Art & Culture

Published on décembre 23rd, 2014 | by Nathalie Monsaint-Baudry

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La possibilité d’une Renaissance Française ?

« Trop de lumière éblouit, trop de distance et trop de proximité empêche la vue »
Blaise Pascal, Pensées, Misère, Fragment 72-199.

Douce France, cher pays de mon enfance…
Vous qui vivez pour la plupart loin de la France, vous portez en vous une double idée de notre culture. Celle que vous avez apportée avec vous à l’étranger, qui vous appartient, vos souvenirs, votre histoire, votre rapport à la langue, la culture, et celle que vous offrez à autrui dans votre vie loin de France. Pour beaucoup d’entre vous, la francité que vous incarnez est la seule idée de la France que se feront les autres de notre pays, de notre culture. C’est un rôle magnifique que j’ai aimé incarner pendant une vingtaine d’années loin de mon pays.

cheminvouvray

Chemin de Vouvray. Photo par Nathalie Monsaint-Baudry.

Cette idée de la France est souvent figée comme quelque chose d’intouchable enfoui au fond de nous. Chaque retour en France sert à nous rassurer que tout ce que nous aimons de notre cher pays reste bien en place et surtout ne changera pas – j’ose dire ne changera jamais. Par exemple, cette brocante de bric et de broc que l’on aime découvrir par surprise aux confins d’un département, qui nous procure ce sentiment d’entrer dans un monde pénétré d’un passé rassurant. Cette possibilité toujours renouvelée de dénicher l’objet, la trouvaille que nous n’aurions pu repérer nulle part ailleurs, nous autorise à aller hors des chemins battus. Il ne faudrait pas que cela disparaisse au profit du “tout en ligne”, ce qui est déjà un peu le cas et l’on peut s’en inquiéter car cela fait partie des plaisirs irremplaçables tellement français.

Et puis l’Auberge du XIIème siècle qui n’aura jamais de site internet, où Balzac venait se restaurer à Saché, ou bien cet ancien relais, niché dans une petite vallée charmante où l’on se vante de faire une crème anglaise avec douze œufs pondus du jour, et non pasteurisés… c’est quelque chose quand même si les services sanitaires viennent vérifier nos basses-cours…! De quoi Bruxelles vient-elle encore se mêler ? On voudrait la laisser impure, non pasteurisée et encore un petit peu brouillonne notre France, encore juste ce qu’il faut un peu arriérée, tout en acceptant de voir une réjuvénation salutaire de nos friches industrielles végétalisées, modernes, relookées et résolument dans l’air du temps.

Au fond, nous aspirons à goûter à ce que nous aimons de notre pays, au succulent nectar et ce à quoi il ne faut surtout pas toucher. C’est la corde nostalgique qui vibre : ces terrasses de café où l’on refait le monde, ces retraités qui jouent à la pétanque, ces débats intellectuels capables de hiérarchiser les figures de style empruntées, de disséquer pendant des heures la syntaxe du discours politique pour mieux extraire l’intention nichée derrière l’utilisation du subjonctif ou ce recensement du nombre de fois que le président utilise le pronom personnel. Cela laisse les observateurs bienveillants de notre pays rêveurs, abasourdis parfois, agacés le plus souvent. Only in France…

Ça ne va pas si mal que ça ?
Ce qui compte avant tout pour nous, c’est le non-dit, ce que l’on voudrait dire, ce que l’on aurait voulu dire, ce qu’on aurait dû dire, ce que l’on ne veut pas dire, ce que l’on nous empêche de dire et ce qui ne se dit pas. Nous aimons y aller par quatre chemins. Dès que l’on allume la télévision en France, ces débats vibrionnants et très conceptuels ont encore lieu sur n’importe quel sujet, et malgré ce que les Français de France en disent – car ils se plaignent aussi en interne du déclin de leur langue – les gens s’expriment encore en bon français. D’aucuns déploreront que le subjonctif n’est plus utilisé, que l’on ne fait plus l’accord du participe passé, certes, il faut bien l’admettre, la langue change. L’anglais s’immisce dans notre langue et ce n’est pas si mal que cela. Ainsi, sont arrivés les mots et expressions suivantes : “être sous contrôle”, le verbe “supporter” au sens de soutenir, le mot “évidence” qui devient une preuve, l’adjectif “versatile” qui était négatif et qui a adopté le sens positif américain de multitâche, “délivrer” a aussi repris son sens d’origine lointaine de “livraison”, comme dans son usage américain. Enfin, “définitivement” s’emploie comme dans le sens de la certitude américaine.

