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Published on novembre 2nd, 2015 | by Isabelle Karamooz, Founder of FQM

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Interview de Jean-Marc Levy, Haute Coiffure à Las Vegas

Crédits de l’interview
Editeur de l’interview: Isabelle Karamooz
Intervieweur: Isabelle Karamooz
Rédacteurs: Isabelle Karamooz
Transcription & vidéo: Pascale Nard

I.K. : Bonjour Jean-Marc Lévy. Vous êtes originaire de Nice en France. Est-ce là-bas que vous avez appris votre métier ?

J.M.L. : Bonjour Isabelle, oui j’ai commencé en mille neuf cent quatre-vingt-cinq à l’âge de quatorze ans. J’ai commencé dans un salon sur Nice, j’ai fait mon apprentissage pendant trois ans et c’est là où j’ai commencé à connaitre ce merveilleux travail.

I.K. Quel a été ensuite votre parcours professionnel ?

J.M.L : Mon parcours professionnel, j’ai commencé à l’âge de quatorze, quinze ans à Nice, j’ai travaillé dans un salon ou j’ai appris mon métier pendant à peu près une dizaine d’année, après ça quand j’ai eu toutes mes licences, j’ai commencé à vouloir changer de salon et voir quelque chose d’autre donc j’ai travaillé dans deux, trois salons sur la côte d’azur. Le grand changement pour moi, ça a été en deux mille deux où j’ai travaillé pour un ambassadeur L’oréal pour Éric Zemmour à Nice ou j’ai pu être éducateur et formateur pour L’oréal, et aussi travailler pour la haute coiffure française j’ai commencé à travailler à l’étranger sur des clientes assez « fancy. »

I.K. : Monte-Carlo, ce sont les premières rencontres avec des V.I.P ?

J.M.L : Oui, ça a été beaucoup de V.I.P. une grande clientèle, beaucoup de clientes russes, clientes italiennes, beaucoup de clientes très, très privées c’est là où « j’ai fait la main » c’est là où j’ai commencé à voir des gens différents à travailler en priver à travailler dans une V.I.P. room ça été quelque chose de très spécial pour moi.

I.K. : Ensuite, pourquoi vous êtes-vous installé à Las Vegas ?

J.M.L. : Las Vegas n’était vraiment pas la destination que je voulais, mon rêve depuis tout petit, c’était de travailler aux Etats Unis, quand j’ai travaillé pour Éric Zemmour commencé à j’ai travaillé à l’étranger j’ai eu cette grande envie d’aller faire de la coiffure aux Etats Unis j’ai été contacté par un coiffeur français José HEBERT qui était à Los Angeles. En deux mille six j’ai eu la grande chance de venir ici, je suis arrivé à Los Angeles, de Los Angeles j’suis allé à Vegas, à Vegas j’ai travaillé pour José pendant une année ça a été le début d’une belle histoire, de l’aventure.

I.K. : La manière de travailler aux Etats-Unis est-elle différente qu’en France ?

J.M.L. : C’est complètement différent. Le cheveu… Vous savez quand on travaille le cheveu c’est toujours la même chose, j’ai trouvé beaucoup plus de fidélité en la clientèle américaine ; j’avais un peu peur quand je suis arrivé de France aux Etats Unis d’avoir que des « gros gros cheveux » à faire, je pensais à tout ce qu’on voit dans les téléfilms ou les séries comme Dallas des « gros cheveux » très crêpés, en fait, c’était pas du tout ça, Vegas est une fille très moderne. Ca se passe la nuit, très fashion, c’est une ville un peu comme Paris, un peu comme New York. La coiffure pour moi, d’avoir bien appris le bon travail, le bon savoir-faire en France, ça été très facile de m’intégrer ici sur le marché américain.

I.K. : La couleur et le balayage sont vos spécialités ? Est-ce que depuis 20 ans les ” Goûts et les Couleurs” ont évolué dans ce domaine ?

