Film & Musique

Published on septembre 16th, 2020 | by Alioune Badara Mbengue

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Youssou N’Dour, un chanteur et compositeur sénégalais innovant

Aujourd’hui, des artistes viennent en France de partout dans le monde francophone pour enregistrer leurs chansons. Dans la musique francophone d’Afrique, on trouve Youssou N’Dour qui est un musicien sénégalais qui a enregistré avec Peter Gabriel, Paul Simon, Manu Dibango, Alan Stivell et Neneh Cherry entre autres. L’une de ses réalisations les plus remarquables a été de collaborer avec Axelle Red sur l’hymne officiel de la Coupe du monde de football 1998. N’Dour forme son propre ensemble, le Super Étoile de Dakar, dans les années 1980.

Youssou N’dour. Crédit Photo : Theculturetrip.com

Youssou N’dour, une voix qui porte l’Afrique  

Youssou N’dour est un chanteur africain à la renommée internationale. Il commence adolescent à chanter dans les fêtes de famille en quittant l’école sans aller au lycée. Il commence sa carrière à l’âge de dix-neuf ans avec le groupe Étoile de Dakar.  

Youssou N’Dour acquiert une notoriété au Sénégal et décide en 1978, de fonder son propre orchestre le Super Etoile de Dakar. Il a travaillé avec des artistes de renommée internationale comme Peter Gabriel, Paul Simon, Manu Dibango, Alan Stivell. En 1985, il fera la rencontre des artistes français Michel Berger, Daniel Balavoine, et Jean-Jacques Goldman, mais cette rencontre n’aboutira à aucun projet avec eux en particulier, sinon de découvrir des projets humanitaires comme Action écoles pour aider les enfants africains, ou celui d’apporter des pompes à eau pour les agriculteurs Africains démunis.

Un succès planétaire… 

L’une des chansons les plus célèbres de Youssou N’Dour est 7 Seconds en duo avec la chanteuse Neneh Cherry. Le clip, tourné à New York, a été réalisé par Stéphane Sednaoui. En 1998, il compose l’hymne pour la phase finale de la Coupe du monde de football de 1998, La Cour des grands, qu’il chante avec Axelle Red. En 2008, il travaille aussi avec l’artiste congolais Koffi Olomidé dans l’album Bord Ezanga Kombo ; il interprète la chanson Festival avec Koffi Olomidé et Cindy Le Cœur. Il est le compositeur de la musique du film d’animation Kirikou et la Sorcière réalisé par Michel Ocelot (1997).

Il joue également dans le film Amazing Grace (2006) à travers le personnage d’Olaudah Equiano et joue son propre rôle dans le documentaire Retour à Gorée (2007) évoquant l’histoire de la traite négrière et son héritage musical à travers le jazz et le gospel.

Il a également chanté en duo, avec la diva libanaise Majida El Roumi, la chanson Biladi Ana, sortie dans l’album Ghazal (2012) de cette dernière. En 2013, il décroche le Polar Music Prize, en Suède. 

Youssou N’dour. Crédit Photo : NYTimes

Youssou N’dour, le roi du Mbalax 

Youssou N’Dour a eu une influence importante dans la création du mbalax, un style pop africain résolument moderne qui s’inspire d’éléments rythmiques sénégalais traditionnels et de styles internationaux. Type de musique populaire dansant et rythmé, développé au Sénégal sous l’influence du zouk, du soukous, du funk et du jazz. 

Mais Youssou n’avait pourtant rien inventé dans les années 1970. Il a popularisé  un rythme composé de percussions telles que le Mbeung-Mbeung, le Khiin, le Talmbatt, le Thiool, le Sabar et autres (tous des instruments de musique traditionnels). La musique américaine, qu’elle soit jazz, soul, pop, Rythm and Blues ou salsa, a beaucoup influencé le mbalax jusqu’à la fin des années 70. Mais ce dernier a connu ensuite un « retour aux sources, » avec des musiques comme la salsa-mbalax (de la musique cubaine accommodée de percussions sénégalaises) et le groupe acoustique « Wato Sita, » qui signifie « Il est temps » en Mandingue, qui est venu apporter une touche beaucoup plus originale en incluant dans sa musique les différents instruments que l’on retrouve dans la musique traditionnelle du Sénégal.

