Art & Culture

Published on janvier 15th, 2016 | by Magalie Lopez

0

La grenouille et le bison: stéréotypes…

Une brève explication sur le titre de cet article : sans mauvais esprit et sans l’avoir même fait exprès, je cumule le fait d’être française et celui d’avoir pour animal totem (celui auquel une sage-femme me compara dès la naissance… à cause de mes grandes jambes) la grenouille. Pour écrire cet article qui traite des clichés qu’ont les français sur leurs voisins américains (comparés au bison car c’est un de leurs animaux emblématiques), j’ai imaginé un titre et une histoire à la « Walt Disney ».

Grenouille - source Magalie Lopez-2

Grenouille. Photo par Magalie Lopez.

Il était une fois, une grenouille, trônant sur un nénuphar (Lyon) au beau milieu de sa mare (la France) et de ses congénères batraciens (les français).
Un jour, à l’école, la grenouille entendit parler d’un pays immense peuplé de bisons. Ce pays portait différents noms : les Etats-Unis d’Amérique, l’Amérique du Nord ou les USA… lequel était le bon ? La grenouille l’ignorait.

Les anciennes grenouilles de la mare aimaient follement les bisons, qu’elles surnommaient affectueusement : les ricains. « Les ricains nous ont libéré de l’aigle noir, disaient-elles, ils nous ont apporté les chewing-gums ! coassaient elles, et le rock’n’roll ! ».

Un coq passant près de la mare, entendit les conversations des grenouilles et décida d’intervenir car, toutes, selon lui, se trompaient.
« Mesdames, je suis au regret de vous annoncer que vous êtes dans l’erreur la plus totale au sujet des bisons et je m’en vais vous conter la vérité.
Tout d’abord, sachez que les bisons sont tous gros, que dis-je, énormes. Cela s’appelle l’obésité. Leur panse traine au sol ainsi que le gras de leur menton. Au lieu de brouter la bonne herbe de leurs champs, ils préfèrent ingurgiter des tonnes de ce qu’ils appellent Burgers… oui, ils sont cannibales (même si le bœuf n’est que leur cousin). Pour faire glisser les tonnes de burgers et de frites qu’ils avalent, ils ne boivent pas l’eau des rivières mais une sorte de potion magique, collante, sucrée et gazeuse qui leur fait faire de monstrueux rots ! »
Etonnée, la petite grenouille dit : « Mais, ils ne peuvent pas être tous gros ? Ce n’est pas possible ! »
« Presque tous, repris le coq, mais pas tous en effet. Ceux qui ne sont pas gros sont très très musclés (pour les mâles) et rembourrés de caoutchouc qu’ils nomment silicone (pour les mamelles et les lèvres des femelles). Ils abusent du soleil afin d’avoir un pelage sombre. Certaines bisonnes aiment avoir le pelage du crâne jaune comme le maïs qui pousse partout là-bas. »

bison américain - source Wikipédia-2

Bison Américain. Photo par Wikipedia.

La doyenne de la mare intervint : « ceux qui sont venus chasser l’aigle noir quand j’étais jeune n’étaient pas du tout comme ça ! »
« C’était l’ancienne génération, répondit le coq, celle qui mangeait uniquement du pop corn. Mais cette génération là était déjà brutale ! N’ont-ils pas débarqués ici les mains pleines d’armes meurtrières ? Hé bien, sachez que désormais, au pays des bisons, chacun d’entre eux, dès le plus jeune âge (à la maternelle), possède une arme ! Oh pas seulement un couteau Suisse (comme Mac Gyver) mais surtout des pistolets et des fusils comme on en voit dans leurs films ! D’ailleurs, parlons-en de leurs films : des explosions partout, du muscle (encore), du silicone (toujours), des armes et des gros mots : leur préféré, qu’ils mettent partout, commence par un F. et ils l’utilisent même pour dire que quelque chose leur plait !
Ils accompagnent ce mot en F. par un geste étrange, ils tendent le plus long doigt de leur main et laissent les autres repliés (oui, les bisons ont des mains… c’est mon texte et j’écris ce que je veux, f*** !) »
Sur ce, la petite grenouille ajouta que son peuple affectionnait également beaucoup ce geste mais uniquement en guise d’insulte (entre automobilistes). Le coq ne releva pas sa remarque et continua sur sa lancée.

