Voyage & Sport

Published on février 19th, 2021 | by Isabelle Karamooz, Founder of FQM

0

Interview exclusive : Exotics Racing réalise le rêve de passionnés de courses automobiles à Las Vegas

Arrivé au Las Vegas Motor Speedway, French Quarter Magazine a eu le plaisir de s’entretenir avec Frédéric Johais, un pilote automobile français et vice président d’Exotics Racing. Frédéric a eu la gentillesse de nous faire visiter les établissements et de répondre à nos questions.

Johais travaille dans l’école de course basée à Las Vegas depuis 2013. Il a couru en karting de 1991 à 1999, atteignant le plus haut niveau de classe mondiale au championnat du monde de karting en 1999, alors qu’il courait aux côtés de Fernando Alonso, Kimi Räikkönen et Heikki Kovalainen. En 2000, Johais a fait ses débuts dans la course automobile à travers la Citroen Saxo Cup.

En 2001, en Saxo Cup, il a terminé 3e au général après avoir remporté 1 course, décroché le titre dans la catégorie Junior. En Formule Renault, il a obtenu son meilleur résultat à Estoril pour les finales internationales Renault.
En 2002, grâce à Bernard Simmenauer, il accède au Championnat de France FFSA GT avec la Porsche 996 GT3 RS au sein du Mc Donald’s Racing Team aux côtés de Jean Louis Miloe.
En 2003, il a couru sur une Porsche 996 GT3 Cup aux côtés de Thierry Rabineau pour Nourry Compétition du Championnat de France GT3, terminant 4e au général avec 4 podiums et 2 pole positions. Il revient à la course automobile en 2012 via la NASCAR Whelen Euro Series et a remporté la course d’ouverture à Tours Speedway.

Après avoir terminé sa carrière de pilote en France, il déménage aux États-Unis et a couru en Super Late Model, en terminant 5ème à Las Vegas en 2013, dans le nouveau championnat EXR Series en terminant 2ème en COTA en 2016.

En 2015, il était à deux doigts de remporter les SKUSA Supernats à Las Vegas, en partant du premier rang de la finale, mais il a été poussé dans les barrières au départ. Il participe à la GT4 European Series Southern Cup 2017 sur une BMW M4 pour le BMW Team France aux côtés de Julien Piguet, remportant consécutivement des victoires à Magny-Cours.

C’est formidable de savoir que vous avez la possibilité de conduire des voitures essentiellement identiques à celles qui ont participé à des championnats de course et qu’Exotics Racing puisse réaliser le rêve de nombreux passionnés.

Un article traduit en anglais par John Wilmot.

Photo d’en-tête : Nogaro 2017 BMW Team France. Crédit : Exotics Racing.

La fondatrice et rédactrice en chef de FQM, Isabelle Karamooz
et le vice président d’Exotics Racing, Frédéric Johais

Vous travaillez dans l’école de course automobile Exotics Racing depuis 2013, comment votre implication avec Exotics Racing a-t-elle commencée ?

Elle a commencée bien avant qu’Exotics Racing soit créée parce qu’en fait Romain, qui est un des Présidents, faisait de la course automobile avec moi en France dans les années 2000, puis il a monté son école de pilotage en France qui s’appelait Cascades Events dans laquelle je collaborais déjà en tant que manager pour les baptêmes de piste. Quand ils ont décidé de s’installer à Las Vegas en 2009, je suis venu pour aider à l’installation et ils ont fait appel à moi quatre ans après pour gérer toutes les opérations.

Exotics Racing a célébré son 10e anniversaire en 2019, quelle a été l’importance de cette année-là ?

C’était une année charnière forcément, 10 ans c’est marquant. C’était aussi le moment où nous avons eu des nouvelles opérations qui ont été mises en place avec la piste de karting qui a été ouverte juste avant ça. Nous avons aussi recentré les activités.  Après avoir quitté la Californie, donc nous nous sommes vraiment recentrés sur Las Vegas qui est mieux adapté aux besoins actuels du marché. Entre l’ouverture en 2009 et 2019, le marché sur Las Vegas a bien changé aussi bien au niveau des activités qu’au niveau de notre activité sport automobile puisque maintenant nous avons davantage de compétiteurs et du coup nous avons dû nous adapter.

