fait le geste). J’ai récupéré mon M-1, mon sac et mon casque. Le sergent hurlait: «Allez à cette rive le mieux que vous le pouver. Si vous perdez votre arme, laissez-là, vous en retrouverez plus loin.” Un si grand nombre de GI ont été tués, un si grand nombre… Il y avait beaucoup de canons. Je n’ai jamais baisser les bras, je suis allé vers le rivage, je ne sais pas comment j’ai fait, le bon Dieu veillait sur moi parce que je n’ai pas été touché. Quand nous sommes arrivés sur la rive, naturellement, tout de suite, nous avons creusé des tranchées pour nous mettre à l’abris des éclats d’obus. Une des pires choses était le 88. Le 88 a été abattu sur les bunkers qu’ils ont alignés, monté et descendu tout le long de la plage. Ils ont tiré en l’air et c’est ce qui a tué beaucoup d’hommes. Notre casque était très lourd mais c’est lui qui nous a sauvé la vie… remercions le bon Dieu.
Quand nous avons été sur le rivage, nous avons creusé pendant un jour ou deux. Nous sommes restés là en permanence. Je ne sais pas si il y a des photos quelque part, (il fait le geste de chercher parmi le tas de photos). Nous ne sommes pas sorti de ces tranchées qui nous ont servi à décharger les navires du mieux que nous pouvions: le matériel, les fournitures médicales, les vivres, enfin tout le nécessaire.

I.K.: Pouvez-vous me parler de vos expériences les plus mémorables?

G.B.: L’atterrissage était le plus terrifiant, la peur… nous étions tous effrayés. La plupart d’entre nous, nous avions de 19 à 25 ans. Nous avions très peur, on ne savait pas si nous allions être porté mort ou blessé.

I.K.: Vous souvenez-vous des autres membres de votre unité?

G.B.: Oui, j’avais des amis, je vous ai montré, lui, Benjamin. Il est juste au-dessus. C’est Benjamin Donnits. Je me souviens de lui parce que c’était un ami très proche, nous étions du même âge. Mais quand j’ai retrouvé sa famille, il était déjà mort depuis deux ans. Il y a cinq ans, je suis venu passer une semaine en Normandie pour assister à la cérémonie. Un collègue m’a téléphoné: “monsieur Benza, je vous ai vu à la télévision et je vous ai reconnu. Mon image est paru avec mon nom et mon numéro de tenue. Il m’a appelé parce que son père était dans le même bataillon que moi. Il m’a dit : “Monsieur Benza, mon père était avec vous mais il ne sait jamais confié. Pourriez-vous nous dire ce qui est arrivé?” Je lui ai répondu : “Voulez-vous vraiment savoir?” Il a dit,”Oui, oui.” Il m’a demandé si il pouvait venir avec sa femme à Las Vegas, nous serions ravi de rencontrer quelqu’un qui a connu mon père. J’ai adoré, ils sont venus pendant deux jours. Je leur ai montré des photos, ils m’ont également des photos où j’étais present, malheureusement je ne les ai pas là. J’ai pu lui dire exactement ce qui s’était passé sur cette plage, la peur, très peur. On espérait resté tous en vie, on ne savait jamais la minute suivante.

I.K.: Y avait-il de victimes dans votre unité?

G.B.: Les pertes, oui.

I.K.: Quelle était votre vie quotidienne ?

G.B.: L’espérance. Les bombardements avaient lieu tous les soirs, j’étais avec un autre garcon dans la tranchée. Il y avait aussi deux hommes (deux tirailleurs) et nous nous entraidions pour ratisser la plage et remettre les planches qui avaitent été prise sur les bateaux américains et qui servaient à nous protéger des éclats d’obus pendant la nuit. Les grandes planches nous ont protégé, si elle n’avait pas été là, nous aurions été blessés. Pas le temps d’avoir un médecin, il y avait trop de monde. Nous avons été bombardés tous les soirs, ou presque, pendant deux semaines.

I.K.: Quel était le poids de votre sac à dos? Que contenait-il ?

G.B.: Il contenait les fournitures nécessaires au cas où nous serions blessés et quelques autres choses bizarres, de la nourriture, pas trop de chose.