Dans un pays où les conversations tournent encore beaucoup autour de la gastronomie, il y a pléthore d’émissions culinaires, tout le monde semble vouloir devenir un cordon-bleu. Les émissions de variété nous font revivre la vraie chanson française : un beau texte, la capacité à créer sur une mélodie un petit miracle en trois minutes, pour nous raconter une histoire qui nous parle et créer un monde en soi. Ce répertoire français est bien ancré en nous. Nous fredonnons tous à voix basse les mêmes refrains. La chanson française ne s’est jamais aussi bien portée. Elle est même en train de renaître car une nouvelle génération d’interprètes en quête de textes à sens, s’approprie ce fabuleux répertoire. Maurice Chevalier est à la mode ; à 90 ans, Charles Aznavour n’a jamais été aussi jeune ; Bécaud, Barbara et Nougaro sont toujours au goût du jour ; quant à Charles Trenet, il reste éternellement renouvelé. Douce France, cher pays de mon enfance…

Vu de loin
Les deux millions de Français de l’Etranger sont une mine d’idées, d’énergie, de ressources pour pouvoir apporter du sang neuf dans notre vieux pays, un peu cadenassé de l’intérieur par des institutions à la naphtaline, héritées souvent d’une autre époque, et des mentalités qui ne demandent qu’à être dépoussiérées. Comme si le costume était devenu trop petit pour eux. Car il faut bien le dire, les Français qui sont partis et qui sont restés à l’étranger l’ont fait parce qu’ils ne trouvaient pas leur place en France. Espace entrepreneurial trop étriqué pour beaucoup, échec scolaire pour certains, sentiment d’être au bout du rouleau, ou simple envie de prendre le large et de voir ailleurs pour d’autres, Ce n’est pas nouveau, l’hémorragie dure depuis des décennies.

Trop rigide, notre code du travail n’est, il est vrai, plus adapté à la réalité économique, notre fiscalité est asphyxiante, bref, tout cela vous et moi le savons, les Français le savent, on le leur dit tous les jours, ils le lisent dans les journaux, l’entendent dans les débats. De surcroît, les expatriés ne manquent pas de le leur rappeler, ce qui ravive les tensions entre ceux qui restent et ceux qui sont partis pour de bon au lieu de rester et de se plaindre. Quant à l’idée folle de vouloir créer une entreprise en France, c’est presque un oxymore. Il ne sait pas dans quoi il se lance, celui-là ! Il est fou, ou quoi ? Ça frôle l’inconscience…

richelieu

Photo par Nathalie Monsaint-Baudry.

Vous savez que la France est un pays où l’on vient pour passer ses vacances, voire prendre sa retraite, mais surtout pas le lieu de prédilection pour travailler et encore moins pour venir gagner de l’argent. Tous ces poncifs alimentent nos conversations de Français du bout du monde. Ce thème est intarissable. Hélas…

Mon intention n’est bien évidemment en aucun cas pas de vous parler de marasme économique, de taux de croissance atone ou des maux sociétaux dont nous souffrons, nous Français. Sur cela, vous savez déjà tout. Ne nous accablons pas, de grâce !

Le déclinisme contribue à miner davantage le moral de ceux qui oseraient encore y croire un tout petit peu et qui passent – au mieux – pour des idéalistes, des doux rêveurs, des personnes dans le déni et – au pire – pour des simples d’esprit. En France, comme vous le savez, pour paraître intelligent, il faut être pessimiste, sourcilleux, être un oiseau de mauvaise augure, un rabat-joie. Et puisque vous êtes constamment jugé sur votre intellect d’abord, cela justifie la quantité massive de pessimistes en France. Cela n’est pas nouveau, Voltaire contre Leibniz déjà…

La bonne distance
J’ai, pour ma part, pris mes distances avec ces litanies stériles dont je me suis lassée pendant près de trente ans. Elles ne font que renforcer les tensions et le clivage entre nos concitoyens qui voient la France depuis l’extérieur, qui ont une claire vision de ce qu’il faudrait vraiment changer à l’intérieur, et ceux qui sont restés “au bercail”, et qui n’ont absolument pas le recul nécessaire pour voir, sur une échelle mondiale, ce qu’il faudrait changer en France et ce à quoi il ne faudrait surtout pas toucher.