Parlez-nous de vos clients inscrits à votre « supercar driving experience. » À quoi puis-je m’attendre lorsque j’arrive sur la piste? Combien de temps dois-je prévoir pour toute l’expérience? Puis-je conduire plus d’une voiture ?

Ce qu’il faut savoir c’est que nous avons eu plus de deux cent mille clients depuis que nous avons ouvert en 2009. Nous étions ouvert 7 jours sur 7 mais maintenant nous ne sommes ouvert que cinq jours sur sept à cause de la Covid-19, nous espérons ré-ouvrir à nouveau bientôt sept jours sur sept.

En ce qui concernent nos clients, nous avons quelques-uns qui reviennent après être déjà venus une ou plusieurs fois, c’est de l’ordre de 5 à 10% je crois. Pour ce qui est de la majorité des clients, ce sont des touristes qui viennent une fois quand ils sont sur Las Vegas, beaucoup de Californiens. Ils font partie de nos clients qui reviennent régulièrement, puis sont suivis par les touristes provenant de tous les Etats-Unis. Nous avons aussi pas mal de Français forcément puisque nous sommes un peu connus en France. Il y a également des touristes brésiliens, mexicains, canadiens et australiens… Ce sont nos plus gros clients.

En ce qui concerne l’expérience en elle-même, elle dure généralement entre 1h30 et 2h. Nous avons différentes sessions dans la journée. Les gens se présentent au circuit, ils ont d’abord un petit briefing technique d’une vingtaine de minutes où nous leur expliquons comment conduire nos supercars en piste, ensuite ils ont deux tours de reconnaissance avec un  professionnel pour voir physiquement où sont les points de repère, freinage, trajectoires, etc… Une fois la théorie acquise, ils partent en voiture avec un instructeur à leur côté pour au minimum de 5 tours, ou bien customisé avec plus de tours ou plus de voitures. Certaines personnes qui peuvent passer parfois la journée et conduire jusqu’à 10-12 voitures. C’est assez rare cependant mais en parcours, nous avons régulièrement des clients qui viennent conduire 3-4 voitures.

Comment ça se passe actuellement avec la Covid-19, au niveau vestimentaire et est-ce qu’il y a plusieurs personnes dans les voitures ?

Quand nous avons rouvert à la mi-juin 2020, nous avons mis quelques procédures en place afin que cela n’impacte pas trop l’expérience des clients tout en les protégeant. Vous avez peut-être pu le voir à l’accueil, nous avons mis des vitres pour éviter le contact entre les personnes, le masque est obligatoire dans les lieux publics, nous avons également mis beaucoup de stations de gel hydro-alcoolique disponibles partout. Dans les voitures, nous désinfectons après chaque client : le volant, les pédales pour les changements de rapports de vitesse,  tout ce que les clients peuvent toucher pendant l’expérience. Nous le faisons également pour le karting. Nous essayons de minimiser l’impact du plaisir de l’expérience même si évidemment nous devons suivre le protocole de la Covid-19. Nous voulons que nos clients passent un bon moment.

Peuvent-ils s’inscrire en ligne ou doivent-ils venir sur place ?

Les deux sont possibles. Nous avons un site internet www.exoticsracing.com sur lequel chacun peut réserver et payer. Des offres promotionnelles sont aussi disponibles. Cela fonctionne bien, nous avons à peu près entre 30% à 35% de revenus tirés du site internet et nous acceptons aussi les réservations par téléphone. Notre service téléphonique est disponible tous les jours afin de réserver ou poser des questions un peu plus complexes. Evidemment, les clients peuvent également venir directement sans réservation à partir du moment où ils viennent entre 9 h 30 et 16 heures.

Maintenant, parlons un peu de vous, avez-vous toujours rêvé d’être un pilote automobile ou l’opportunité s’est-elle créée ?

J’ai toujours voulu depuis que j’étais petit. Enfin, j’ai commencé par le hockey sur glace, mon frère était professionnel en hockey sur glace et mon père était dans le monde du rallye un petit peu avant que je sois né. En fait, cela s’est fait par hasard puisque je voulais arrêter le hockey et mes parents voulaient me faire essayer un nouveau sport. Un jour, j’ai eu cette opportunité lors d’une initiation au karting. Mes parents m’y ont emmené et cela m’a plu. Donc je me suis inscrit à l’école de pilotage puis j’ai commencé à faire mes premières courses. Dès lors, j’ai continué depuis l’âge de 9 ans.