I.K.: N’était-ce pas trop lourd?

G.B.: Assez lourd oui pour arriver jusqu’à la plage. Ca nous rendait très maladroit, ce n’était pas facile, nous avions le M1 et… c’était un véritable combat.

IK: A quel moment avez-vous ressenti le mal du pays? Etiez-vous stressé?

G.B.: Oui, Oui, j’étais stressé mais quelques semaines plutart, nous avons commence à recevoir des colis de nos famille. C’était de la nourriture américaine et c’était mieux que ces C-rations, une petite boîte (il fait le geste). C’était des légumes et des spaghettis. Etant italien, je n’aurai jamais échangé mes spaghettis pour des legumes, les Spaghettis c’est très important pour moi, c’est avec ça que j’ai grandi.

I.K.: Qu’est-ce qui était important pour vous à ce moment-là?

G.B.: La solidarité, oui, oui, nous nous sommes toujours entraidés. Et, nous prenions soin des uns des autres, si quelqu’un était en danger, nous étaient là de suite. Ouais.

I.K.: Pourquoi avez-vous reçu la Légion d’Honneur?

G.B.: Soixante-dix ans après, le Consulat de France m’a appelé et m’a dit: « M.Benza, vous serez deux personnes à recevoir la Légion d’Honneur. Au début, nous étions trois. A l’époque je travaillais. Mon patron n’a pas été très sympathique. (Je suis dans un salon de barbier). Il m’a dit qu’il était ennuyé que je ne puisse pas aller travailler, je lui aid it que c’était très important pour moi, que je n’aurais plus jamais la chance de recevoir la Légion d’Honneur du Consulat de France, l’une des plus hautes distinctions. Je suis fier de cette médaille. Nous avons eu une grande cérémonie. Je ne sais pas si vous y étiez à la Silverton quand ils m’ont remis la médaille?

I.K.: Que ressentez-vous aujourd’hui le fait d’avoir débarqué en Normandie?

G.B.: Bon, je suis fier, je l’ai fait. Et, l’armée a été fier de moi aussi. Ils m’ont demandé: “Et si c’était à refaire?” Oui, aussi dure que cela a été, je le referrai.”

I.K.: N’êtes-vous jamais revenu en France en Normandie? Etes-vous resté en contact avec des Français?

G.B.: J’ai rencontré beaucoup de français, j’étais un jeune homme, j’ai fait la connaissance de beaucoup de jeunes filles, surtout une qui s’appelait Michelle. Elle était très agréable. Son père travaillait dans notre camp pour l’entretien. Je devais lui écrire mais je ne l’ai jamais fait. Je suis retourné en Normandie deux fois, pour le soixante-cinquième anniversaire et en juin de cette année.

I.K.: Sur cette photo, on voit deux personnes…

G.B.: C’est le 65e anniversaire, je portais l’uniforme, l’autre personne c’était un ami de l’homme qui a été tué, le leader du groupe. La deuxième fois, j’y suis allé avec un groupe de la Caroline du Sud.

I.K.: Avez-vous raconté votre histoire dans les écoles, les universités ou ailleurs?

G.B.: Oui, je suis heureux que vous me posiez la question. En début d’année, nous avons rencontré des jeunes. J’ai interrogé un garçon, celui-ci avait 14 ans. Je lui aid it: “Jeune-homme, que savez-vous du débarquement en Normandie?” Il m’a répondu: “Je ne sais pas de quoi vous parlez,” ça m’a rendu un peu fou. Personne ne leur a enseigné, pourtant c’est notre histoire. J’avais un ami qui avait sa fille au Collège, elle en a parlé à la principale, ils m’ont fait venir en uniforme devant deux cents enfants assis sur les gradins dans un gymnase. A partir de là, je suis allé dans sept écoles. Je suis fier de cela, Isabelle, parce que ces jeunes ne savaient pas ce qu’il s’était passé. J’ai vu des enfants pleuré ainsi que leurs professeurs, j’ai pleuré aussi parce qu’à certains moments, c’était trop difficile. Vous savez Isabelle c’est comme si c’était hier, j’ai toujours cela devant mes yeux.