« Les bisons sont aussi très gentils, très accueillants, ils vous ouvrent très facilement les bras mais beaucoup moins facilement le cœur et les bisonnes embrassent qui elles veulent, quand elles veulent… sans jamais emmener ceux qu’elles embrassent dans un coin sombre du pré pour… enfin… voilà. A propos des bisonnes, il faut savoir aussi qu’elles meuglent très fort, on n’entend qu’elles ! Les bisons sont peut-être sourds, je ne sais pas, en tout cas s’ils ne le sont pas ils le deviennent surement ! »
La doyenne des grenouilles parla à nouveau : « Je me souviens que mon Jason, le beau bison que j’ai connu à la Libération, parlait très fort et pour le faire taire je lui enseignais le French kiss. Par contre, je n’ai jamais compris pourquoi en visitant Paris il répétait « l’Europe est une ville magnifique ! »
« C’est parce qu’ils sont stupides, se rengorgea le coq, ce qui provoqua une rumeur d’étonnement et d’indignation parmi les grenouilles… et quelques petits rires narquois dans le fond de la mare. Enfin, encore une fois, pas tous. La plupart ne connaît que son propre pays et pense que le monde s’arrête aux frontières des Etats-Unis. Leur pays est si grand qu’il se suffit à lui-même croient-ils ! Tout est démesuré chez eux, les voitures, les maisons, les gens et leur égo… »
« Savez-vous que les bisons sont si bizarres qu’ils vénèrent l’argent, le matérialisme (qui aura la plus grosse ?), les armes, la guerre tout en étant excessivement religieux ? Ils sont aussi très puritains, pas de gros mots à la télévision avant 23h (mais après, f*** !), la cigarette ce n’est pas bien (et ils ont bien raison ! ndlr).»
Fier de lui face à son public interloqué, le coq se mit à rire bruyamment (à l’américaine donc) et la petite grenouille se fâcha !

« Suffit coq gaulois ! cria t’elle, regarde un peu le nombril que tu n’as pas au lieu de critiquer sans savoir ! Je pars de ce pas vérifier tout cela ! »
Après avoir rempli un drôle de formulaire plein de questions étranges sur ce qu’elle faisait pendant la seconde guerre mondiale (elle n’était même pas née) et sur ses activités terroristes (quoi ?), elle sauta dans le premier avion pour le pays des bisons. A l’aéroport, elle fut accueillie par de grands bisons qui ne rigolaient pas et lui posèrent encore des questions sans sourire et de façon très sévère. Tremblotante, la grenouille répondit tantôt oui, tantôt non et finalement, les bisons, toujours sans l’ombre d’un sourire, lui souhaitèrent la bienvenue aux Etats-Unis d’Amérique.
Avant son départ, le coq avait ajouté que, même si le pays est immense, il n’est constitué que de deux villes : New York et Hollywood, son voyage serait donc de courte durée. Elle héla un taxi jaune et se décida pour Hollywood en se demandant combien de minutes cela prendra pour s’y rendre.


About the Author

est écrivain public et passe une bonne partie de son temps à aider les personnes éprouvant des difficultés de rédaction. Elle soutient les écrivains en herbe, rédige, corrige tout ce qui s'écrit. Depuis peu, elle se remet à l'anglais afin d'aider également les nombreux étudiants étrangers anglophones de passage sur Lyon. En parallèle et pour le plaisir, elle tient un blog à tendance littéraire amusant sous le pseudonyme de Louise Artéfact. Elle publiera dès septembre son premier roman en auto-édition. Visit Magalie's Website Visit Magalie's Book Website



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