Voyage

Published on novembre 8th, 2017 | by Julie Chaizemartin

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Hotel Metropole à Monte-Carlo: un palais historique mis en valeur par un design contemporain au coeur de Monaco

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Odyssey durant la nuit. Photo : Metropole Hotel Monte-Carlo.

Calme et volupté y règnent. Et le luxe bien sûr. Dans les moindres détails. A l’hôtel Métropole Monte-Carlo, l’invitation au voyage débute dès l’allée d’honneur qui déploie ses atours italianisants comme une introduction au visage patricien de la façade de l’hôtel. A peine entré dans l’enceinte du palace, on se sent dans un ailleurs raffiné, au calme olympien, qui fait oublier la présence de la route à seulement quelques mètres pourtant. Où est-on ? Au seuil d’un hôtel particulier appartenant à un riche inconnu, à l’orée d’un jardin merveilleux ? Le cadre ressemble à ces gravures anciennes où chaque arbre et chaque pierre y est dessiné avec soin dans un emplacement choisi. Les statues à l’antique, pour certaines légèrement cachées par quelques feuillages éparpillés, regardent de leur hauteur le visiteur surpris et séduit. Jacques Garcia, le célèbre décorateur à la carrière internationale, a voulu recréer ici l’atmosphère d’une villa italienne de la Renaissance. Et c’est réussi. L’arc de triomphe de l’entrée, qu’il a lui-même ramené de ses collections personnelles, les statues, les fontaines grimaçantes et les colonnades nous transportent directement en Toscane. Sentez-vous ce parfum méditerranéen ? Il va vous accompagner jusque dans les plats gastronomiques du restaurant, préparés par le chef multi-étoilé Joël Robuchon et son chef des Cuisines Christophe Cussac, si vous osez franchir le pas de porte… Une langoustine en papillote croustillante au basilic, des spaghettis au homard bleu, émulsion coralline, suivies d’un filet de Saint-Pierre en bohémienne méridionale ou d’une caille farcie de foie gras et caramélisée avec une pomme purée à la truffe… Ou pourquoi pas, plus simplement, en petites portions pour les petites faims : la sardine fraîche aux asperges vertes et citron de Menton confit, le caviar sur un tartare de saumon en symphonie gourmande, l’artichaut épineux à l’encornet au thym et au chorizo en tajine, l’agneau de lait, en côtelettes dorées, au thym et aubergine… Qu’en dites-vous ? On ne dira rien des desserts, tout aussi raffinés et appétissants qui respirent les couleurs et les saveurs du Sud. L’identité du palace est là : il a su rester une maison provençale de caractère et d’exception. Et la magie opère.

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Photo: Metropole Hotel Monte-Carlo.

Le charme de l’authenticité
Comme chacun sait, Monaco rime avec luxe. Non loin, le casino, le Yacht Club, le Café de Paris, le grand prix de formule 1 (l’hôtel Métropole Monte-Carlo a le privilège d’avoir une vue incroyable sur le circuit) n’attendent-ils pas les personnalités les plus riches de la planète, les stars de passage ou les touristes d’une nuit venus pour un plaisir très spécial découvrir le mythique rocher de la French Riviera et l’histoire des Grimaldi ? Si l’hôtel Métropole Monte-Carlo est un des palaces 5 étoiles les plus beaux de la Principauté, c’est aussi le seul, parmi la dizaine d’hôtel de luxe que compte Monaco, qui n’appartienne pas à un grand groupe. A travers son indépendance, il revendique son originalité. « L’hôtel Metropole a le parfum d’une demeure de famille » disait son ancien directeur Pierre Ferchaud. Son récent successeur, Serge Ethuin, qui vient d’être nommé à la tête de l’hôtel en décembre 2015 aura le même plaisir à « construire l’avenir de cet établissement mythique », a-t-il déclaré. Lui aussi chevronné de l’hôtellerie de luxe, il a évolué durant 30 ans au sein du groupe Hilton, a pris la tête du célèbre palace romain Le Rome Cavalieri puis a su insufflé une nouvelle dynamique au Royal Monceau Raffles de Paris. La bâtisse a vu le jour en 1889 dans le style néoclassique de la Belle Epoque. Idéalement situé, dans le carré d’or de la principauté, près des boutiques de luxe, des jardins et du casino, cette demeure historique est à taille humaine et c’est cette intimité, cette chaleur qui fait son charme, son authenticité. On avance dans ses couloirs à pas feutrés, on se love dans des sièges tapissés au cachet suranné. Ici, aucune ostentation, mais du raffinement, de l’élégance. Et surtout, chaque objet se doit de raconter l’histoire plus que centenaire du lieu. Dans le lobby, on peut par exemple voir une série de portraits des personnalités qui ont fait l’histoire de l’hôtel, parmi lesquelles on peut s’amuser à trouver le visage d’une des plus récentes, Joël Robuchon.