Finalement, les deux “camps” ont en commun de se plaindre, et si l’on fonctionne au degré de plainte collective, on n’ira pas bien loin en tant que pays. On finit par tourner en rond. Et si nous décidions de passer de la plainte à la jouissance d’être Français ? C’est une autre dynamique, nettement plus prometteuse celle-ci. Entrevoir la possibilité d’exulter parce que nous sommes Français serait alors une véritable aubaine pour une renaissance culturelle. Cela serait un vrai projet français.

Au fond, ce qui compterait avant tout serait de dépoussiérer tout ce qui est inutile, tout ce qui parasite notre énergie collective, pour ne nous concentrer que sur ce que nous partageons, ce qui marche, ce que nous pouvons mettre en commun comme patrimoine national immatériel. Tout ce qui fait que nous nous sentons français par la culture, par la langue, par nos préoccupations, notre sens du temps, de l’esthétique, notre art de vivre et que nous défendons avec autant de ferveur – que nous soyons loin de France ou au cœur de notre pays. Ce qui nous tient le plus à cœur, au-delà de nos clivages politiques, de nos parcours, de nos identités régionales, de nos exceptions, reste probablement notre unique carte à jouer si nous voulons exulter en tant que Français.

Devenir prophète dans son pays
“La plupart des voyageurs français ont été des hommes isolés, abandonnés à leurs propres forces ; il est rare que le gouvernement ou des compagnies les aient employés ou secourus. Des Anglais, des Américains, des Allemands, des Espagnols, des Portugais ont accompli, à l’aide du concours des volontés nationales, ce que chez nous des individus délaissés ont commencé en vain… sur la vastitude de l’Amérique des conquêtes que j’avais rêvées pour agrandir ma terre natale. En cas de succès, j’aurais eu l’honneur d’imposer des noms français à des régions inconnues, de doter mon pays d’une colonie sur l’océan Pacifique… »
Chateaubriand, Mémoires d’Outre -Tombe.

Je rêve qu’un jour, ceux des deux millions de Français-du-bout-du-monde-qui-aiment-leur-pays-et-veulent-contribuer soient enfin entendus pour de bon et jouent un rôle actif en participant au changement de la France. Car ils sont certainement les plus follement amoureux de notre pays, l’éloignement ayant attisé la nostalgie. La chanson de Michel Polnareff, Lettre à France, est un bel exemple de déclaration d’amour faite à notre pays. Je pense ne pas me tromper quand j’écris que chaque Français loin de son pays est capable d’émotion à l’évocation de goût, de musique, de paysages de campagne française, d’odeurs de terroir, de conversations feutrées et retenues, d’église ou de château en ruine, de route ourlée de peupliers, de terrasses de café et de place de village au parfum de tilleul, de sentiers en terre battue qui ne mènent nulle part, tous ces petits détails qui jalonnent notre terre de France.

Que leurs critiques constructives de notre pays crée une dynamique collaborative bienveillante. Il va de soi que c’est du côté des expatriés, du côté de ceux qui sont partis de leur propre initiative pour créer ailleurs, que les idées neuves viendront. Il serait grand temps de les écouter. Chateaubriand déjà…

Je rêve qu’un jour, ceux des 80-millions-de-Français-qui-n’ont-pas-quitté-le territoire-national, éveillent leur curiosité, sortent de leur résistance, décident d’écouter leurs concitoyens d’ailleurs, ne prennent pas comme une critique systématique tout conseil émanant de l’étranger, acceptent l’idée que certaines choses peuvent changer et que cela n’empêchera pas la France de continuer d’exister, et que bien au contraire, cela lui permettra de s’inscrire dans la durée dans une période où elle doute beaucoup d’elle. Et pourtant, n’avons-nous pas tout pour réussir ?