A combien de Grands Prix avez-vous participé ? Dans quelles équipes avez-vous piloté quand vous étiez en France ?

Je n’ai toujours pas arrêté en fait. Maintenant, je cours moins souvent, c’est vrai. Je n’ai pas forcément le temps,  ma dernière saison complète était en 2017 où je roulais pour le team BMW France. Là, nous avons gagné des courses, nous avons fini troisième aux championnats de France et d’Europe en GT4. En résumant pour essayer de faire court, j’ai fait du karting jusqu’en Championnat du Monde, j’ai gagné les 24 heures du Mans, le championnat d’Europe et ensuite je suis passé à la course automobile où là j’ai fait de la Saxo Cup en France pour Citroën, de la formule Renault c’est-à-dire de la monoplace comme des petites formules 3 et du GT sur des Porches pendant plusieurs saisons. Je suis ensuite retourné au kart, j’ai regagné les 24 heures du Mans au championnat d’Europe, j’ai fait de la NASCAR en France, j’ai fait de la NASCAR aux Etats-Unis et j’ai re-concouru le championnat à la maison Exotics Racing Series sur la côte ouest au Texas et en Californie…

2ème à Austin (Texas) devant Caitlyn Jenner – 2016. Crédit Photo : Exotics Racing.

Red Bull Road Show Singapour – 2011. Crédit Photo : Exotics Racing.

En effet, vous avez eu un parcours très éclectique, vous avez couru en karting et vous avez couru aux côtés de Fernando Alonso notamment, Kimi Räikkönen et et Heikki Kovalainen. Où et comment se sont faites ces rencontres ?

Sur les courses internationales, c’était en championnat d’Europe en l’occurrence, en championnat du monde, parce ce que nous étions de la même génération, du même âge, c’est un peu différent maintenant parce que l’on peut directement aller faire des championnats d’Europe et les championnats du Monde, mais nous à l’époque en karting, il fallait se qualifier. Cela commençait par un régional, où nous nous qualifions pour le national puis pour l’Europe et le Monde. Il y avait beaucoup d’étapes avec beaucoup de pilotes avec qui nous étions amenés à nous côtoyer en Italie, en Espagne, en Belgique et en Angleterre. C’est de cette façon que j’ai pu concourir contre eux. Forcément, nous avons eu des évolutions différentes une fois que nous avons intégré la course auto et des progressions plus ou moins rapides et jusqu’à la formule 1 dans leur cas.

Vous avez atteint le plus haut niveau de classe mondiale aux championnats du Monde en karting en 1999 ?

Oui, exactement. Aux championnats du Monde à Mariembourg toutes les saisons en formule A.

Avez-vous plus de plaisir à courir en monoplace ou en duo en endurance avec des coéquipiers ?

Je prends la première comparaison parce qu’en monoplace, ce genre de formule Renault, c’est pour moi vraiment le côté le plus pur du pilotage avec beaucoup d’appuis aérodynamiques par rapport à une berline comme les Porches etc… C’est sûr que le feeling est différent et beaucoup plus pur. Moi, j’ai toujours aimé les courses d’endurance. J’aime bien le travail en équipe pour justement avoir des bons résultats et trouver aussi le meilleur compromis pour tous les pilotes. Souvent quand nous devons partager, il faut trouver de bons compromis sur la position de conduite, sur les réglages de la voiture, et j’ai toujours trouvé ça hyper intéressant, que ce soit en kart ou en voiture.

Le monoplace où comme vous l’appelez, “la berline,” était-elle plus utilisée en France ou aux Etats-Unis ?

L’essentiel de ma carrière s’est déroulée de toute manière plus en France et en Europe. Aux Etats-Unis, je n’ai pas fait de monoplace du tout, c’était uniquement en berline ou en voiture mais toujours avec un toit donc pas de monoplace.

A un moment aussi vous avez couru sur une convertible enfin une décapotable ?