J.M.L. : Tout évolue mais tout reviens aussi, on dit souvent que ce qui se fait cette année c’est un peu ce qui s’est fait il y a vingt ans, le carré est revenu l’année dernière, mais ça fait trente ans qu’on fait du carré, le long dégradé reviens, puis le long dégradé ce fait depuis très longtemps. On a des « icones » comme Brigitte Bardot comme Audrey Hepburn, moi je suis un coiffeur très classique, j’aime bien le beau cheveu, donc ce je fais aujourd’hui c’est ce qu’on voit depuis vingt ans trente ans dans les magazines. Brigitte Bardot si la met aujourd’hui à vingt-cinq ans, on la fait revenir ici en 2015, elle serait très moderne, très actuelle, Audrey Hepburn avec de très beaux chignons avec coiffage du soir. Non je pense qu’il n’y a pas vraiment quelque chose de nouveaux, on travaille avec du déjà fait, du déjà vu on fait jusque que l’améliorer. Un peu comme la mode, il y a beaucoup de jeunes couturiers qui arrivent aujourd’hui mais on aime toujours les grandes marques comme Dior, comme Saint-Laurent, Gerlain etc…
J’aime bien le classique donc il est plus facile pour moi de m’intégrer n’ importe où.

I.K. : Les clientes américaines ont-elles des goûts différents des clientes françaises ?

J.M.L. : On est à Vegas ! Vegas c’est un peu spécial, Vegas on a de l’excentrique, on a du classique, on a un peu de tout. Moi je travaille dans des salons avec des clientèles très locales, en fait ce que je fais ici c’est un peu comme quand j’étais en France, c’est une clientèle qui vient toutes les semaines qui est une clientèle fidèle qui vie à Vegas, quand vous travaillez sur le Strip dans les grands hôtels on fait du in and out pour des « nanas » qui viennent pour deux trois jours c’est complètement différent. Ici le travail que je fais c’est du travail comme j’ai fait en France, ça change pas beaucoup la cliente n’est pas différente de la clientèle en France.
Peut-être que la clientèle américaine aime bien le très beau cheveu, aime bien s’habiller, aime bien sortir. Si vous allez dehors, dans les restaurants ou en boite à Vegas, les gens sont très maquillés, bien habillés, toujours bien toujours très bien coiffés, ils portent de beaux vêtements, Vegas c’est différent, Vegas c’est une ville de mode, de beauté.

I.K. : Une ville qui vit la nuit aussi…

J.M.L. : Bien sûr ! C’est vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les gens peuvent vous appeler à deux heures du matin pour un coiffage pour une soirée, il y a beaucoup de mariage, on ne s’ennuie pas ici. C’est une super destination au niveau de la coiffure, parce qu’il y a toujours quelque chose à faire.

I.K. : Le coiffeur recueille-t-il un peu comme en France, les confidences de “ses” clients ?

J.M.L. : Bien sûr ! Peut-être un peu plus ici parce qu’ils aiment bien le savoir-faire français, ils aiment bien la culture française, ils aiment bien se confier, je me rappelle on disait toujours que le coiffeur est un peu psychologue, un peu comme un docteur, c’est pareil ici, mais il y a toujours un peu la barrière avec le langage, on s’en sort, c’est sure que la femme aime toujours dire ses petits secrets, on sait beaucoup de choses et on essaie de garder les secrets.

I.K. : C’est comme un médecin il faut garder le secret.

J.M.L. : Oui, c’est un peu ça, tout se passe autour du fauteuil et reste autour du fauteuil.

I.K. : La femme américaine va-t-elle plus souvent chez le coiffeur que la femme française ?

J.M.L. : Oui, parce encore une fois, on est à Vegas ici, les gens sortent beaucoup. Quand je travaillais en France, quand une femme avait un très bonne coupe, elle pouvait attendre deux trois mois et venir se faire recoiffer, ici les gens viennent toutes les semaines, moi j’ai une clientèle qui est là tous les week-ends qui vient se faire coiffer. (C’est encore la ville de la beauté.) C’est une ville ou les gens aiment bien dépenser de l’argent, et ils aiment dépenser l’argent pour la beauté, pour l’esthétique, (pas uniquement pour la coiffure) pour les mains, pour les pédicures, les gens aiment dépenser l’argent pour la beauté.

I.K. : Que pensez-vous des chaînes de salon de coiffures comme Jean-Louis David, Jacques Dessange ou St-Algue ? Ce genre de chaînes existent-elles ici ?

