Film & Musique

Published on décembre 19th, 2017 | by Tyson Thompson

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What Happened To Monday? (aka Seven Sisters)

Nous avons ici une histoire de science-fiction enracinée dans le réel. La notion d’une existence enrégimentée sous le joug d’un régime totalitaire, qui domine progressivement une société divisée, ne semble pas si improbable.

Au cœur de l’action, dans un rôle étonnant, l’actrice suédoise Noomi Rapace (Girl With The Dragon Tattoo) mérite les plus hautes louanges pour l’aisance avec laquelle elle joue sept différentes versions d’elle-même. Elle doit absolument garder ces identités cachées du tyran impitoyable joué par Glenn Close, décidée à appliquer sa vision du contrôle de population.

La froideur et le complet abandon que l’on voit dans les yeux de Close font vraiment peur. Une action immédiate est prise contre ceux qui ne se soumettent à ses décisions qui ont pour but de créer une authentique et terrifiante dualité. « Monday » se révèle finalement un récit de survie et n’essaie jamais d’être énigmatique dans son concept, gardant ses distances avec les redondances virtuelles que l’on voit si souvent dans ce genre de film.

La tension monte au fur et à mesure de notre découverte de cette société aussi irréelle que menaçante, où le gouvernement veut imposer dans l’urgence son contrôle par tous les moyens possibles. L’ambiance du film s’impose en nous quand nous suivons le quotidien des protagonistes, et nous entendons aussi directement ce qui se passe dans leur tête par leurs conversations intérieures.

Le metteur en scène finlandais Tony Wirkola et le cinéaste Jose David Montero dépeignent cette société au bord de l’insurrection comme une foule d’artistes en rébellion ; ils utilisent des procédés traditionnels pour créer un film qui a une sensibilité nouvelle. L’histoire s’inspire de loin de la politique antinataliste de la Chine à la fin des années 70, qui, dans l’espoir de protéger son environnement et sa diplomatie, avait interdit aux familles d’avoir plus d’un enfant.

Acteur expérimenté, Willem Dafoe incarne efficacement un père de famille qui essaie de protéger ses filles de l’extermination. Sa performance est riche mais minimaliste. Son personnage, pudique et perspicace, apporte une humanité bien nécessaire dans ce menaçant monde futuriste pour quiconque ne travaille pas directement avec le gouvernement.

Dans son dernier tiers, le film semble un peu s’essouffler sous le poids de ses grandes intentions et budget. Il devient clair aussi à ce stade que Rapace mène le jeu et elle ne faiblit jamais. « Si nous obtenons cette promotion, ce sera grâce à Friday. Elle nous fait tous passer pour des génies. » dit un des personnages dans une des scènes d’ouverture.

Quelques scènes d’action solides et mémorables nous maintiennent suffisamment intéressés jusqu’au dénouement plutôt tiède. Avec une durée de plus de deux heures, le script de Max Botkins est poussé à ses limites et nous commençons à sentir la pesanteur d’un drame dont la conclusion se fait attendre. Toutefois, on peut créditer cette aventure inhabituelle de s’en tirer plutôt bien sans le soutien d’effets spéciaux omniprésents et exagérés. Ce film s’en tient finalement à ses principes, ce qui est respectable, même s’il ne se conclut pas avec le panache glorieux que l’on espérait. Il sort en France sous le titre « les Sept Sœurs ».

 

Cet article a été traduit en français par Anne-Cécile Baer Porter.


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