Et s’il s’agissait d’un grand malentendu sur un fonds commun de blessure profonde ? Les Français sont des gens sensibles, fiers, et orgueilleux, porteurs d’une histoire complexe et d’une culture implicite et trop compliquée pour être expliquée. N’est-il pas fondamental d’être en symbiose avec nos sentiments ambivalents pour ausculter pourquoi “ça va mal chez nous” ? Ne pourrions-nous pas nous entendre pour établir un diagnostic et mettre tout en œuvre pour que cela aille mieux ? Sortons de ce clivage qui nous paralyse ! Penchons-nous collectivement sur notre sort commun pour trouver ensemble des solutions puisque notre pays de cocagne caracolle en tête des pays les plus pessimistes de la planète, que nous avalons toujours des anti-dépresseurs et des anxiolytiques et que pourtant nous faisons toujours beaucoup d’enfants… C’est aussi cela le paradoxe français, d’où l’agacement, le grincement, la frustration et la colère. Douce France, cher pays de mon enfance

Faites-vous un peu d’illusions…
Les temps changent. Mais l’ambivalence des sentiments reste pesante : vous serez toujours enviés par ceux qui sont restés au pays qui vous jalouseront, pensant que vous êtes un nanti, exempt d’impôts, forcément devenu riche, vivant sous les cocotiers et devenu ignare parce que vous avez oublié d’être Français et que vous faites des fautes impardonnables. Voilà en gros, je dis tout haut ce que l’on pensera de vous tout bas. En effet, les expatriés se verront reprocher d’avoir fui et presque trahi la mère-patrie en la désertant. On prendra souvent le soin de leur faire payer à chaque retour, leur ignorance sur l’actualité française. Comment, vous ne connaissez pas Untel ? Vous osez encore porter ça ? Faute de goût majeure… Cet art tellement français de ridiculiser avec ce sens inné de la pique assaisonné de mépris pour ostraciser celui qui vient d’ailleurs et qui constitue une menace à l’ordre établi est toujours de mise.

Bref, vous serez soumis à un bizutage si vous décidez de rentrer “pour de bon”. Il faudra tout ré-apprendre, on perd très vite le code du comment vivre “français”. Néanmoins, les choses s’arrangent avec le temps. Votre hantise de devenir “comme eux” vous maintiendra toujours sur le qui-vive pendant quelques années. C’est normal. Ça se soigne ? Oui… Heureusement que votre partie américaine, pour ceux qui sont devenus américains, vous préservera de tout “cela” pendant un certain temps encore vous direz-vous en votre for intérieur. Vous oscillerez entre Great Expectations et les Illusions Perdues.

Alors comment être utile au pays si l’on est jalousé, ostracisé, considéré comme nanti ayant échappé aux inondations, aux grèves, aux manifestations, et aux mois de discussion sur le découpage territorial et la menace de supprimer nos départements ? Bien entendu, vu de Dallas, ou de Shanghaï, nos petits soucis régionaux bien français qui font la Une chez nous, semblent vraiment dérisoires. Et puis ce monopole de la pensée arrogante que s’arroge toujours et encore Paris sur le reste du pays est vraiment insupportable. Plus personne n’est dupe.

Comment se sentir utile quand on est soi-même en proie à l’ambivalence entre des sentiments de rage, d’amerture, de rejet, de saine colère vis à vis d’un pays qui n’a pas “voulu de vous”, et un désir de contribuer ? C’est par les tripes que la France nous tient tous. Les Français sont attachés à leur pays car nous sommes fondamentalement une culture du lien.

peupliers

Photo par Nathalie Monsaint-Baudry.

L’air du temps
Et pourtant, si je vous disais que les choses se mettent peu à peu en place pour que la France renaisse ? Si je vous disais que le génie français est bien présent, vivace, intact ? A l’heure du développement durable, du ras-le-bol du gâchis, de la volonté de partage, de produire et de consommer local, du désir de redonner du sens à sa vie, de miser sur la qualité et non pas sur la quantité, de la citoyenneté 2.0, on dirait que les choses changent quand même en France et que le désir d’être heureux d’être Français devient enfin envisageable. La France est-elle en train de retrouver une énergie digne d’elle ? La belle rebelle n’a jamais été en aussi bonne santé que dans les périodes sombres de son histoire. Chut ! Ce n’est pas moi qui vous le dis… sous peine de passer pour une douce rêveuse.

