Art & Culture

Published on mai 26th, 2014 | by Julie Chaizemartin

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Josephine, the fate of a woman

Joséphine

L’impératrice Josephine par Pierre-Paul Prudh’on au Louvre, 1805

“Incomparable Joséphine” écrivait le jeune général Bonaparte à sa belle alors qu’il venait de succomber à ses charmes. La douce Joséphine n’en manquait pas. Son port de tête, sa coiffure à l’antique, sa robe légère très décolletée et sa petite bouche pincée sont devenus célèbres grâce aux nombreux portraits qui la représentent. Son destin hors du commun et son élégance légendaire ont transformé la jeune épouse de Napoléon en mythe. L’exposition parisienne présentée au Musée du Luxembourg nous fait entrer dans son intimité, à travers de nombreux objets de valeur lui ayant appartenu. Des souvenirs personnels aux chefs-d’œuvre de sa collection privée, la première impératrice de France apparaît en femme raffinée.

Un destin hors du commun
Mystérieuse Joséphine, encore assez mal connue, certains l’ont caricaturé en femme adultère en raison de ses amants (Napoléon prenait lui aussi de nombreuses maîtresses) ou bien en symbole de l’esclavagisme en raison de ses origines créoles (elle était née à la Martinique dans une famille de planteurs aristocrates). Loin de ces caricatures, l’exposition du Sénat à Paris s’attarde sur la personnalité de la jeune femme qui a su prendre en main un destin auquel elle ne s’attendait absolument pas. Lorsqu’elle épouse Napoléon Bonaparte en 1796, Joséphine est veuve. Son premier mari, avec lequel elle a eu deux enfants, Eugène et Hortense, est Alexandre de Beauharnais, président de l’Assemblée constituante et commandant en chef de l’armée du Rhin, exécuté le 23 juillet 1794. Marie-Josèphe-Rose Tascher de La Pagerie (qui est le véritable nom de Joséphine) sera elle aussi emprisonnée à la prison des Carmes puis finalement libérée après la chute de Robespierre. Elle entame alors une vie mondaine, s’installe dans le quartier très couru de la Chaussée d’Antin et fait la connaissance d’un jeune général plein d’ambition, Napoléon Bonaparte. La passion naît vite entre ces deux-là et la jeune femme suit son homme dans son ascension jusqu’au coup d’Etat du 18 brumaire (le 9 novembre 1799) et la proclamation de l’Empire en 1804. Marie-Josèphe-Rose devient alors Joséphine. C’est Napoléon qui lui préfère ce nom et la rebaptise ainsi.

diadème

Le diadème de Josephine

L’élégance à la française…
Insatiable Joséphine, femme du monde attentive à la mode, éprise de bijoux et de toilettes, amoureuse des roses et des sciences naturelles. Les roses, elle s’en coiffait et elle en tapissa sa serre chaude, de toutes les couleurs, de toutes les variétés. A côté, l’abeille, symbole de l’empereur se déclinait sur les meubles, sa harpe ou sa vaisselle dorée. Enfin, son péché mignon allait aux gemmes, émeraudes, rubis et camées qui ornaient ses innombrables bijoux dont il ne nous reste malheureusement que très peu d’exemplaires. On peut quand même admirer dans l’exposition de magnifiques boucles d’oreilles ornées de saphirs et de diamants ainsi qu’un exceptionnel diadème de camées exécuté dans un seul coquillage dont il prend la forme. Ce premier bijou aurait été offert à Joséphine par Joachim Murat, son beau-frère, roi de Naples. Joséphine dépensait donc sans compter, peut-être pour oublier son chagrin de ne pas avoir d’enfants avec l’empereur ce qui amène bientôt ce dernier à la répudier.

Au château de la Malmaison
Entourée de ses œuvres d’art, Joséphine finira sa vie au château de Malmaison, qui reflète encore aujourd’hui son goût et ses passions, en particulier pour la peinture et la botanique. Du goût à la grecque, que l’on perçoit encore dans la coiffure et les robes de Joséphine, on passe bientôt au style Empire et l’histoire de France prend un tournant plus autoritaire, politiquement instable, où les Lumières de la Révolutions semblent déjà s’évanouir dans les fastes ambitieux de l’Empire. Napoléon ne cache pas son objectif de conquérir le monde.

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Photo par Julie Chaizemartin – “Cupidon et Psyché debout” par Antonio Canova réalisé entre 1802 et 1808.

Joséphine, elle, se concentre sur son image. Elle confectionne une grande collection de peintures et de sculptures parmi lesquelles des chefs-d’œuvre de Canova, un de ses sculpteurs préférés et une attention particulière pour les peintres troubadours. Lorsqu’on parle de beauté et de bijoux, le nom de Joséphine semble être encore aujourd’hui une référence, comme l’atteste par exemple l’héritier du joaillier attitré de Napoléon, Mellerio et Nitot, connu aujourd’hui sous le nom de Chaumet. La tiare est d’ailleurs devenue l’objet emblématique de la maison et une collection s’appelle toujours « Joséphine ».

Pour la personnalité et les goûts de Joséphine, c’est donc au château de Malmaison qu’il faut se rendre, non loin de Paris, demeure de l’impératrice, décorée à son image. Chaque meuble, chaque détail d’ornement rappelle la présence de la jeune femme dans les lieux. Elle y cultiva un art de vivre à la française devenu célèbre et y collectionna un nombre infini de plantes et de fleurs. Aujourd’hui, ce sont ses nombreux portraits qui nous font revivre son charmant visage, commandés aux peintres les plus en vue de son époque, tels Pierre-Paul Prud’hon, Jacques-Louis David ou Jean-Antoine Gros dont les plus belles œuvres sont aujourd’hui visibles au musée du Louvre.

Exposition présentée à l’occasion du bicentenaire de la mort de Joséphine, survenue le 29 mai 1814 au château de Malmaison.

Joséphine
12 mars – 29 juin 2014
Musée du Luxembourg
19 rue de Vaugirard
75006 Paris
Ouvert tous les jours de 10h à 19h30 (22h le lundi), fermé le 1er mai.
www.museeduluxembourg.fr

Autre exposition :
Joséphine la passion des fleurs et des oiseaux
2 avril – 30 juin 2014
Musée national des châteaux de Malmaison et Bois Préau
Ouverts tous les jours sauf le mardi, de 10h à 12h30 et de 13h30 à 17h45 (18h15 le week-end). Et ouverture du Jardin des roses anciennes de Joséphine le 5 juin 2014.

 


About the Author

Historienne de l'art et journaliste. Diplômée en droit et en histoire de l'art à la Sorbonne et à l’École du Louvre, Julie collabore à plusieurs magazines sur des sujets historiques et culturels. Elle a également créé en 2011 un fonds de dotation qui soutient des projets de sauvegarde du patrimoine à l'étranger (en collaboration avec l'UNESCO) et est l'auteur du livre "Ferrare, joyau de la Renaissance italienne" publié en 2012 (éditions Berg International).



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