Une demeure historique
Depuis sa construction à la fin du XIXe siècle (sur un terrain qui appartenait au pape Léon XIII), l’hôtel attire une clientèle aristocratique venue chercher les plaisirs d’une villégiature estivale, notamment l’aristocratie anglaise, friande de voyages, de raffinement et de discrétion. On y croise aussi les hommes d’affaires qui ont réussi, les intellectuels et, plus récemment, les people. De nationalités diverses (beaucoup d’Anglais, de Russes, de Français, d’Américains et de Chinois) et d’univers contrastés, la clientèle est aussi de plus en plus locale, se fidélisant, notamment pour apprécier les mets des restaurants signés Joël Robuchon : le restaurant principal, deux étoiles au Michelin) à la carte d’inspiration méditerranéenne (la cuisine ouverte avec teppanyaki permet aux convives d’être proches des cuisiniers), mais aussi le Yoshi restaurant, le premier restaurant japonais de Joël Robuchon, auréolé déjà d’une étoile au Michelin et tenu par l’un de ses fidèles complices, le chef japonais Takéo Yamazaki. On peut également déjeuner et prendre le petit-déjeuner aux abords de la piscine au restaurant Odyssey ou se détendre au lobby bar, toujours accompagné, à chaque fois, de propositions culinaires du chef français.

Car depuis peu, l’hôtel a su se renouveler, valoriser son histoire tout en accueillant le contemporain. Son développement a commencé dans les années 1980 avec son rachat par le promoteur libanais Nabil Boustany, alors tombé amoureux de Monaco. Depuis, la famille Boustany est toujours propriétaire de l’hôtel et a entamé une grande campagne de travaux de restauration, en 2003-2004, pour redonner son prestige au bâtiment historique et créer un concept novateur pour l’hôtel Métropole Monte-Carlo. Le travail de grands noms du design lui donne alors la sophistication et la touche de glamour qui lui manquait.

Le design contemporain signé Jacques Garcia, Karl Lagerfeld et Didier Gomez
Le lobby, les chambres, les espaces de conférence et le spa ont été complètement pensés par Jacques Garcia (connu notamment pour avoir œuvré au Costes et au Fouquet’s à Paris) qui a misé sur les boiseries, les tapisseries et les objets d’art pour créer des espaces à la fois chaleureux et luxueux. Les matières chatoyantes s’accordent aux parquets couleur miel qui rappellent les anciennes demeures méditerranéennes. Ainsi les 126 chambres et suites (64 en tout) proposent ce chic historicisé qui laisse une large place au confort. Notons que pour les salles de bain, il semble que ce soit plutôt l’antique qui ait inspiré le décorateur. Il suffit de voir puis de tester les immenses salles de bain aux murs entièrement recouverts de marbre de carrare. Détente et luxe garantis dans ces espaces où Apollon et les nymphes pourraient bien faire une apparition. A quelques kilomètres de Monte-Carlo, le décorateur serait-il allé trouver quelques inspirations au sein de la sublime villa Kérylos de Beaulieu-sur-Mer, construite au début du 20e siècle sur le modèle d’une villa de la Grèce antique ?