J.M.L. : jean-Louis David, Jean Claude Biguine existent aussi aux Etats-Unis, Dessange je pense aussi, je suis un très grand fan de Jacques Dessange, il fait du très beau cheveu depuis des années et des années, Jean Louis David c’est pareil. Je pense que tout le monde apporte quelque chose, il y a vingt ans les gens critiquaient Tony and Guy, Tony and Guy a apporté quelque chose d’incroyable dans le monde de la coiffure au niveau de la franchise, Jacques DESSANGE a fait les plus beaux blonds qu’on a pu voir en France et maintenant aux Etats Unis avec le balayage Californien, Jean louis DAVID a fait des créations de coiffures… J’suis pour ça aussi, j’aime bien travailler dans un salon, je suis très local, j’ai jamais travaillé pour des franchises mais je suis pour, c’est bien de travailler pour une marque, pour une collection.

: I.K. Parfois, il arrive que des coiffeurs ou coiffeuses soient obligés d’arrêter le métier pour cause d’allergies, que feriez-vous si c’était le cas ?

J.M.L. : Oh là ! Si demain je dois arrêter la coiffure, je serais l’homme le plus mal heureux au monde.

I.K. : On ne vous le souhaite pas.

J.M.L. : Je croise les doigts, c’est toujours un problème dans les métiers d’art, que ce soit la coiffure, l’habillement, je me suis toujours dit, si demain je devais arrêter la coiffure, qu’ est-ce que je fais ? Je pense que la vie s’arrêterait pour moi parce que j’ai toujours aimé, faire du coiffage, toucher le cheveu.

I.K. : Vous prendriez votre retraite anticipée peut-être ?

J.M.L. : Oui, mais je bosserais toujours autour, je mettrais des gants, je travaillerais avec des gants blancs.

I.K. : Je sais que votre fils de 18 ans, Ylan occupe une grande place dans votre vie mais quels sont vos loisirs en dehors du salon ? Vous arrive-t-il encore de jouer au base-ball ?

J.M.L. : Ça m’arrive un peu moins parce que je prends de l’âge, je me sens un peu fatigué c’est sûr qu’il m’arrive toujours d’aller dans des Batting Cages, des endroits où on peut frapper la balle, m’entrainer, j’essaie toujours de garder un peu la forme, le base-ball me manque beaucoup.
C’est un peu comme la coiffure si jarretais demain, le base- Ball ? Quand j’ai arrêté, on arrête jamais, je suis toujours en train de voir des matchs, il y a pas longtemps j’suis allé voir un match, j’ai participé un petit peu et puis j’mon fils qui j’espère, je croise les doigts va réussir dans cette voie. Donc oui, c’est mes deux grandes passions. le base-ball et la coiffure.

I.K. : Donc votre fils a aussi une passion pour le base-ball ?

J.M.L. : Oui, Ylan joue pour l’équipe nationale, l’équipe nationale française.
Il est maintenant dans une équipe de Base-ball au Canada à Trois-Rivières où il réussi très très bien, c’est je pense, une future star du Base-ball français j’espère.
Peut-être du Base-ball américain, parce que s’il veut être professionnel demain, on le verra sur les télés américaines pourquoi pas ? Ou alors premier joueur français à mettre les pieds sur un terrain de la N.B.A. Ce serait le rêve ! Moi, c’était un rêve aussi, mois, mon rêve c’était d’être joueur professionnel de base-ball, ça n’a pas marché, j’avais le rêve de venir travailler dans la coiffure aux Etats-Unis, j’y suis allé. J’ai toujours dit à Ylan «ton rêve, si tu penses toujours que tu peux le faire, tu y arriveras, peut-être pas de la façon dont tu le veux, mais tu y arriveras. »

I.K. : Vous avez beaucoup d’humour Jean Marc, un très beau salon, on vous souhaite bonne chance, merci d’avoir répondu à notre interview.

J.M.L. : Merci beaucoup.

Contactez Jean-Marc au 702.403.3920 ou visitez son site web à http://www.jeanmarclevy.net


About the Author

was born in the royal city of Versailles, France and have lived in the United States since 1996. After earning a Bachelor's degree in History from the University of California Berkeley and studying for a Master program in education at the University of Southern California, she went on to teach French to aspiring UNLV and CSN students in Nevada. When she is not teaching, she is writing, interviewing people in a wide range of circumstances, pitching story ideas to writers and editors, taking pictures, traveling, painting or trying delicious foods.



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