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Published on décembre 10th, 2017 | by Laurence de Valmy

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Peter Fetterman met en vente 120 œuvres du légendaire photographe français Henri Cartier-Bresson

Peter Fetterman © Mark Edward Harris / Courtoisie Mark Edward Harris.

Le 12 décembre, Phillips met aux enchères à New York 120 œuvres d’Henri Cartier-Bresson, le légendaire photographe français. Les œuvres proviennent de la collection personnelle de Peter Fetterman, dernier marchand de Cartier-Bresson, qui a travaillé avec l’artiste de 1990 jusqu’à sa mort en 2004. Peter Fetterman, collectionneur passionné et propriétaire de la Peter Fetterman Gallery à Santa Monica, a joué un rôle essentiel dans la diffusion du travail d’Henri Cartier-Bresson aux États-Unis. Selon lui, c’est suite à l’achat d’une photo de Cartier-Bresson que Peter a décidé de changer de carrière passant de l’industrie cinématographique au monde de l’art.

La première photo d’Henri Cartier-Bresson achetée par Peter Fetterman: Srinagar, Kashmir 1948.

La collection offerte la semaine prochaine a fait le tour du monde à travers Londres, Los Angeles et Paris. Elle comprend des paysages ou des photographies de rue de ses nombreux voyages et des portraits de certaines des figures les plus influentes du XXe siècle, dont Matisse et Marilyn Monroe. 

Marilyn Monroe pendant le tournage de ‘The Misfits’, Nevada 1960.

Rue Mouffetard, Paris 1952.

Cartier-Bresson a commencé à travailler avec un appareil Leica portable, alors qu’il voyageait à travers l’Europe en 1932, et il n’a pas planifié ou mis en scène ses photos. Sa pratique consistait à capturer un moment de beauté éphémère en captant un moment où son instinct lui disait que la scène devant lui était en équilibre parfait, “le moment décisif” – un concept qui influencera les photographes tout au long du 20ème siècle. Ses œuvres racontent des histoires et sont profondément humaines ce qui donne à cet artiste une place particulière dans l’histoire de la photographie. 

École de ballet du Bolchoï, Moscou, URSS 1954.

Peter a eu la gentillesse de partager sa passion pour la photographie et sa relation avec l’artiste.

Bonjour Peter, dans une interview précédente, vous avez dit “Henri Cartier-Bresson était mon héros, l’homme qui a involontairement changé ma vie en achetant une copie de son image Srinagar il y a plus de 40 ans.” Pouvez-vous nous dire pourquoi c’était un moment décisif pour vous ?

Saint-Sylvestre, Times Square, Manhattan 1959.

J’étais cinéaste et j’avais travaillé dans trois films donc j’étais dans l’univers des histoires et des images, mais je me sentais frustré parce que je ne contrôlais pas tout le projet. La photographie m’a donné un sentiment de liberté et d’émancipation. Je me suis rendu compte qu’il y avait une autre façon d’être créatif en étant curateur. J’ai donc changé ma vie et c’est devenu une obsession et une addiction. Parfois, vous réalisez que vous devez changer de chemin pour vous sentir plus complet et plus heureux.

Comment avez-vous rencontré Henri Cartier Bresson ?

J’ai commencé à travailler avec lui et je l’ai rencontré plus tard à Paris chez lui. J’étais nerveux parce qu’il était mon héros. J’ai été surpris parce que son appartement était très simple: il n’y avait pas une photo de lui. Il était bien dans sa peau et n’avait pas besoin d’exposer son travail chez lui pour se rassurer. Il y avait juste quelques dessins de Matisse, offerts par l’artiste et de Giacometti. Je l’ai senti humble et en paix.

Que ressentez-vous avec la séparation de cette collection représentant 40 ans de collection ?

C’est une expérience étrange et je pense que dans 10 jours je serai triste mais je réalise aussi que ces œuvres feront toujours partie de moi. J’ai appris des choses grâce à elles et maintenant je les laisse s’envoler pour qu’une nouvelle génération puisse les apprécier. Je soutiens également une jeune génération de photographes et j’utiliserai ces ressources pour le faire. Je pense que cela correspond à ce que Henri et sa femme Martine (Franck) auraient souhaité. C’est pourquoi ils ont créé la Fondation Henri Cartier Bresson, pour exposer et soutenir les jeunes artistes.

A propos de jeunes artistes, que pensez vous de l’évolution de la photographie a l’ère du digital ?

Eh bien, la photographie numérique ne me parle pas, mais je me sens proche d’une jeune génération de photographes qui travaille toujours avec les techniques traditionnelles. Il y en a encore qui vont travailler dans une chambre noire jusqu’à ce qu’ils puissent produire l’impression parfaite. Toute collection est une expression de votre goût et le mien est cette approche plus humaine et traditionnelle.

Avez-vous une photo préférée de lui et si oui pourquoi ?

Vendeurs de journaux, Mexico, Mexique.

C’est une question que je l’on me pose beaucoup et bien sûr je les aime toutes c’est pourquoi je les ai collectionnées. Mais si vous me poussez dans mes retranchements, il y en a probablement une que j’affectionne particulièrement : c’est la photo d’une mère et d’un enfant au Mexique qui vendent des journaux dans la rue. J’aime la composition, la lumière, la tendresse qui en émane. C’est beau et déchirant et cela ressemble à un tableau de grand maître.

Une anecdote à son sujet?

Avant que je le rencontre j’étais nerveux parce qu’il avait la réputation de ne pas être amical et qu’il pouvait parfois faire semblant de ne pas savoir parler anglais quand il ne voulait pas parler avec quelqu’un. Mais j’ai remarqué que son accent anglais était absolument parfait. Donc je lui ai mentionné. Il m’a fait un clin d’œil et m’a dit “j’avais une nounou anglaise!”.

Pour plus information sur

la vente www.phillips.com

Henri Cartier Bresson: Fondation Henri Cartier Bresson à Paris

La Galerie Peter Fetterman Gallery à Santa Monica

 


About the Author

is a French born artist, who lives and works in New York area. She is a painter working with acrylics for the wide possibility of this medium. She has followed art classes both in France and the USA and was awarded an Artist Residency by the Eileen Kaminsky Foundation (ESKFF) at Mana Contemporary,NJ in 2017. She created the blog "The Curious Frenchy" and is a now contributor to French Quarter Magazine. https://www.instagram.com/laurencedevalmy/



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