Un clin d’œil au septième art 

Héritier d’une famille de griots, devenu star mondiale, Youssou N’Dour inspire les documentaristes. Après Retour à Gorée de Pierre-Yves BBorgeau ; Road-movie à travers les Etats-Unis dans lequel le chanteur-prêcheur recrutait des musiciens noirs américains pour monter avec eux un concert en Afrique ; le métrage Youssou N’Dour: I Bring what I Love est centré sur un autre de ses nombreux projets politico-musicaux : l’album Egypt, dont l’idée fut élaborée peu avant les attentats du 11 septembre et retardée par ceux-ci mêmes : entièrement dédié à la promotion d’une vision tolérante de l’islam, le disque tombait pour ainsi dire mal.

Le film d’Elizabeth Chai Vasarhelyi, jeune cinéaste qui a grandi entre le Brésil et les Etats-Unis et dont c’est le premier long métrage, est le résultat de deux années passées aux côtés du musicien sénégalais.

Centré sur le lancement de cet album (Egypt), sur la réception, enthousiaste, qu’il a connue aux Etats-Unis, et la crispation qu’il a suscitée au contraire en Afrique, il se présente comme un portrait, un peu trop hagiographique et superficiel pour être captivant, de son auteur.

On voit Youssou N’Dour en famille, aux côtés de sa mère, ou de sa grand-mère, célèbre « griot » qui chanta en son temps pour le roi. On le voit en tournée, backstage, mais aussi dans de longues séquences sur scène avec lesquelles l’auteur rend hommage à la voix de son sujet, et à son extraordinaire présence scénique.

En recourant à des images d’archives, elle revient par ailleurs sur la jeunesse du chanteur, et sur les grands moments de sa carrière internationale (le duo In your Eyes avec Peter Gabriel, le multiple disque d’or, 7 Seconds avec Neneh Cherry, les tournées humanitaires avec Bono…).

7 Seconds avec Neneh Cherry. Crédit Photo : Amazon

Ainsi se dessine la success story d’un musicien habité par une double mission : perpétuer l’héritage familial et le transformer, pour s’ériger en porte-parole de l’Afrique entière.

Focus sur l’album Egypt, un chef-d’œuvre 

L’album a été largement enregistré en 1999 à Dakar au Sénégal, et devait initialement sortir dès 2001, mais a été retardé jusqu’en 2004 pour éviter toute association avec les attentats du 11 septembre. Des overdubs supplémentaires de oud et d’orchestre traditionnel ont été faits au Caire, en Egypte, où le quatuor de N’Dour a été rejoint par l’Orchestre Fathy Salama pour la plupart des chansons. 

Sur cet album, Youssou N’Dour combine à la fois des influences musicales ouest-africaines et nord-africaines. Le disque utilise des instruments des deux régions, comme la kora ouest-africaine et le oud arabe.

Les paroles font l’éloge du soufisme mouride, un ordre islamiste sénégalais auquel appartient N’Dour. 

Les chansons sont chantées en wolof, la dernière chanson incorporant plus de mots d’emprunt français que le reste de l’album, et sont principalement dédiées aux marabouts des confréries musulmanes du Sénégal, comme Amadou Bamba, le fondateur de la confrérie mouride.  

L’album est nommé en hommage au chanteur égyptien Umm Kulthum, qui a fortement influencé Youssou N’Dour dans son enfance.  

Thom Jurek d’AllMusic l’a qualifié d’album “surprenant,” disant que :

Contrairement à ses enregistrements précédents, le caractère organique et sacré de cette musique semble se situer en dehors du temps et de l’espace; il gémit et gazouille, chantonne et gémit. C’est la musique de la joie et de la révérence et, comme elle relie les différents aspects des traditions culturelles islamiques, on espère qu’elle pourra créer, par la beauté du son et la traduction de ses paroles, un portrait d’un monde bien différent de celui dépeint par les constructions médiatiques occidentales.

Albums internationaux :

1989 : The Lion
1990 : Set
1992 : Eyes Open
1993 : Seven Seconds
1994 : Wommat
2000 : Joko
2002 : Nothing’s In Vain
2004 : Egypte
2006 : Badou
2007 : Rokku Mi Rokka
2010 : Dakar-Kingston
2010 : I Bring What I Love
2013 : Senegal Super Star 
2016 : Africa Rekk
2019 : History

Sources :

Documents personnels
Wikipedia
Le Monde

Cet article a été traduit en anglais par John Wilmot.


About the Author

est né à Diourbel au Sénégal. Il a fait tout son cursus scolaire dans son pays natal. Après l'obtention de sa Licence en 2005, il a eu à faire une formation de deux années à l'Ecole Supérieure Polytechnique (ESP) de Dakar où il a décroché son DUT en Finance-Comptabilité en 2007. Passionné de l'écriture et de la littérature, il a publié son premier roman "Les flots en sanglots" en Février 2016.



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