Interviews

Published on novembre 6th, 2017 | by Isabelle Karamooz, Founder of FQM

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Interview de Frédéric Da Silva, mentaliste à l’hotel et casino Bally

Crédits de l’interview
Editeur de l’interview: Isabelle Karamooz
Intervieweur: Isabelle Karamooz
Rédacteurs: Isabelle Karamooz
Transcription & vidéo: Pascale Nard

I.K. : Bonjour Frédéric Da Silva, comment vous décririez vous en quelques mots ?

F.D.S. : Je suis mentaliste, ce n’est pas un terme que tout le monde connait, c’est une sorte de magicien de la pensée, on a créé un spectacle ou on reproduit des effets qui semblent être surnaturels, paranormaux, le terme c’est mentaliste c’est-à-dire quelqu’un qui reproduit des effets paranormaux dans le cadre d’un divertissement et d’un spectacle.

I.K. : Etes-vous né avec un pouvoir particulier ou un mélange de magie d’illusion ou surtout beaucoup de travail ?

F.D.S. : C’est peut-être un petit peu tout ça, c’est vrai quand j’étais enfant, à cinq ans on m’a offert une petite mallette de magie et ça m’a semblé vraiment très très intriguant, j’ai compris à ce moment-là que je voulais dédier ma vie à la recherche de ces secrets et des mystères que les magiciens avaient, puis plus tard, j’étais fasciné par les hypnotiseurs, pareil, on croit toujours que les hypnotiseurs ont un pouvoir mystérieux.
J’ai toujours était fasciné par ça, après évidement c’est beaucoup beaucoup de travail.
Ne serait-ce que les magiciens on sait qu’ils n’ont pas de pouvoir en tout cas ils ont un certain savoir-faire pour détourner l’attention, pour que les choses ne se voient pas, pour que les astuces ne soient pas évidentes, les hypnotiseurs aussi, il y a un vrai travail derrière tout ça. C’est un peu comme être pianiste ou être sportif, je pense à la base il y a une pratique, une envie très forte de travailler et c’est cette envie-là qui est sans doute mystérieuse, on ne sait pas pourquoi est-ce qu’on est pris par cette envie de vouloir apprendre ces choses-là.

I.K. : Est-ce qu’on peut parler de passion ? à quel âge à commencer cette passion ?

F.D.S. : Oui, c’est vraiment une passion, c’est même plus qu’une passion, la passion l’a emporté sur ma vie, c’est devenue toute ma vie cette passion-là. J’ai commencé j’avais cinq ans j’ai commencé à faire des petits tours, j’avais une mallette de magie, c’était ma mère qui m’expliquait les secrets parce que je ne savais pas lire et déjà à l’époque, j’étais très contrarié de devoir divulguer mes secrets à quelqu’un y compris ma mère mais je savais que je pouvais lui faire confiance et être dans la confidence. Ensuite, petit à petit j’ai commencé à faire des spectacles pour ma famille, faire des spectacles à l’école pour mes camarades de classe, après j’ai commencé à travailler dans les restaurants, je donnais ma carte ensuite, les gens me réengageaient pour faire des soirées privées, c’est comme ça que ça a commencé très tôt.

I.K.: Faut-il avoir des connaissances particulières pour exercer ce métier ? Existe-t-il des écoles de mentaliste ?

F.D.S.: A ma connaissance, il n’y a pas d’école de mentalisme en fait, le mentalisme c’est un mélange de techniques comme la programmation neuro linguistique, qui est quelque chose que l’on peut évidemment apprendre dans les livres, un mélange de mémorisation, de psychologie, de suggestion, d’hypnose (ça également on peut l’apprendre) de magie, tous ses arts là on peut les apprendre séparément. Après la formule pour pouvoir les mettre ensembles. Je pense qu’il y a peu de mentalistes dans le monde qui sont vraiment professionnels, la plupart sont des magiciens à la base ou des hypnotiseurs, mais c’est quelque chose que l’on peut apprendre une fois qu’on a compris comment mettre toutes ces choses-là dans l’ordre.

I.K. : A quelle occasion avez-vous présenté votre premier spectacle ?