 


About the Author

French born and naturalized American, Nathalie Monsaint-Baudry lived in Italy and in the US - mostly in California - for about twenty years, studying linguistics in Italy, France and the US, art history, film studies and comparative literature. She earned a CAPES in 1990 from the French Ministry of Education. She majored in American Civilization Studies with a Master's degree from the University of Nantes, France. While in Los Angeles, she worked in pre-production and post-production for independent movie directors, films d'auteurs, translating for example, Elia Kazan's Beyond the Eagean with author and filmmaker, Michael Henry Wilson. Upon returning to France, she worked as a cross-cultural facilitator, professor & consultant. She is an essayist and contributor for various French and US magazines. Her articles, work and lectures are attempts to comprehend what happens when two very different cultures, languages, philosophical and aesthetic perspectives are at play within the same person. When the “can do” attitude collides with the Cartesian doubt, when“doing” and “being” are constantly negotiating and debating with one another. When “positive feedback” gets under the scrutiny of the French pique and critique. When simplifying is up against complexifying. She is married, two grown-up children (bi-cultural and multi-lingual), she managed a château in the Loire Valley for 8 years. She just finished restoring a XVth-XVIIth château near Nantes (Western France, by the Loire river), and is currently developing cultural projects combining her love for cooking, painting, music and her French life-style savoir-faire and savoir-vivre along with designing cultural retreats or expeditions to Italy. www.monsaintbaudry.fr http://pinterest.com/highcontext/conscience-esthétique/pins/ www.facebook.com/nathalie.monsaintbaudry



17 Responses to La possibilité d’une Renaissance Française ?

  1. Jan Siebert says:

    Nathalie, you never cease to amaze me with your writings! You are indeed gifted. The content is more than I ever knew about the economy in France. It might be a good place for me to retire to one day. Although, I speak no French, however, I understand one can manage without speaking the language.
    You are a blessing, indeed. I love reading your articles, and I thank you for posting them.

  2. Nogues Michelle says:

    Merci Nathalie.
    J’ai dévoré ton article. Quelle belle note optimiste pour commencer 2015.
    Je recommande à tout le monde de le lire français de l’intérieur ou de l’extérieur.

  3. carole says:

    You covered the whole magilla! I love your conclusion, “It’s in the air.” I believe this to be so. Also “what is not said…” As a blunt New Yorker, I could never get the hang of that nuanced bit of French-ism.

    xo

    • Thank you dear Carole, you are possibly the most enlightened American person I know to savor our contradictions and comprehend our complex culture… having shared 30 years of your life with a master of the nuance and practiced the art of “living in France” at home in California with Michael. En très amicale proximité. Nathalie

  4. Berthemet says:

    Quelle déclaration d’amour ! Toujours aussi Love des innombrables french contradictions !
    Bises à Pascal et toi, et à bientôt j’espère…
    Nicolas

  5. Lionel Burton says:

    Joli French Bashing sous couvert d’une poésie d’amour pour le pays.
    C’est une suite de portes ouvertes enfoncées sur ce qu’on entend quotidiennement, en effet, sur la France. Comme si cela été avéré. Comme si les autres pays (ne prenons que l’Europe pour faire ce qui nous ressemble le plus) ne se débattaient pas avec leurs propres problèmes, inerties, appauvrissements, échecs… mais aussi leurs réussites.
    Quelle méconnaissance de l’économie d’un pays qui reste dynamique, malgré les difficultés que connaissent les entreprises (à commencer par le financement, privé, de leur activité) !
    Là où je vous rejoins (parce que j’ai été expat’ aussi), c’est cette forme de suffisance. Extraordinaire que nous restions un pays tant aimé des étrangers, avec des habitants parfois si exécrables. En réalité bien souvent tourné sur leur nombril. Et ce qui engendre en effet un pays de pessimistes, de râleurs… mais aussi de gens qui sont des travailleurs reconnus et appréciés… à l’étranger !
    La France sans les Français serait-elle le paradis?
    En réalité elle ne serait pas la France. Car bien plus que beaucoup de nos voisin, il y a quelque chose qui nous attache viscéralement au Pays. Vous l’écrivez très bien.
    Le point n’est pas que la France soit figée. Elle ne l’est ni plus ni moins que de nombreux pays. Les USA ne sont-ils pas figés sur leur second amendement quand tout montre l’absurdité de cette prolifération des armes ? L’Allemagne est-elle un exemple de vertu quand explose la pauvreté ?
    La France bouge, évolue. Comment faire autrement ? Nous ne sommes pas un pays reclus.
    La question est le contenu de la réforme, pas la réforme elle-même.
    Il y a, comme partout (ou presque) des bons et des mauvais côtés.
    J’adhère en revanche à cette idée qu’il est fondamental d’être plus ouvert sur l’étranger. Savoir se ressourcer des expériences faites ailleurs. Savoir écouter, regarder… ailleurs.