Oui, c’était en France, sur les barquettes formule France. Cela s’est passé en 2004, c’était très sympa aussi proche d’une monoplace en terme de comportement, très léger, beaucoup de vitesse en courbe, super sympa aussi.

Au cours de votre carrière de pilote avez-vous déjà été inspiré par un pilote ou quelqu’un d’autre ?

C’est une bonne question. Je n’ai jamais vraiment été un grand fan de pilotes en sport auto. Evidemment quand j’étais petit, c’était Alain Prost, Schumacher, mes références. En tant que Français, Prost était aussi la référence ! Je ne me suis jamais vraiment identifié parce que le fait que comme vous le disiez, j’ai couru avec des pilotes qui ont été champions du monde de F1 et donc comme j’avais leur niveau en kart, c’est vrai que du coup j’ai du mal à les idéaliser. Je me disait que c’était eux qu’il fallait battre…

 Vous êtes compétiteur.

Complètement,

C’est normal à ce niveau là. Que faites-vous entre votre travail et le pilotage ?

Je m’occupe de mes enfants, ça prend beaucoup de temps. Ils sont petits. Autrement, j’aime les voyages, et ici à Vegas, moi qui suis très fan de hockey sur glace donc je suis les Golden Knights à fond.

Alors, vous continuez à patiner ?

Je ne joue pas du tout, j’encourage plutôt. J’aimerais bien mais je manque de temps. Entre le travail qui est assez prenant puisque j’ai cinq départements à gérer avec le développement des activités. Il ne me reste que deux jours de libre, je les passe avec les enfants et je me repose, donc je ne suis plus vraiment le hockey mais j’aime bien ce sport.

Vous avez terminé votre carrière en France comme pilote, vous êtes installé à Las Vegas ?

Au départ, je pensais pouvoir entreprendre quelque chose avec NASCAR puisque qu’à l’époque je venais de la NASCAR mais il s’avérait que c’était un peu plus compliqué que prévu et aussi de venir faire de la course aux Etats-Unis et en parallèle j’avais beaucoup de travail à Las Vegas donc j’ai plutôt choisi l’option professionnelle parce que forcément je n’étais plus aussi jeune, je n’avais plus 20 ans. Il n’y avait pas forcément de débouché donc je me suis plus focalisé sur le professionnel que sur le sportif. Maintenant je fais quelques courses tous les ans mais ce n’est plus ma priorité.

Bonne chance et bonne continuation.

Oui, merci.

Magny-Cours GT4 2017 Course 1:

Magny-Cours GT4 2017 Course 2:

NASCAR Tours Speedway 2012 (20’32, 26’,29’27):

RoadShow Red Bull – Singapore 2011:

RoadShow Renault F1 Team – Dubai 2009:

Renault Sport Show 2008-2012:

Exotics Racing
6755 Speedway Blvd
Suite A103
Las Vegas, NV 89115
(702) 405-7223

www.exoticsracing.com


About the Author

est originaire de Versailles. Elle a toujours voulu découvrir le monde, ce qu'elle a fait à partir de 17 ans lorsqu'elle a eu la chance d'étudier à l'étranger à Rhonda, en Espagne. Elle a parcouru le monde de Hong Kong à Taiwan, de l'Irlande à l'Autriche, en passant par le Luxembourg, le Liechtenstein et Monaco, et a découvert l'ensemble des pays de l'Italie et du Maroc. Elle se sent réellement citoyenne du monde. Elle s'est enfin installée plusieurs années à Los Angeles où elle a travaillé au Consulat de France à Los Angeles. Passionnée par les arts et l'histoire, elle a obtenu une Licence en histoire de l'Université de Californie à Berkeley et a étudié un programme de maîtrise en éducation à l'Université de Californie du Sud. Elle a enseigné le français à UNLV et CSN au Nevada. Elle est la fondatrice et la rédactrice en chef du French Quarter Magazine, dans lequel elle écrit, interviewe des personnes dans des domaines très variés, propose des idées d'écriture aux écrivains et aux journalistes, prend des photos et écrit actuellement son premier livre traduit sur la vie de Coco Chanel qui est remplie d'aventures, d'intrigues, d'histoire et d'amour.



Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