F.D.S. : Je ne me rappelle pas vraiment mon premier spectacle, je devais avoir cinq, six ans, suite à cette mallette, j’ai commencé à faire des tours, j’m’en rappelle je faisais ça pour ma famille donc j’improvisais des spectacles et c’était formidable parce que évidement les tours étaient forcément pas très bons à mon avis, pour la plupart on pouvait facilement comprendre comment ça fonctionnait mais, quand même il y a quelque que chose qui se passait, les gens étaient tellement émerveillés de voir que moi j’étais émerveillé de faire ça. Finalement je trouve que les gens étaient fascinés qu’aussi jeune je dise « maintenant voici mon spectacle de magie ». Je crois qu’il y avait un côté qui était un peu « mignon » c’était fait avec beaucoup de tendresse, moi je trouvais formidable d’avoir un impact aussi important ; les gens pour être gentils avec moi me disaient : « Bravo Frédéric tu es un grand magicien. » C’est quelque chose qui m’a motivé beaucoup ensuite à pouvoir travailler des « vraies choses.»

I.K. : En parlant de « vraies choses » vous avez déjà travaillé avec Jean Pierre Foucault et Sébastien Cauet à la télévision ?

F.D.S.: Oui, oui, les deux, j’en ai même fait plusieurs, je crois que ma première télé je l’ai fait avec Jean-Luc Reichmann à l’époque c’était une émission le midi qui s’appelait « Attention à la marche » tous les mercredis dans cette émission il faisait venir des artistes, on jouait le jeu et on présentait un numéro, à la fin de l’année, il y avait une émission spéciale avec les artistes « chouchous » de l’année, j’avais été choisi comme artiste «chouchou » de l’année. Je me rappelle, j’avais fait apparaitre Jean-Luc Reichmann dans une boite avec des explosifs, après je l’avais fait flotter dans les airs. C’était ma première télé, ensuite, je devais avoir dix-huit ans à peu près, j’ai été contacté par TPS pour présenter les dessins animés, j’ai donc présenté les dessins animés, je faisais quelques tours de magie, c’est la chaine Eurêka pour enfant, l’idée c’était de développer la capacité de réfléchir des enfants ; on présentait un tour de magie, une sorte d’énigme, les enfants devaient essayer de trouver la solution comment le tour était fait, on donnait la solution soit à l’émission d’après, soit après la publicité. On n’avait pas budget à l’époque, il fallait faire gagner quelque chose à quelqu’un, j’ai dit puisqu’on n’a pas d’argent, le gagnant, j’irai chez lui et je présenterais mon spectacle de magie chez lui. C’est comme ça que ça avait commencé.
Ensuite, j’ai fait d’autres émissions de télé, j’ai fait incroyables talent deux fois de suite, j’ai fait Cauet il y a trois quatre ans. L’autre personne d’on vous m’avez parlez ?

I.K. : Jean Pierre Foucault!

F.D.S. : Jean-Pierre Foucault, on était en tournée, il présentait mon spectacle, on était en tournée avec le spectacle « Age tendre et tête de bois » donc avec plein d’autres artistes surtout des chanteurs, c’est une grande tournée en France le spectacle « Age tendre et tête de bois » parce que c’était des Zénith qu’on faisait deux fois par jours et des croisières, donc c’est lui qui présentait mon spectacle, il était également sur scène pour interagir avec les spectateurs qui montaient sur scène.

I.K. : Maintenant Las Vegas, ça fait quelques années que vous êtes à Las Vegas. 4 ans ?

F.D.S. : C’est la troisième année, mais ça m’a pris quinze ans avant de venir là j’ai l’impression d’avoir passé toute ma vie ici à Las Vegas, j’ai ouvert le spectacle au Bally’s en juin 2013 pour deux mois puisque qu’ensuite je devais repartir en France, parce que j’étais en tournée en France, je suis revenu en 2014, j’ai fait trois cent quarante heures d’avion en 2014, parfois je travaillais en France jusqu’au Jeudi, je reprenais un avion pour jouer ici le week-end, je repartais le Lundi, je revenais ici le week-end d’après. J’étais sous contrat en France, je n’avais pas le droit d’annuler, je ne pouvais pas annuler les représentations. Je ne voulais pas que le Bally’s se dise : « Frédéric il est jamais là », il est plus intéressé à faire des spectacles en France qu’ici, donc j’ai essayé de leur montrer que j’étais vraiment motivé, qu’un jour ou l’autres mes contrats (j’en prenais plus) allaient se terminer et que je serais à plein temps ici. Ça va être ma troisième année.

I.K. : Pourquoi avoir choisi de vivre à Las Vegas ?