I.K.: Que pourriez-vous nous dire à propos de l’événement en Normandie et de la photo que vous me montrez avec le président Obama?

G.B.: Oui, c’était bien de revenir. Si tout va bien, je pourrais revenir dans cinq ans mais j’ai déjà 89, j’aurai 90 ans en mars. Je ne l’ai fait pas, n’est-ce pas? C’est ce que tout le monde me dit. Je suis fort et ma tête fonctionne bien (pointant vers la tête).
C’est très émouvant de revenir sur cette plage, Isabelle. Ma mémoire est intacte. Ces choses qui sont arrivées sur cette plage, je ne les oublirai jamais pour le restant de ma vie. Nous sommes allés en groupe vers la plage de l’Utah où les batailles étaient nombreuses aussi. Je voulais mettre une adresse pour vous mais je l’ai oubliée. On nous a servi un bon déjeuné (filet mignon) dans un château avec la Comtesse qui était présente. C’était la première fois de ma vie que je rencontrais une Comtesse. Son nom est Comtesse Dorothea. Avez-vous entendu parler d’elle? Nous étions une cinquantaine d’hommes, c’était merveilleux ce qu’ils ont fait pour nous.
On nous a emmenés sur différents sites jusqu’au 6 juin et nous sommes revenus en Normandie où la cérémonie a eu lieu. Le président français a été le premier à parler, puis le président des États-Unis s’est levé. Il y avait environ 200 anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale, il en reste de moins en moins et je peux vous dire qu’il y en a très peu de valide comme moi. Je peux encore toucher le sol. Il y en a très peu qui peuvent le faire.
Le président français a serré les mains de tout le premier rang. Il a remarqué que j’avais la Croix de Guerre. Il nous a dit que nous aurions peut-être Légion d’honneur. Il m’a regardé et je lui ai dit quelques mots en français. Il était très fier, m’a remercié et m’a donné une accolade que j’ai appréciée. C’était gentil de sa part. Dommage, je n’ai pas de photo de lui. Ensuite, est venu John Kerry et il m’a donné un papier signé que j’ai toujours à la maison.
Ensuite, le président des États-Unis est passé, je l’ai arrêté parce que j’avais une question à lui poser qui me trottait dans la tête depuis cinq ans. Que s’est-il passé lors de la première réunion quand ce débarquement a été terminé?
C’est un privilège de serrer la main du président des Etats-Unis, c’est comme si l’on serrer la main de tous les Américains. Vous pouvez ne pas aimer l’homme, moi personnellement j’ai eu une conversation agréable. Je me suis approché de lui assez près et j’ai touché sa main avec mon index. Les huit gardes du corp m’ont dit : “ne touchez pas le president.” Il s’est retourné et m’a dit: “felicitation, je suis fier de vous Monsieur.”

I.K.: Je vous remercie d’avoir raconté votre histoire. La France vous remercie.

G.B.: Je vous remercie!

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“Je pense que c’est un privilège de serrer la main du Président des États-Unis. C’est comme si vous serriez la main de tous les Américains” (Gaetano Benza et le Président des États-Unis Barack Obama). Photo par Gaetano Benza.

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Gaetano Benza nous a montré une carte de remerciement reçue d’étudiants d’écoles de Las Vegas. Photo par Isabelle Karamooz.

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Un remerciement reçu d’un élève d’une école de Las Vegas pour Monsieur Gaetano Benza. Photo par Isabelle Karamooz.

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About the Author

was born in the royal city of Versailles, France and have lived in the United States since 1996. After earning a Bachelor's degree in History from the University of California Berkeley and studying for a Master program in education at the University of Southern California, she went on to teach French to aspiring UNLV and CSN students in Nevada. When she is not teaching, she is writing, interviewing people in a wide range of circumstances, pitching story ideas to writers and editors, taking pictures, traveling, painting or trying delicious foods.



2 Responses to Interview de Gaetano Benza, un vétéran de la seconde guerre mondiale à Las Vegas

  1. Fran and Bob Denoncourt says:

    This is a wonderful interview.
    I would like to share the link on a small website I did for Mr. Benza.

    Thank you,

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