Art & Culture

Published on janvier 7th, 2018 | by Laurence de Valmy

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L’art coloré et sensuel de l’artiste français Frédéric Léglise

Bebe with power vibes.

Pour l’artiste français Frédéric Léglise, la peinture est «un acte d’amour» et, à travers la sensualité des femmes qu’il dépeint, il exprime la sensualité de la peinture. Il apprécierait probablement un voyage dans le temps pour discuter avec Rodin et Klimt qui partageaient sa fascination pour les femmes, la sensualité et l’érotisme.

Inspiré par ses modèles, de sa femme à des amies, il les capture dans des scènes intimes et les dépeints ensuite dans sa propre réalité, «sans être réaliste». C’est le mélange d’un thème traditionnel (les femmes) et de son approche contemporaine qui rend ses peintures uniques.

Frédéric Léglise.

Il dit qu’il a été inspiré par Willem de Kooning qui était un défenseur du pluralisme des styles et qui a dit que «l’art ne devrait pas être d’une certaine façon» pour se libérer de l’assertion de ses enseignants que «la peinture était morte». Une autre citation de de Kooning est «peignez ce que vous aimez». Frédéric Léglise suit assurément ce conseil avisé et cela se ressent.

Basé à Paris, il a récemment obtenu une résidence d’artiste à l’ESKFF, à Mana Contemporary, dans la région de New York. Son travail a été montré en France et à l’étranger et sa prochaine exposition aura lieu au Musée Frissiras à Athènes. Bienvenue dans son univers coloré et sensuel.

 

Quel a été votre parcours artistique, pourquoi avez-vous choisi de peindre?

En fait, quand j’étais adolescent, je voulais devenir designer automobile. J’étais de Brest, alors j’ai commencé à étudier à l’école d’art de la ville. Au cours de ma première année, je me suis passionné pour l’art et la peinture en particulier grâce aux cours d’histoire de l’art. Puis j’ai décidé de devenir peintre. Mais dans les années 90, pendant mes études d’art, la peinture était presque interdite; la plupart de nos professeurs disaient aux élèves que « la peinture était morte ». Le seul type de peinture acceptable était la peinture abstraite. J’ai donc commencé à peindre des images abstraites, mais en même temps j’ai été très marqué par Picasso, De Kooning, Baselitz, Bacon qui ne sont pas abstraits. Quand j’ai été accepté aux Beaux Arts à Paris, je peignais encore de l’abstrait, et j’ai aussi essayé la sculpture, l’installation et la vidéo … Mais j’étais frustré. Comme j’étudiais à Paris et que ma copine vivait en Bretagne, j’ai commencé à envoyer des lettres d’amour avec des dessins érotiques. Bientôt, j’ai réalisé que j’avais plus de plaisir à faire ces dessins que des peintures abstraites, des vidéos ou des installations. Ces dessins sont le début de ma pratique actuelle, et j’ai commencé à prendre des photos nues de ma copine et à la peindre. En même temps, j’ai lu un livre des différentes interviews de Willem De Kooning, où il explique que quand il a commencé à peindre sa première série de femmes, certains critiques et artistes lui ont dit qu’il était un expressionniste abstrait et que peindre des femmes était un revenir au passé, pas l’œuvre d’un artiste d’avant-garde. Un critique lui a dit qu’il n’y avait plus aucune raison de peindre des femmes. De Kooning a répondu « c’est vrai, mais il n’y a aucune raison de ne pas le faire ». Alors j’ai pensé que si je voulais peindre des femmes et des nus, je n’avais aucune raison de ne pas le faire, quoi qu’en pensent les professeurs. C’était un chemin difficile parce que presque rien dans le monde de l’art français dans les années 90 n’était semblable à ma pratique. Mais ma décision était prise, et c’est encore mon travail actuel. En parallèle, je peins depuis de nombreuses années une série d’autoportraits de mon ombre. Je fais ces œuvres à partir de mon ombre sur le papier, sur la toile et parfois sur des pages de livres reproduisant des œuvres d’art.

Frédéric Léglise et JoJo Wang.

Que voulez-vous réaliser avec votre œuvre?

Mes sujets principaux, portraits de femmes, nus et autoportraits, sont en quelque sorte très classiques. Je veux les revisiter d’une manière contemporaine. Les portraits de ces femmes ressemblent aux modèles mais ne sont pas réalistes. J’ai l’impression que trop d’artistes de l’art figuratif sont prisonniers de la réalité ou de la photographie. Ma façon d’éviter cela n’est pas de peindre une sorte de «monde surréaliste», mais de détourner des éléments très simples de ce que je vois:

– modifier la couleur du corps,

– sortir le personnage du contexte d’origine en utilisant des feuilles d’or ou d’aluminium, afin d’isoler la figure et de transformer l’espace autour du modèle en une surface réfléchissant la lumière

– transformer certains éléments de l’espace où se trouve la figure: par exemple comme dans le tableau “Rive gauche” et aussi dans le tableau “Natsuko” où j’ai transformé l’ombre des feuilles en coups de pinceau abstraits.