F.D.S. : Parce que c’est un rêve de toujours. J’ai eu plusieurs flashs, des choses qui apparaissent dons votre tête d’une manière claire et définie, vous savez que ça va transformer votre vie, j’ai eu celui-ci quand j’avais cinq je savais que je serais magicien ensuite, quand je suis venu ici à dix-huit ans, c’était le cadeau des dix-huit ans de ma famille, de mes amis tout le monde avait économisé pour me payer un billet d’avion. Quand je suis arrivé ici j’ai compris que j’étais fait pour vivre ici, que ma vie était ici, c’était ici et nulle part ailleurs. Ça a été une galère de quinze ans parce qu’ici Las Vegas c’est tout petit, finalement il y a peu de casino, y’a peu de spectacle par rapport à la demande, ils reçoivent des milliers de DVD par jours alors qu’il doit y avoir une centaine de spectacles pas plus,, chaque casino a un certain nombre de spectacle pas plus, les spectacles ne peuvent pas se faire concurrence les uns les autres . Moi j’étais magicien, il y avait déjà des magiciens, on disait que même si j’étais « le meilleur magicien du monde », on ne voudrait jamais de moi parce que les gens avaient des contrats de non exclusivité. C’était le truc qui m’est tombé dessus à dix-huit ans, je savais que ça allait me prendre toute ma vie, que l’ampleur de ce que je demandais équivalait à un sacrifice et à un travail inimaginable pour pouvoir l’obtenir.

I.K. : Quel est le visa nécessaire pour exercer votre métier aux Etats-Unis ?

F.D.S. : Ça aussi c’est un sacré boulot, il vaut un visa P 01 je crois que ça s’appelle : « visa pour personnalité internationalement reconnue pour ses habilités extraordinaires. »

I.K. : C’est un visa d’artiste en fait ?

F.D.S. : C’est un visa d’artiste, mais il ne faut pas que vous puissiez remplacer un autre artiste d’ici, si y a un américain qui peut faire la même chose, vous prenez le travail d’un américain en quelque sorte, donc on n’a pas besoin de vous. Il a fallu créer un spectacle qui soit unique au monde avec des choses que personne d’autre n’avait été capable de faire. Ensuite j’ai fait beaucoup de concours, en France j’ai fait les championnats fais les championnats d’Europe de magie, ensuite j’ai représenté la France aux championnats du monde, ça a pris bien trois quatre ans pour avoir le baguage nécessaire pour pouvoir demander ce genre de visa, ensuite ça encore pris un an pour pouvoir l’obtenir.

I.K. : Les américains sont-ils plus réceptifs que les français ?

F.D.S. : Ça c’est une question qu’on me pose souvent, je ne suis pas sûre, on dit souvent que le public américain est plus facile mais ici à Las Vegas, les gens viennent ont l’habitude de voir les meilleurs spectacles au monde, les spectacles du Cirque du soleil, David Copperfield, les gens viennent de voir Céline Dion, ils ont quand même une attente de qualité qui est beaucoup plus importante que partout ailleurs en Amérique j’imagine. Ce qui est bien avec le public américain c’est qu’ils sont tout de suite chaleureux. Quand on arrive sur scène les gens crient ils applaudissent si vous leur demandez de participer ils vont participer, ils sont plus chauds dans le jeu qu’un public français. L’avantage du public français, j’suis content d’avoir bâti ma carrière en France c’est que le public français est beaucoup plus sceptique, le public français il vous donne une chance, c’est-à-dire qu’au début il n’a pas vraiment d’avis, si il voit que vous êtes très très bon, à la fin il va vous acclamer comme un public ici mais si on voit un fil, si on voit une trace ou si on voit pour un magicien (je ne fais plus ces choses-là) mais si on voit la colombe sortir de la manche… Le public français il est impardonnable si jamais le trucage, le truc ou l’explication devient évidente ; Du coup, ça m’a forcé, parce que j’étais extrêmement timide, j’avais peur d’être ridicule, j’avais peur que quelqu’un comprenne comment étaient fait mes tours. Je pense que le fait d’être français a fait que j’ai eu une construction intellectuelle dans le secret de mon numéro qui a été poussée à l’extrême et sans doute, si j’avais été américain, j’aurais pas fait quelque chose d’aussi complexe et d’aussi difficile à atteindre je parle de l’explication. Aujourd’hui quand j’entre sur scène, je suis à peu près sûre que c’est humainement c’est quasiment impossible d’arriver à comprendre comment diable est ce que je fais pour arriver à faire ce que je fais.

