Interviews

Published on juillet 21st, 2017 | by Isabelle Karamooz, Founder of FQM

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Interview d’Emmanuelle Bihr, directrice de « La Maison au Figuier, » située au Bois-Plage sur l’île de Ré

French Quarter Magazine : Parlez-nous de vous et de votre désir d’ouvrir vos propres chambres d’hôtes ? Votre motivation est-elle exclusivement le goût de l’échange ?

Emmanuelle Bihr : L’échange et le partage ! Je suis originaire de l’Est de la France, de Lorraine. J’ai suivi l’école hôtelière du Touquet, (déjà loin de la Lorraine), puis j’ai travaillé dans la restauration à Metz, avec toujours à l’esprit, l’envie d’ouvrir des chambres d’hôtes.

La Maison au Figuier. Photo de Laure Baraton.

French Quarter Magazine : Quel a été le déclic pour faire le grand saut  et concrétiser votre rêve d’ouvrir des chambres d’hôtes ?

Emmanuelle Bihr : Avec mon mari, nous voulions quitter l’Est de la France mais nous ne savions pas dans quelle région nous installer. Nous savions juste que nous ne voulions pas investir dans l’Est et faire notre vie là-bas. En 1994, nous sommes venus en vacances en famille à l’île de Ré pour la première fois et nous y sommes revenus tous les ans en automne à la Toussaint. Comme nous nous y plaisions de plus en plus, nous avons visité des maisons dans le but d’acheter.

French Quarter Magazine : A quelle date avez-vous ouvert vos chambres d’hôtes ?

Emmanuelle Bihr : Après l’achat de la maison en 2002, celle-ci n’étant pas habitable il a fallut engager des travaux pendant cinq ans donc en mai 2007, nous avons fait notre première ouverture et nous avons exercé cette activité pendant trois ans avant que nous soyons victimes d’un incendie en 2010. La fermeture a duré deux ans et, pendant cette période, j’ai fait des saisons et nous avons réouvert à
Pâques 2012.

French Quarter Magazine : Le résultat est superbe. Pouvez-vous nous décrire votre maison, Combien possédez-vous de chambres d’hôtes ?

Emmanuelle Bihr : La maison d’hôtes possède quatre chambres qui sont toutes équipées d’une douche à l’italienne et de toilettes séparés.
Les chambres ont été conçues à notre image selon notre mode de vie. Nous ne voulions pas d’une décoration typique « bord de mer » bleue et blanche mais plutôt une maison rétaise avec beaucoup de bois, des objets chinés sur l’île et en Belgique ainsi que quelques petits objets personnels.

French Quarter Magazine : Quels sont vos points forts, vos atouts en terme d’accueil, en terme d’activités, de cuisine, de dépaysement, d’environnement, d’écologie ?

Emmanuelle Bihr : En priorité nous souhaitons que les gens qui arrivent chez nous fatigués puissent être au calme et se reposer. Nous faisons en sorte que l’atmosphère de la maison et du jardin soit apaisante. Sur l’île, il y a surtout les balades à vélo. Nous donnons nos itinéraires, nos bonnes adresses et des conseils. Quelques fois c’est l’inverse ! Ce sont les clients habitués qui nous donnent leurs adresses favorites. (C’est un échange de bons procédés). Les deux activités principales sont le vélo et la plage. Il y a aussi les visites de musées sur l’île et en dehors. La Rochelle est une ville au passé très riche historiquement. Bien sûr, il y a les plaisirs de la table et le petit-déjeuner que je prépare tous les matins. Il est composé de choses simples mais tout est fait maison, j’y tiens. Nous offrons un service de qualité. C’est ce qui nous différencie d’un hôtel lambda.

Petit-déjeuner à La Maison au Figuier. Photo de Laure Baraton.

French Quarter Magazine : Avez-vous une « mésaventure » et ou une anecdote à nous raconter sur la maison ou sur les personnes que vous accueillez ?

Emmanuelle Bihr : Les gens sont tellement différents et intéressants… Parfois je suis interloquée par le métier que certains exercent. Une fois, nous avons eu un client garde du corps. Il y a des métiers dont j’ignorais l’existence. Prochainement, je vais recevoir des clients dont le fils vit en Tasmanie. Vous, par exemple, vous vivez à Las Vegas. Je reçois peu d’Américains c’est-à-dire une ou deux fois dans la saison.

French Quarter Magazine : Quels types de client accueillez-vous ? J’imagine que parler anglais est indispensable.