– jouer avec le point de vue pour que la figure semble flotter dans l’espace.

Comment vous inspirez-vous pour vos nouvelles créations? Qui sont vos modèles? *

Mes modèles sont non professionnels. Ce sont des femmes que je rencontre dans ma vie de tous les jours: des amies ou ma femme, ou des femmes que je rencontre lors de vernissages … Je m’inspire des photos que je prends pendant le tournage. Je prends des centaines de photos du modèle dans différents vêtements et attitudes que nous discutons ensemble. Les vêtements et les imprimés sont souvent inspirants, car ils peuvent apporter de nouvelles couleurs, de nouveaux gestes sur la toile, et cela peut être comme une sorte d’abstraction. La transparence des vêtements est une chose très stimulante à traduire sur la toile aussi. Je lis de plus en plus de mangas, et sur la peinture traditionnelle asiatique et je porte beaucoup d’attention à l’arrière-plan et à l’utilisation de l’espace dans l’art asiatique. Je m’intéresse également au Pop art, à la peinture française du 19ème et de la première moitié du 20ème siècle. Tous ces travaux tentent de traduire la réalité mais sans être réalistes.

Votre femme l’artiste Jojo Wang est à la fois votre muse et une collaboratrice. Quelle influence avez-vous sur vos œuvres respectives?

Ma femme m’encourage beaucoup dans mon travail ; elle me trouve des modèles et me donne son avis sur ce qui fonctionne ou non dans les peintures. Comme elle est chinoise, elle m’a fait beaucoup plus m’intéresser à l’art, au cinéma et à la littérature asiatiques, ce qui a clairement influencé ma peinture. Il m’est plus difficile de vous dire quelle influence j’ai sur son travail, mais mes contacts lui ont donné l’opportunité de participer à plusieurs expositions, et aussi de rencontrer des collectionneurs. Son travail est aussi devenu plus ouvert à l’érotisme, chose qu’elle ne s’est pas autorisée de faire avant, peut-être à cause de son éducation traditionnelle chinoise. Depuis que je l’ai rencontrée, je l’ai beaucoup peinte, seule ou avec d’autres femmes.

Rive Gauche.

Quelle image de femmes voulez-vous représenter?

J’ai un regard bienveillant pour les femmes que je peins, et je veux le traduire dans ma peinture. Je pense que pour moi la peinture est un acte d’amour, et la sensualité de ces femmes est une manière métaphorique d’exprimer la sensualité de la peinture.

Avez-vous une anecdote que vous aimeriez partager?

En Corée, lors d’une exposition solo à la Galerie Artworks Paris Séoul, j’ai fait un shooting avec l’assistante de mon galeriste. Quand j’ai fait les photos, un chat est venu près du modèle, et j’ai donc décidé de le peindre aussi. C’était inattendu, et c’était justement très intéressant.

Quelle est la question qui vous est le plus posée?

Combien de temps faut-il pour faire une peinture? Ca dépend vraiment, ça peut être 2 jours, et parfois plus d’un mois, car d’habitude je travaille sur plusieurs tableaux en même temps.

Quelle est la question que vous aimeriez qu’on vous pose?

Pourquoi peindre? Je sais que vous m’avez demandé, mais j’aimerais ajouter que ce que j’aime dans ce médium, c’est que vous êtes vraiment indépendant dans votre création puisque vous avez besoin de peu de matériel pour le faire. Vous pouvez travailler avec du papier et de l’encre par exemple, tout comme pour l’écriture; la différence est qu’une traduction n’est pas nécessaire pour être compris. N’importe qui peut regarder ce que vous peignez et le comprendre.

Quel est le projet de vos rêves?

Une autre résidence à New York et une résidence en Chine, avec des expositions solo après.

Quels sont vos projets pour les prochains mois ?

Ma prochaine exposition importante commence en janvier au Musée Frissiras d’Athènes, intitulé «Nouveaux horizons de la peinture». C’est une exposition de groupe et il y aura un focus sur mon travail. Ils ont également organisé une exposition solo de mon travail au Musée en 2019-2020 avec 70 à 80 peintures et un grand catalogue. J’ai d’autres projets d’expositions personnelles en Europe pour cette année, dont je pourrai parler plus précisément prochainement.

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About the Author

is a French born artist, who lives and works in New York Great area. She is a painter creator of the POST series, painted Instagram of the past revisiting art history. She was awarded an Artist Residency by the Eileen Kaminsky Foundation (ESKFF) at Mana Contemporary,NJ in 2017. She created the blog "The Curious Frenchy" and is a now contributor to French Quarter Magazine. https://www.instagram.com/laurencedevalmy/



3 Responses to L’art coloré et sensuel de l’artiste français Frédéric Léglise

  1. Pingback: The colorful and sensual art of French artist Frédéric Léglise

  2. Michael Di Loreto says:

    J’aime les images des jeunes femmes de Frédéric Léglise. Son style me semble unique, modern, and très intéressant. Je voudrais voir plus.

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