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Published on août 22nd, 2014 | by Isabelle Karamooz, Founder of FQM

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Interview with filmmaker Benjamin Walter about his new film selected for the Action on Film Festival in Los Angeles

Isabelle Karamooz: Benjamin, comment vous décririez-vous en trois mots?

Benjamin Walter: Je dirai passionné, passionné, passionné.

I.K.: Où avez-vous grandi? Quel est votre parcours? Qu’est-ce qui vous a amené à être réalisateur ?

B.W.: Je suis né à Saint-Cloud mais j’ai grandi et passé toute ma vie à Versailles, excepté, mes années de post-Bac que j’ai passées à Paris, c’est-à-dire mes trois premières années de License de Lettres Modernes à La Sorbonne et mes deux années de Master à l’école de journalisme du Celsa. En 2012, je suis parti à Los Angeles où j’ai intégré le programme de réalisation (« Directing Program ») à UCLA.
C’est dès le plus jeune âge que je me suis intéressé au cinéma. J’avais le réflexe d’aller au cinéma après l’école le mercredi après-midi. J’étais ouvert aux différents films français et américains qui étaient projetés dans les salles. Mais c’est vraiment au moment du Lycée que je suis tombé dans ce que j’appellerai la cinéphilie. C’est là que ça s’est développé et que je rêvais de faire des films.

I.K.: Quels sont les festivals auxquels vous avez participé ? Parlez-nous du prochain festival ?

B.W.: PINK ZONE a été sélectionnée d’abord pour sa première mondiale au festival Dances with Films qui est le plus gros festival de films indépendants de Los Angeles. Nous avons, ensuite, appris que nous étions sélectionné au festival Action on Film International qui aura lieu du 22 au 30 août. C’est un des plus gros festivals de films de genre : action, science fiction, teen-movies, thrillers… avec un public féru et connaisseur en terme de cinéma de genre. On s’attend à être surbooké, nous aurons une excellente projection ce vendredi.

I.K.: Cette année, votre long-métrage PINK ZONE a été sélectionné pour l’ouverture du festival. En quelques mots, décrivez-nous ce film?

B.W.: PINK ZONE est basé sur un concept simple: que se passe-t-il lorsqu’un virus transmis uniquement par les hommes aux femmes venait à arriver sur terre. Le film se passe en 2026, un virus a presque décimé toute la population féminine sauf quelques adolescentes. Les gouvernements ont décidé de créer des zones appelées PINK ZONE afin de les mettre à l’abri dans ce périmètre pour les protéger. J’ai appelé ainsi le film parce que j’ai toujours beaucoup aimé le jeu des couleurs au cinéma et notamment les couleurs dans les titres. Pour moi, ce nom PINK ZONE était aussi un peu ironique dans la mesure où c’était plutôt une population d’hommes qui avaient trouvé ce titre et pensé à PINK la couleur des femmes et des jeunes filles.

I.K.:  Avez-vous fait ce film pour un public en particulier ?

B.W.: J’ai fait ce film pour raconter une histoire qui j’espère sera universelle mais après, bien évidemment ce n’est pas un film qui peut plaire à tout le monde. C’est un film qui en gros suscite beaucoup d’émotions. C’est un film intense. C’est le mot qui correspond le mieux. J’aime beaucoup les cinéastes qui font vivre des expériences comme par exemple David Lynch. J’aime beaucoup un cinéma viscéral avec plus de ressenti, plutôt impressionniste. Pour moi, c’était l’idée le départ. C’est aussi un film d’auteur. Il y a un critique américain qui a défini ce film comme une série B d’auteur. J’aime beaucoup cette idée, ce mélange entre un côté série B, « fortement exploitation à l’américain de film de genre » et aussi un côté plus européen, plus français de film d’auteur.

I.K.: Dans quel genre classeriez-vous ce style de long-métrage par rapport à d’autres films ?

B.W.: Un cinéaste qui, je pense, ressemble beaucoup à ce film, ce serait Nicolas Winding Refn, le réalisateur de Drive avec Ryan Gosling. Ce genre de film à la fois entre l’Europe et les Etats-Unis, entre le cinéma d’auteur et le film de genre américain. Quelque chose de stylisé et qui est toujours porté sur les personnages du film et qui les suit de près. On peut aussi penser au film des frères Cohen notamment « No Country For Men. » Il y a une grosse influence qui était le cinéma américain des années 80, par exemple, William Friedkin et l’idée de ce futur tel que je le voyais à L.A. en 2016. C’était comme un retour du passé des années 80 à Los Angeles. Donc très tôt, j’ai pensé que le film devrait avoir des couleurs pastelles avec une attention particulière portée sur les belles lumières qui se reflètent sur la peau des personnages.

I.K.:  Qu’espérez-vous que les spectateurs gardent en mémoire après avoir vu le film ?

B.W.: J’ai véritablement fait ce film avec l’idée que les spectateurs puissent penser à ce film longtemps après l’avoir vu. C’est ce que j’essaie de faire, c’est-à-dire quand un spectateur arrive à repenser au film et qu’il reste présent dans son imaginaire en lui faisant penser à des choses qu’il a déjà vécues.

I.K.:  Quels sont vos cinq films préférés ?

B.W.: Je pense à « To Live and Die in L.A. » de William Friedkin, traduit en français « Police fédérale Los Angeles, » « Mulholland Drive» de David Lynch, «Breakfast club » de John Hughes et un film des frères Cohen « No Country For Old Men.» Enfin, « Vertigo » d’Alfred Hitchcock.

I.K.:  Quelles sont vos grandes influences cinématographiques ?

B.W.: Une influence qui est très actuelle puisqu’il n’est pas mort et qu’il fait toujours des films, ce serait Christopher Nohan le réalisateur de « Exception, » et de la triologie « The Dark Knight » qui est une influence sur la façon dont il fait les films. Il vient du cinéma indépendant américain. Pour moi, sa façon de travailler m’influence en tant que réalisateur. Il travaille vite en respectant les budgets qu’ils lui sont impartis et de façon très indépendante. En cela qu’il ne passe pas des heures à travailler avec ses acteurs qui connaissent très bien leurs personnages. Il obtient ce qu’il veut assez vite. C’est l’influence principale que j’ai sur un plateau avec ma façon de travailler en tant que réalisateur.

I.K.:  Parlez-nous de vos projets.

B.W.: En ce moment, je suis en pleine écriture de mon prochain film. J’ai été approché par plusieurs compagnies de production qui veulent bien le financer. C’est un polar avec une pointe de science fiction, un nouveau film noir suivant les modèles des grands films de Billy Wilder avec la figure du détective et les femmes fatales mais avec un « twist » moderne et une pointe de science fiction.

I.K.: Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. C’était un vrai plaisir.

B.W.: Merci.

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Walter Benjamin au Dances With Films Festival le 31 Mai 2014 au Chinese Theatre. Photo par Benjamin Walter

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Walter Benjamin durant la réalisation de Pink Zone en Aout 2013 avec les actrices. Photo par Benjamin Walter

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Partie de l’équipe du film Pink Zone au Dances With Films Festival. Photo par Benjamin Walter

 


About the Author

was born in the royal city of Versailles, France and have lived in the United States since 1996. After earning a Bachelor's degree in History from the University of California Berkeley and studying for a Master program in education at the University of Southern California, she went on to teach French to aspiring UNLV and CSN students in Nevada. When she is not teaching, she is writing, interviewing people in a wide range of circumstances, pitching story ideas to writers and editors, taking pictures, traveling, painting or trying delicious foods.



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