Emmanuelle Bihr : C’est indispensable parce que les anglophones ne font pas l’effort de parler d’autres langues la plupart du temps (rires). En majorité, nos clients étrangers sont des Anglais, des Belges, et maintenant des Suisses. Ils optent pour la formule chambres d’hôtes parce qu’ils aiment le côté « chez l’habitant. » Nous accueillons quelques fois des familles, mais le plus souvent ce sont des couples.

French Quarter Magazine : Avez-vous parfois des personnalités connues qui viennent chez vous ?

Emmanuelle Bihr : Il y a quelques années, nous avons eu quelques auteurs qui venaient pour le salon du livre.
Pas de people, quelques personnes qui par leur profession ont des postes importants mais ne sont pas connues.

French Quarter Magazine : Avez-vous le temps de passer du temps et d’échanger avec vos visiteurs ?

Emmanuelle Bihr : Oui, principalement le matin. C’est là où se passe la plupart des échanges. Cela peut être en fin de journée aussi mais s’ils ont besoin de moi quelque soit le moment de la journée, je suis disponible. Ce n’est pas un souci.

French Quarter Magazine : Selon vos observations, l’attente de vos clients a-t-elle changée depuis quelques années ?

Emmanuelle Bihr : C’est une bonne question. Une certaine catégorie de clients vont être plus exigeant parce que c’est dans l’air du temps, mais la majorité des gens s’adapte très facilement à la façon dont fonctionne la maison et n’ont pas d’exigences particulières ou extravagances.

French Quarter Magazine : Quels sont les activités principales de l’île ?

Emmanuelle Bihr : Il faut au moins faire l’île à vélo et allez voir les ostréiculteurs travailler ainsi que les Sauniers car en ce moment c’est la saison et certains vous recevront sur des sites privés dans leurs marais. C’est intéressant. Nous pouvons entre autre visiter l’écomusée du sel à Saint Martin et il est possible d’effectuer une visite guidée et de faire une sortie en catamaran. Au niveau culturel, l’offre est très diversifiée.

French Quarter Magazine : Donc les touristes repartent heureux ?

Emmanuelle Bihr : Ma plus belle récompense a été une cliente qui m’a dit : « je n’ai pas pensé à mon travail pendant dix jours ». Là, je me dis que « j’ai bien fait mon travail ! » C’est une véritable satisfaction d’entendre cela parce que mon but est de faire plaisir à mes clients pendant leurs vacances. Certaines personnes ne partent qu’une fois dans l’année. Nous devons être au top.

French Quarter Magazine : Quelle est la durée moyenne d’un séjour chez vous ?

Emmanuelle Bihr : Le séjour moyen est de quatre nuitées. En juillet et en août, les séjours sont plutôt d’une semaine. Nous sommes ouverts de fin mars à mi-novembre. Pendant la fermeture, nous nous occupons de l’entretien de la maison et nous prenons des vacances.

French Quarter Magazine : Avez-vous une page Facebook pour faire connaître et promouvoir vos chambres d’hôtes.

Emmanuelle Bihr : Non, pas encore mais cela va venir. Je suis un peu « hermétique.» J’ai une amie qui me pousse à le faire. Elle a ouvert la page mais je n’ai rien mis dessus. Je ne devrais peut-être pas le dire mais je n’aime pas l’informatique en générale. J’ai du mal à m’y mettre. Je reconnais que c’est indispensable aujourd’hui pour travailler. Cependant, nous avons un site web : http://www.lamaisonaufiguier.com. Nous pouvons donc être contactés par e-mail. Il ne faut pas oublier le bouche à oreille qui marche plutôt bien. C’est notre meilleure publicité. Nous avons aussi une clientèle fidèle parce qu’ici l’ambiance est conviviale, et moins impersonnelle qu’à l’hôtel. Les clients de chaque chambre peuvent choisir de manger à une table seule s’il le souhaite car l’indépendance de chacun est respectée. J’ai remarqué que les huit transats de la piscine sont rarement occupés aux mêmes moments. Pourtant, la plupart des gens qui optent pour la formule chambres d’hôtes le font pour échanger.

 

Cet article a été traduit en anglais par John Wilmot.


About the Author

was born in the royal city of Versailles, France and have lived in the United States since 1996. After earning a Bachelor's degree in History from the University of California Berkeley and studying for a Master program in education at the University of Southern California, she went on to teach French to aspiring UNLV and CSN students in Nevada. When she is not teaching, she is writing, interviewing people in a wide range of circumstances, pitching story ideas to writers and editors, taking pictures, traveling, painting or trying delicious foods.



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