I.K. : Etes-vous nombreux dans la profession ?

F.D.S. : Ici à Las Vegas on est que deux, dans le monde on est un petit peu plus, j’ai pas le chiffre exacte, il n’y a pas vraiment d’organisation ; je fais partie de l’ordre européen des mentalistes, c’est toute l’Europe on est un soixantaine, peut-être que maintenant on est un peu plus après, il y a beaucoup de gens qui font ça par hobby ou par passion qui font des spectacles quand même, c’est un métier ou on sait pas vraiment à quel moment on deviens professionnel. On peut être professionnel faire des spectacles et être très mauvais, on peut être très bon, faire peu de spectacle et avoir d’autres boulots à côté, il n’y a pas vraiment de diplôme, il y a des concours qui élisent les meilleurs mentalistes, mais pas de diplôme pour se dire qu’on est mentaliste professionnel.

I.K. : Avez-vous déjà rencontré Simon Becker l’interprète de Mentaliste la série américaine ?

F.D.S. : Non, non, c’est la première fois que l’on me pose la question, je l’ai jamais rencontré, mais je crois que lui a rencontré beaucoup de mentalistes, mais lui, faut savoir qu’il est pas du tout mentaliste et encore moins mentaliste de spectacle, c’est ce qui fait la différence entre la série télé et ce que nous on fait sur scène, même si la série télé explique très bien qu’il est pas voyant, qu’il n’as pas des pouvoirs surnaturels mais qu’il utilise des méthodes qui sont généralement liées à la psychologie. Je pense que s’il voyait mon spectacle il ne comprendrait absolument rien de ce que je fais. C’est un acteur, il joue très bien d’ailleurs, heureusement qu’il y a cette série parce qu’avant la série les gens ne savaient pas du tout, il ne connaissait même pas le mot mentaliste.

I.K.: Où vous produisez-vous à Las Vegas ?

F.D.S. : Je me produis au Bally’ Casino qui est un casino en plein centre de Las Vegas, juste en face du Bellagio qui est à côté de la de la tour Eiffel, on est vraiment très bien centré, on est en plein centre du Las Vegas boulevard, je suis vraiment très très heureux d’avoir le meilleur endroit pour pouvoir jouer mon spectacle, de faire partie du plus groupe de casinos, la plus grande entreprise de divertissement au monde qui est César (j’ai pas compris la suite) dont fait partie le casino qans lequel je travaille, donc c’est vrai, je ne pouvais pas mieux tomber.

I.K. : Vous vous produisez tous les jours ?

F.D.S. : Ça dépend des périodes, en ce moment je joue tous les jours à l’exception du mardi ou du jeudi, je fais à peu près entre quatre cent cinquante et cinq cent spectacles par an, suivant les saisons ça peut m’arriver de faire jusqu’à quarante-huit spectacles par mois. Deux par jour en moyenne, un à quatre heures et un à neuf heures et demie.

I.K. : C’est un sacré rythme quand même !

F.D.S. : D’autant plus, que je ne fais pas que le spectacle, je suis aussi producteur du spectacle et je suis également propriétaire enfin, j’ai des parts du théâtre dans lequel je suis donc je supervise encore beaucoup de choses même si j’essaie petit à petit de m’occuper de plus en plus de mon spectacle et de moins en moins des autres spectacles parce que ça fait beaucoup quand en plus de ça on est sur scène, de pouvoir continuer de créer, d’inventer des nouveaux numéros et de travailler sur un production de spectacle. Mais, c’est une passion c’est tellement excitant de savoir jusqu’où est ce qu’on peut aller, qu’on a envie d’aller plus le plus vite possible.

I.K. : Je vous souhaite bonne chance pour les années à venir, et puis merci encore d’voir pris le temps de répondre à mes questions.

F.D.S. : Merci, avec plaisir.


About the Author

was born in the royal city of Versailles, France and have lived in the United States since 1996. After earning a Bachelor's degree in History from the University of California Berkeley and studying for a Master program in education at the University of Southern California, she went on to teach French to aspiring UNLV and CSN students in Nevada. When she is not teaching, she is writing, interviewing people in a wide range of circumstances, pitching story ideas to writers and editors, taking pictures, traveling, painting or trying delicious foods.



One Response to Interview de Frédéric Da Silva, mentaliste à l’hotel et casino Bally

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