    Mais évitez donc de vous placer en donneuse de leçon car vous portez un regard qui serait extérieur. Car n’y-a-t-il rien de plus dangereux, finalement, que d’arriver en disant qu’une expérience d’expat’, dans un pays donné, vaut pour toute expérience ? Le monde est vaste, divers et varié. Il faut s’ouvrir au Monde.

    • Merci d’avoir pris le temps de me lire et d’écrire un commentaire aussi long. Vous aurez pris soin de rectifier – avec grande élégance – les portes ouvertes de mon modeste billet qui se veut bienveillant. Comme je le précise, je n’ai pas l’intention ni l’arrogance de donner des leçons économiques. Sachez que j’ai fait le choix du retour en France depuis 15 ans, je suis donc bien ” d’ici “. Si vous y avez lu une autre intention que celle que j’ai voulu “y mettre”, elle vous appartient entièrement. Heureuse néanmoins que vous me rejoigniez sur certains menus points…
      Belle énergie à vous quand même pour 2015 !
      Gracieusement vôtre
      Nathalie MB

  6. sontel says:

    nous aimons tous cette France…dont la désintégration a débuté il y a environ 30 ans et dont il ne reste que quelques bribes par ci par là. Le problème, je vais essayer de rester politiquement correct, c’est que la démographie de notre pays a profondément changée, avec tout ce que cela entraîne. Par conséquent, il ne reste plus que quelques villages gaulois retranchés qui nous rappellent ce qu’était jadis la France, mais il est inutile d’espérer plus, il faut tourner la page sur ce que nous avons été, le retour arrière n’est plus possible.

  7. Berthemet says:

    Le gars Lionel doit lire trop vite et répondre avec une telle contradiction que je suppose qu’il est français !

  8. Ghislain says:

    Chère Madame,
    il y avait longtemps que je n’avais lu texte si rafraichissant. Bi culturel (mon cas à moi, I me and myself) fait qu’à un moment de sa vie, on en vient à se demander où sont nos racines et ce n’est pas toujours facile, car comme l’expatriation, il faut aussi avoir le courage de “s’expatrier” intellectuellement dans son for intérieur et se reconnaître de plusieurs cultures vraiment fondatrices. De facto, cela peut amener à se considérer intérieurement comme français avec un plus, et vu extérieurement, comme français avec un moins. Une bonne dose de réflexion est requise pour éviter la schizophrénie.
    Citoyen du monde ? La belle expression que voilà, mais que recouvre t elle?
    Européen plus que national? Oui, plus sûrement. Le monde ne s’est pas encore inventé une culture, l’Europe est en train de le faire, et l’est déjà finalement, depuis longtemps. Il manque souvent juste de réaliser “l’expat” intellectuelle pour le reconnaître.
    J’en viens à conclure que l’Europe sera plus sûrement le modèle du monde du futur plutôt que les EU. Le ‘melting pot’ n’est qu’un crumble, une tarte ratée.

    Bien à vous.
    Gh.

  9. Sofiane says:

    Très bon article.

    je suis fils d’immigrés, donc première génération à être née en France.

    J’ai voyagé, et vécu à l’étranger.

    Je remercie chaque jour mes parents d’avoir sacrifié beaucoup de choses pour que nous, leurs enfants, puissions être Français.

    C’est plus qu’une chance, c’est un luxe. Merci la France pour ton éducation, tes aides, compte sur nous pour faire que tu sois fier de nous 🙂

  10. Patrice says:

    Magnifique ecriture et superbe Lettre sur les Francais vu de l’etranger, si vous passez a Charleston SC et que vous aimer les Crepes, you are welcome…

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