Dans le lobby, retour à l’ambiance tamisée et cosy qui caractérise l’hôtel. C’est ce qui plaît aux stars qui viennent nombreuses – Rihanna, Jennifer Lopez, Robbie Williams… – et qui recherchent avant tout de la tranquillité et de la discrétion. Et comme au Bellagio de Las Vegas, la décoration centrale éphémère du lobby – en forme de jardin suspendu, d’arbres, de composition florale ou de toute autre création originale – change tous les trois mois.

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Suite Carré d’Or. Photo: Metropole Hotel Monte-Carlo.

Le lieu le plus raffiné de l’hôtel reste la Suite Carré d’Or, située au dernier étage, dont le mobilier de style Louis XVI se marie à merveille avec une exceptionnelle bibliothèque entièrement boisée garnie d’ouvrages originaux. L’esprit de collectionneur, de bibliophile entre ici en harmonie avec les événements les plus tendance de la mode actuelle quand les marques de luxe louent cet espace de 240 m² pour leur shooting de quelques heures. La Suite Carré d’Or est aussi dotée d’une immense terrasse qui bénéficie d’une des plus belles vues sur la baie de Monaco.

Le spa Métropole ESPA (la marque ESPA a été créée par Susan Harmsworth) de 2000 m² a également été décoré par Jacques Garcia et propose au cœur de Monaco un espace bien-être d’exception (une salle de relaxation, un studio Pedi:Mani:Cure by Bastien Gonzalez, un hammam/sauna/caldarium avec deux douches tropicales, 10 cabines de soin dont 2 suites privées et un studio fitness ainsi qu’une boutique pour retrouver les produits Révérence du célèbre pédicure Bastien Gonzalez). Cet espace correspond directement avec la piscine de plein air « designée » par Karl Lagerfeld qui a conçu une immense fresque photographique de style « néoantique » qui fait penser à la fois à la tragédie grecque et aux premières références balnéaires. La piscine et son restaurant, dont la carte est de Joël Robuchon, s’appellent l’espace ODYSSEY. C’est le lieu le plus romantique de l’hôtel ; surtout à la tombée de la nuit, lorsque la piscine s’illumine de mille étoiles scintillantes. Le mobilier contemporain noir et blanc de Karl Lagerfeld apporte une touche chic et mode à l’ensemble et contraste avec les intérieurs plus moirés du palace. La soirée se termine autour d’un cocktail sur une ambiance musicale de Béatrice Ardisson qui apporte la touche glamour à l’atmosphère du lieu ou au bar à sushis du restaurant Yoshi conçu par le designer Didier Gomez, décorateur habitué à travailler avec les plus grands du luxe dont LVMH et Yves Saint-Laurent. Le jardin japonais du restaurant a lui été pensé par le paysagiste Jacques Messin.

A l’hôtel Métropole Monte-Carlo, que ce soit juste pour le temps d’un verre ou le temps de plusieurs nuits, chacun peut y vivre un moment de volupté, grâce à la gastronomie, à l’espace bien-être, à la découverte du design contemporain ou simplement grâce à l’histoire de l’hôtel. Certains, plus VIP, voudront un champagne millésimé en pleine nuit, d’autres, plus royaux un trône dans leurs suites, et d’autres encore, plus sportifs, un jeu de golf dans leurs chambres… il paraît que chaque désir devient réalité. L’équipe de l’hôtel l’a confirmé. Si ce n’est pas cela le comble du luxe…?

http://www.metropole.com/en/home
Adresse : 4 avenue de la Madone à Monaco
Tel : (+377) 93 15 15 15
Email : metropole@metropole.com


About the Author

Historienne de l'art et journaliste. Diplômée en droit et en histoire de l'art à la Sorbonne et à l’École du Louvre, Julie collabore à plusieurs magazines sur des sujets historiques et culturels. Elle a également créé en 2011 un fonds de dotation qui soutient des projets de sauvegarde du patrimoine à l'étranger (en collaboration avec l'UNESCO) et est l'auteur du livre "Ferrare, joyau de la Renaissance italienne" publié en 2012 (éditions Berg International).



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